CHANCRES DE LA BOUCHE. — ÉTIOLOGIE
d ailleurs, séance tenante; car, pendanl que je rexaminai, il essaya à plusieurs reprises de in*introdiiire son peLit doigt dans la bouche. Nul doute, en conséquence, qu'il n'eût contracté de la sorte son chancre lingual au contact des plaques muqueuses que sa bonne portail à la bouche.
VI, — Enfin, un dernier mode de contagion buccale est propre à renfance. C'est celui qui dérive de Vallaitement
Quantité d'enfants sont infectés à la bouche par le sein de leur nourrice; c est là un fait de noloriélé cotnmutie.
Précisons seulement que ce fait s'observe en deux ordres de conditions que voici.
Tantôt cVst une nourrice qui, préalablement syphilitique a vaut d*abarder les fonctions de nourrice, contagionne un enfant à la bouehe par les accidents qui lui surviennent sur le sein au cours de la lactation.
Tantôt et plus souvent, c'est une nourrice saine qui reçoit, pour rallailer, un enfant syphilitique, contracte de lui un chancre mammaire, puis, soit par ce chancre, soit par des pla<ities muqueuses de même siège qui lui surviennent uHérieurement, infecte un autre nourrisson.
Exemple du genre. Une nourrice saine vient à Paris chercher un nourrisson. Elle reçoit la syphilis de cet enfant, qui meurt à trois ou quatre semaines. Alors, elle revient à Paris» saine <rapparencn, mais de fait en iriciiliation àe i->yp]n\h. On lut conlie un tout jeune enfant. Quinze jours plus lard, se produit sur son sein un « boulon » dont elle ne se mélie pas tout d'abord, qui même, examiné par un médecin, est considéré comme un - boulon sans imporlance ^s mais qui devient bientôt un chancre typique. De par ce chancre elle infecte : l" son propre enfant, et 2° son second nourrisson.
Autre exemple, que j'emprunterai k M. le D Dron (de Lyon). Une nourrice est infectée au sein par un enfant syphilitique. Pour se dégorger les seins exubérants de lait, elle donne à téter à irols enfants, et infecte ces trois enfants h la bouche. El de même pour tant d'autres cas que j'aurais à citer, car les contaminations de cet ordre sont légion.
VIL — Tels sont les modes à la fois niulliples et infiniment divers, vous le voyez, qui peuvent porter la contagion syphilitique sur la région buccale, modes sur lesf|uel3 je n*ai si longuement insisté qu'en raison de rintérêt propliylactique qui s'y ratlache.
Eh bien, cela dit, lout nVst pas dit cependant^ et il me reste, pour en Unir avec ce sujet, à ajouter une remarque à laquelle vous auriez bien droit, certes, de ne pas vous attendre* C'est qu*en dépit de la minutieuse analyse k laquelle nous venons de soumettre
CONTAMINATIONS EXTRA-GéNITALES»
r*^lîologie des chancres buccaux, en dt^pit de celle mulliplîcité el de celle variïMé de causes r|ue Ton a pu déjà dépister, le paurquoi et le eomment de tels chancres noui^ échappenl parfois d'une façon absolue, Ouï, il est encore assez commun de rencontrer en pratique des chancres buccaux (comme aussi des chancres de n importe quelle région, de» chancres de la face nolammenl) donl Foriginé sr dérobe complèlement à la perspicacité de robservateur. Je déclare (et tous les syphiligraphes vous en tlironl autanl) qu*il m'est arrivé maintes fois de constater des chancres de ta bouche ou de la face dont rétiologie est restée pour moi inexplicable, impénétrable, mt/siérieuse; et cela cependant après enquête aussi approfondie, aussi rigoureuse que possible; el cela sur <]es sujets iidelligenlSf sincères, qui ne cherchaient qu'à s'éclairer el à m'éclairer sur Tori^^'^ine possible de leur mal : et cela môme quelquefois dans les milieux les plus honnêtes, dans de vérilables asiles de vertu semblant h jamais fermés de va ni la vérole. De tels cas sont stupéliants, incompréhensibles, imlcfinissables, paradoxaux. Eh bien, si extraordinaires qu'ils soient^ ils n'en sonl pas moins authentiques, elje vous préilis qu'après nous et comme nous, messieurs, vous en rencontrerez de semblables dans voire praliquc.
Mats alors, qu'esbce à dire, et comment interpréter de tels faits? J'y ai bien souvent réfléchi, pour ma part» et je crois en déBnilîva que la meilleure, voire la seule explication à en donner consiste en ceci : que les faits en question échappent a toute analyse par cela môme qu'ils dérivent du hasard, du hasard qui déjoue toute analyse rationnelle, qui tléfie toute investigation scientifique.
Exemple : Que le hasard, je suppose, ait dépose une gouttelette de pus syphilitique sur la table où repose ma matu au moment oii je vous parle, et que ce même hasard fasse que le contage virulent entre en relation avec mes doigts ou avec tel objet que je vais loucher ; je serai ou je pourrai fitré conlagionnéde la sorte, d'une façon ou d'une autre. Eb bien, allez donc, dans un ou deux mois, reconstituer les divers épisodes de cette conlaglon, depuis le dépôt du conlage sur cette table jusqu'à son transport de celte table à mes doigts et de mes doigts à mes lèvres \ Allez donc retrouver, rassembler, rattacher les unes aux autres les diverses circonstances d'une contamination de cet ordre, alors que d*essence elles sont toutes fortuites, éventuelles, et qu'à ce titre elles échappent à toute prévision comme à toute analyse subséquente !
Jinsiste et, par un autre exemple non plus hYpothétique, mais pris surnaiure, j'essaierai de préciser mieux encore te fait en question.
Ces derniers jours il m'est arrivé d'élre mandé en eonsullation, dans un des grands hôtels de Paris, par un malade étranger qui désirait avoir mon avis sur une lésion rebelle de la verge. Celte