‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 42 sur 123 · CHANCRES DES NABINES; CHANCRES DE LA PITUITAIRE · texte numérisé non relu

CHANCRES DES NABINES; CHANCRES DE LA PITUITAIRE

Localisations tout h fait rares.

Vu premier point à signaler à leur propos est que rétiologie dy chancre de ces régions resle le plus souvent impénéi table el tout à fait tnysil (trieuse. Cela res&orL de la lecturt^ des observations. Gela résulte aussi de mon expérience personnelle. Et, en eiïel, c'est presque toujours en pure perle que je tne suis évertué en ÏV^pèce à clierrlier une cause plausible l\ la contagion. Pour la grande majorité des cas, donc^ on en reste à ignorer, même après longue et scrupuleuse enquête, d'où a pu procéder celte contagion. Exemple : Trois de mes clients de la ville, gens du nnondc, intelligents et 1res observateurs de toutes choses touchant à leur santé, n'ont cessé de m'affirnier qu'ils étaient les premiers à ne pas savoir « comment cela leur était venu au nez i> et que l'origine de leur mal restait pour eux u inconipréhensible ï>. Il est donc à croire que le chancre nasal résulte le plus sou venl de cel ordre de contagions de pur hasard dont je vous parlais à rÎEstanl et vis-à-vis desquelles toute recherche rationnelle perd ses droits,

En certains cas, cependant, le mécanisme de la conlagion a pu être découvert ou supposé tout au moins avec quelque vraisemblance. Ainsi, lenez pour avéré que cette contagion peut dériver de trois origines, à savoir : contneL direct; -- transport du contage par les doigts; — contamination m^édiate. Quelques détails,

I* — La contagion direcle résulte le plus souvent du baiser ou d'une caresse linguale ; — parfois aussi, chex l'homme, d'un contact génilo-facial.

Dans UH cas relaté par Spencer Watson, elle a dérivé d'une succion exercée par un nourrisson syphilitique sur le bout du nez d'une nourrice.

Dans un autre cas, elle a été le produit d'une morsure (1).

Un de nos confrères a la certitude, m'a-t-il affirmé, d'avoir contracté un chancre de la pi tu i taire pour avoir re^u d*un de ses clients une projeclion de salive dans les fosses nasales, au moment oii il lui cautérisait des plaques muqueuses de la gorge,

IL — D'autres fois la contagion a été porlée aux fosses nasales par les doigis chargés du contage spécifique. Exemples :

Vn homme marié se laisse entraîner un soir chez une lille publique. Là, pris subitemenl ^ de la peur d'attraper un mauvais mal *>, il

Vl) V. Gui^ard, CùniribuîiùnàVéiude deâ chancres $^phititiqut$ exlr&géntlitUT, Thèses de Pirii, n^'L

CHANCRES DU NK/* 237

ii*ose se livrer au coït, mais ne s'abstient pas Loiit^fois de quelques aUouchenicnts vulvairfts* Six semaines plus lard, il vienl me consulter pour tf un bouloQ quHl a dans le nez o, bouton qui né ta il autre qu'un chancre <ie la cloison, comme révénemonL Ta démontré* Or, pins de vingt fois depuis lors il m'a répété ceci : i- Je suis bien cerlaîn d'avoir contracté \ik syphilis dans la fâclieuse rencontre que je vous ai contée, car je ne m'étais exposé de vieille date à aucun autre risque; et je suis non moins certain de l'avoir contractée par mes dotglsy cela pour fes deux raisons que voici : c*est, d'abord, que j avais négligé de me laver les mains en sortant de chez la fille eu question ; c'est, de plus, qu*à cette époque j'avais depuis quelque temps — je m'en souviens très bien — une petite éraillure du nez que je m*égratignais sans cesse et que j'ai dû sûrement inoculer avec mes doigts. ')

Un de nos confrères s'est très vraisemblablement inoculé de la même fagon n pour avoir égratigné avec ses doigts un petit bouton d'acné qu'il portait à la narine, après avoir manipulé des plaies syphilitiques ».

Le !>' Jullien a relaté un fait se résumant en ceci : Un charretier avait reçu plusieurs blessures au nez. Ces blessures n'étaient pas encore ficalrisées lorsqu'il lui arriva de passer une nuit avec une femme sur laquelle il se livra, sans parler du coït, à des attouchements prolongés. Trois semaines plus tard il était alîecté de trois chancres, à savoir : un à la verge, et deux au nez ; or, ces deux derniers étaient exaclemcnt localisés sur les points qui avaient été le siège des Iraumatismes.

Indépendammcnldc CCS quelques faits et iliiulres semblables que j'aurais à produire, deux considérations concourent encore â attester la possibilité d'un transport contagieux à la muqueuse nasale par Tintermédiaire des doigts.

C'est, d'abord, <iue le chancre nasal est presque toujours une lésion du seuil même des fosses nasales, c'est-à-dire une lésion greffée sur des points qui peuvent être touchés et inoculés par les doigls.

C'est, en second lieu, que très fréquemment (comme le démontrent les observations) il a pour antécédent, pour prélude^ quelqu'un de ces petits ^^ bobos n qui sont si communs aux narines et au vestibule nasal, h savoir : fol lieu lit es, acnés, pustule ttes innominées idues sans doute an slaphylocotiuej, éraillures, gerçures, impétigo, etc. On connaît Thabitude commune, instinctive, irrésistible, qui fait qu'on se gratte, qu'on << s'épluche »*, qu on s'éeorche le nez, alors qu*on est affecté de telle ou telle de ces insigniOantes, mais agaçantes lésions. Qu'à ce moment les doigts soient entachés du contage spécifique, tout naturellement et presque forcément, ils le transporteront au nez.

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111^ ^ Enfin, ce sonl quelquefois des vonlafjinn^ médiates qui ont portfJ le conlage syphilitique 'au nez ou dans le ne?*, t>l cela par des inlermédiaircs de louL ordre : mouchoirs, linges sales, serviettes, éponges, canules, eau de toilette venant de servira un sujet syphilis tique (Ncumann), etc., etc.

N*ouli]ions pas enfin le rôle qu'ont joué plusd'une fois les instruments de chirurgie dans les contaminations de cet ordre : stylets explorateurs, spéculums, cathéters, sonde dllard, <^tc*

Dans la célèbre épidémie de syphilis par calhélérisme de la trompe d'iutslacfie qui sévit à Paris il y a une trentaine d'années, coraiïie dans tous les cos de mi^me genre, des inoculations ont dû nécessairement être portées par le cathéter soit dans les fosses nasales, soit dans le naso-pharynx- Seulement, les chancres dérivant de telles inoculations n'ont pas été constatés, et pour cause; on nen a vu que les bubons symptomatiques et les accidents ultérieurs.

CHANCRES DE L^ŒIL (chancres palpkbhaux, chancres nu bord giliaire,

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