‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 43 sur 123 · CHANCRES DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

CHANCRES DE LA CONJONCTIVE

Éliotogie. — I. Trois points à noter tout d'abord ;

1^ Le chancre de l'oeil est, à Tinslar du reste de presque tous les chancres, beaucoup plus commun chez V homme que chez la femme.

2* C'est un chancre qui s*observe n toits tes âgca, voire dans Tenfance, voire dans le plus jeune âge. On Ta vujusque sur des nourrissons. Cela vient par avance à Tappui d'une proposition que je développerai bientôt, à savoir que^ pour quantité de cas, le chancre oculaire dérive de causes qui n'onl quoi que ce soit de vénérien.

3'' Particularité intéressanle, qui nous touche de prés, nous médecins. C'est un chancre relativement commun chez les méderift.^, au titre d'accident issu de la profession médicale. Pourquoi et comment? Nous le verrons dans un instant. Hn tout cas, d'après leD^ Aumoni(l), ce serait un chancre « médical, professionnel ^ dans la proportion de 1 sur 15 cas.

n. — Quelles circonstances président à son étiologie ?

Commentions par dire que celle étiologie reste absolument mysterieuse, impénétrable, sur un très grand nombre de malades. Diaprés le D** Fortuniadès, on n'aboutirait guère à la déterminer que deux

(1) V. Amnont, ÈttidÉ sur le chancre syphitUiqut rie» pâap*ére** Ttièaes de Pari», 1893*

CHANCRES DE l'ûêIL. ÉTIOLOGIE. Ô39

fois sur trois [i), et cela en dépit des enquêtes les plus minulieuses» D*oii jt ressort que, très certainemeat, ta contamination oculaire doit provenir, pour nomlire de cas, de causes purement arciden telles, de circonstances toutes fort ni les ^ qui sont impossibles h retrouver, à reconstituer après coup, et qui^ en définitive, échappent à toute analyse rationnelle par ce fail même qu'elles procèdent du hasard.

En second lieu, il ressort de l'expérience que le chancre oculaire peut dériver de causes multiples et aussi diverses que multiples, voire parfois de causes absolument inattendues, étranges, extraordinaires.

Si variées soieot-eltes cependant, ces causes se ramènent en définitive à trois groupes, c|ue nous allons j^asser en revue sous la rubrique usuelte de contamina lion s tiirvcles, indirectes et médiaien^

IIL ~ Le premier groupe comprend l'ordre des cas dans lesquels le contage est transmis directement du sujet contaminant au sujet contaminé,

a. L agent usuel de ce mode de coulagion, c'est le baiser, ei non pas seulement le baiser passionnel, tendre et prolongé, mais le baiser simplement alTectueux, courant, banaL Les observations de syphilis oculaire ainsi transmise pullulent dans la science. J en citerai deux exemples.

Un jeune étudiant transmit de fa sorte un chancre de la paupière supérieure à sa flancée, pour Tavoir embrassée sur Toeil alors qu'il présentait des plaques muqueuses à la bouche.

Un enfant de huit mois contracta un chancre syphilitique du grand angle de Tteil et de la caroncule pour avoir été embrassé sur les paupières par sa tante, laquelle était alors alîectée de syphilis secondaire avec plaques muqueuses sur les amygdales. — De Beck remarque avec raison que les enfants, et plus encore les tout jeunes enfants, sont spécialement exposés â ce mode de contamination, en raison îles embrassades que leur vaut leur gentillesse.

La bouche transmet encore le contage ù i*œil, mais beaucoup pluî* rarement, dans quatre ordres de circonstances dilTérentes, à savoir ;

i* Par la ^pakilion^ c'est-à-dire par la projection hors la boncho de bulles de salive, entraînées par le courant expira toire dans la parole et, plus encore, dans la toux. Issues d'une bouche qui contient des plaques muqueuses, ces gouttelettes de salive peuvent élre chargées du contage spécifique et, conséquemment, le transporter là où elles tombent.

Or, bien plus que d'autres et pour cause, les médecins sont exposés à recevoir sur le visage ces dangereuses projections, alors qu*ils

(1) CdUe proporUfin mètnâ me pnralt $ingulièremonl ëtévée, k parler des cas oà la cause conUmif>ant« peut être non pa« jteutement auspecye, mai» précisée et formeUenienL reconnue.

CONTAMINATIONS EXTRA-GENITALES,

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gorge

^'pliili

p\\if^ spéciali

examinent la bouch

ment encore, alors qu ils praUquenl iJei^ eau Lé risa lions sur la gorge J pn sais quel<]ue chose pour ma pari, car pareil aocidenl ra'esl arrivé plus de Iretite fois. C'est pour cela que vous tn'enlendez sans cesse répéter aux élèves de mon service J avertissement que voici ; <t Méfiexvous bien, quîind vous avez à pratiqupr une cautérisation dans la, bouclie et surtout dans la gorge d'un syphilitique. Même averti de ce qu*on va lui faire, mi^mc se tenanl sur ses gardes, le malade pourra ne pas résister, au moment ou vous lui toucherez la gorge, à un accès d'une toux réïlexe» f^pasmodique, subite, intense, laquelle vous projettera une pluie de goulteleltes sali va ires en plein visafj^e. »

Aussi nombre île inédecius ont-ils été victimes d*un tel mode de contamination, et cela toujours dans les conditions que je précisais à rin^^tant, toujours a la suite de (■aulérisations de plaques muqueuses gulLu raies. Un professeur de notre Faculté, mort aujourdliui, a été conlagioruié de la sorte. — De même, ces années dernières ^ un interne de cet h^^pital. — Pour ma seule part^ J'ai eu a Iraiter déjà cinrj de nos confrères f^ui ont i>ris la sypliilis de celte façon, Lldstoire de Tun d'eux, qui nesl que Thistoire des quatre autres, se résume en ceci. Marié et maii modèle, ne s^étant exposé de vieille date à aucun risque de contagion, il vint me trouver un jour pour une lésion de la paupière supérieure, lésion érosive, rouge, large comme une amande, que je n'eus pas de peine à reconnaflre pour un chancre syphilitique. Eli bien^ six semaines auparavant, il avaîl reçu sur le visage et notamment but les paupières une véritable pluie de gouttelettes salivaires, au moment où il cautérisait sur Tun de ses malades des plaques muqueuses conlluentes de la gorge.

Particularité fort intéressante, qui doit trouver place ici. Sur les cinq confrères en question, trois m'ont assuré ([u'aprés l'accident ils s étaient tout aussitAt ^ lavé et bien lavé la figure »>, Ce qui démontre, non pas, bien entendu, rinutilité d'un lavage, mais la nécessité, en pareil cas, d'ablutions complètes, prolongées, minutieuses, et surtout secondées par des antiseptiques. M'est avis que la meilleure sauvegarde serait un ilébarbouillagc immédiat et très soigneusement fait avec la liqueur de Van Swietcn pure, sans coupage*

'2" el 3". Quelquefois encore, mais bien plus rarement, la bouche a transmis la contagion à Tœil ou par morsure ou par suerion. Exemples :

Dans une rixe, un jeune homme fut mordu au niveau de la région de Tœîl par son adversaire, qui portait à la bouche des lésions spécifiques* 11 contracta de la sorte un chancre syphilitique de la paupière inférieure (1).

(1) ObïiervaMon i^^tatëe par le D'^ Campart (Bulletin de la Clinique dei Quîhm-

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