CHANCRES DU VISAGE
Éliùlogie. — Les conditions étiologiqnes des chancres du visage sont, à cela près d'ime seule sur laquelle j'insisterai en temps et lieu, celles qui président à la genèse de la plupart des chancres que nous avons étudiés précédemment. Je ne ferai donc que les énumérer d'une façon sommaire.
L — Dans un très grand nombre de cas, la contagion est direc* lemeni portée sur le visage; et cela de deux façons : soit par les organes génitaux, soit par la bouche.
i* La contagion génih-faciaie (dénomination qui me dispensera de descriptions plus explicites) est assez commune de la femme à riiomme. C'est elle dont procède assez fréquemment le chancre du menton, voire celui du nez, — Example: un malade, cité par le D'' Poucet, ne dissimulait en rien avoir contracté de cette façon un chancre du bout du nez,
(1) VitrUlJ. fur Berinjl. und S^ph.j 18«&.
CONTAMINATIONS EXTRA-GÉNITALES.
Pour qiielifues cas^ aus^i rares qu'immondesi la contagion faciale a pu <J<Viver, chez la remme» â'nn conlacl avec Torgane viril* Une fiiie publique avouait *i qu en étal d*ivresse elle sélait exposée I contracter de la sorte la syphilis de son amant >».
"2° Mais, d'une fat^on inOnimcnl plus fréquente , c*e&t la bouche qui porte la contagion à la face; — el cela par le baiser, cL cela, ic comme ailleurs, par (ou te eâpèce de baiser*
Très nombreux dans la science sont les cas où Ton a vu des chancres de toules régions du visage dériver du baiser.
Ricord» par exemple, a relaté dans ses fameuses Ldites sur la syphilis rbistoîre d'un de ses confrères qui contracta un chancr< ^e la joue pour avoir été embrassé sur ce point par une de se: clientes *■ syphilitique et reconnaissante ».
Cette môme contagion par le baiser figure dans plus d*un< vingtaine de mes observations personnelles comme origine da chancres de la joue, du menton, du nez, du front, ctc.
Pour la grande majorité de ces cas, le baiser contaminant a éti celui de Tamour, celui qui s'échange entre époux ou amants. Mais je" répète et j'ai besoin de répéter, vous savez pour t^uels motifs, que le baiser simplement alTectueux ou même indilTérent, banal ^ suffit amplement h la contagion.
J'ai vu, de la sorte, un (ils infecter sa mère, et un frère infecter »4 sœur. Et de môme pour tant d'autres exemples de ce genre qui pullulent dans la littérature médicale.
J'ai vu encore, et il y aura peut-être quelque utilité à citer ce cas spécial, une jeune mariée, fille de la pltis honorable famille et, pour sa part également, inaccessible au soup<;on* conlracter la syphilis du fait de ces embrassades mulliples que reçoit obligatoirement toute mariée après la célébration de l'office religieux. (Quatre semaines exactement après le jour de ses noces, elle se trouva allectée sur une Joue d'un bouton croûtelleux à propos duquel je fus consulté el qui n'était autre qu'un chancre syphilitique. Son mari, sur lequel retombait naturellement une grave suspicion» proteslait de soninnocence et voulut être examiné. Je l'examinai , cela à maintes! reprises, et le trouvai toujours sain. Enquélc minutieusement instituée, il resta démontré (aussi rigoureusement qu'un fait de ce genre est démontrable) que cette jeune femme n'avait pu contracter la contagion que le jour de son mariage, ou elle avait été embrassée à la sacristie ^< par plus de cent personnes, connues ou inconnues d elle ».
Les enfants, voire les tout jeunes enfants, ont été maintes fol victimes de contagions de ce genre au visage. Exemples :
Une petite fille de neuf ans fut contaminée de la sorle au niTeau de la joue par l'un de ses cousins, jeune homme de vingt ans» qui était alTecté à ce moment de syphilis secondaire avec plaques muqueuses labiales et auiygdaliennes.