‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 47 sur 123 · CONTAGION PAR LE RASOTR · texte numérisé non relu

CONTAGION PAR LE RASOTR

cou de sa Temme, laquelle fut contagioiinée en ce?* deux points (1), r*Rs plus curieux encore, récemment relaté par le D^ Monnet. — Dans un taudis effroyable de malpropreté vivait un ménage des plus misérables, composé du père, de la m ère et de trois jeunets entants* La mère, femme de mœurs plus que légères, vint à contrarier la syphilis. Nalurellement elle la transmit à son mari. Mais, en outre, elle la transmit aussi h ses trois enfants, et comment cela ? Par Tinterméiliaire d'une loque immonde qui servait de dèbarbouilloir â ionie la famille et que, faute d eau, elle mouillai! avec sa salive pour nettoyer la figure des enfants. — A noter, à la vérité, que ces trois enfants étaient tous alfectés d'impétigo facial, ce qui constituait une porte d'entrée pour le contage. Toujours est-il que tous trois furent infectés. Le plus jeune contracta en pleine joue un chancre induré énorme, suivi d'une syphilis grave à laquelle il succomba. Les deux autres furent affectés de chancres labiaux (â).

IV* — Maisj*ai hèle d'arriver à un mode de conlamination spéciale à la fare, à savoir la contamination par le rasoir.

La litléralure médicale contient une foule de cas relatifs à des transmissions de ce genre, cas où des chancres de diverses régions faciales (menton, joues, lèvres, elc.) ont été rapportés comme étiologie à Tusage du rasoir hanal^ du rasoir que Ton trouve chez le coiffeur el qui sert à tout venant.

Que, pour un certain nombre do ces observations, la démonstration de cette origine infectieuse spéciale n'ait pas été rigoureusement étabhet je n'en disconviendrai pas, Toutes ces observations, en effet, ne sont pas parfaites, loin de là. Mais, d ailleurs, ^comment le seraient-elles? La démonstration delà it culpabilité » d'un rasoir ne peut jamais être établie, on le conçoit de resle, avec une certitude malhématique. Elle ne repose et ne saurait reposer que sur deux considéra lions de clinique et d*anamnèse, à savoir : l" coïncidence chronologique à terme voulu entre une rasure suspecte et la production d'un chancre facial ; 2^* absence absolue d'autres causes possibles de contamination. Exiger plus, c'est récuser à lavance et de parti pris ton les les contagions de cet ordre, car c'est réclamer des preuves qui, sauf exceptions rarissimes et exlraordinaîres, ne sont pas de natureà pouvoirétre produites. ÂUex donc remonter (qu'on me pardonne cette façon de dire) dans le passé d*un rasoir, pour établir s il a pu servir ou non chez un coilfeur ^ un sujet syphilitique! Je le répète, la démonstration du chimcre dérivant du ras«tr ne sera jamais fournie par une transmission de ce genre suivie à

(1) Dëîln transmissions atndeniale de Ut sifilîdet Giornalc itaL délie lïiaL ven., IHHÎ, — Analyse d«ns Je» Ann. de derm. et de Myph.^ 1«H3, t. IV.

{^) Trois cits de conUminuthn indirtcie de syphilU^ Journal de» raiil. eut, cl ayph., ÎK9J. t. UI, p- 265.

rONTAMlNiVTIONS EXTBÂ-GÉNÏTALES.

ta pisie dan*^ les diverses circonslatices qui ronl pré partie et accomplie ; elle réside et ne peut résider que dans ces deuït lémoifj^nAges ; possibilité même du fait, et fréquence de sa production dans les conditions particulières que je précisais LouL à rheure,

Oue, d'autre part, dans Topera lion complexe de la rasure, le rasoir ne soit pas le seul intermédiaire à incriminer pour la transmission du contage; qull faille aussi faire place dans les suspicions à un transport possible par le blaireau^ par Jes servieLles, comme aussi par la main de Topé râleur, cela est encore vrai, rigoureusement vrai.

Mnistfimporh». Toujours est-il que ta rasurc faite ctiez le coilîeur avec le rasoir banal, avec le rasoir qui sert h tout le monde, constitue une opéralion véritablement ttangereusc, plus dangereuse à coup sûr qu'on ne le croit généralement, et que les con la mina lions Iransraises de cette façon, quoi qu'en aient dit certains sceptiques, sont irrécusables.

Irrécusables, oui, et cela h divers litres :

P De parleur fréquence même. Et, en efTel, de tous côtés, dans tous les pays, on a relaté des contagions de cet ordre,

2" De par les circonstances particulières à quelques-uns de ces faits, Quelques exemples.

Vu homme de soixante-cinq ans, u ne s*étant exposé depuis dix ans à aucun risque de contagion », se fait raser, en voyage, chez un perruquier. L'opérateur, peu adroit, le coupe au menton et appuie le doigt sur la blessure pendant quelques minutes pour arrêter le sang. Qualre semaines après, apparaît, au niveau même de la coupure, une lésion qui devient un chancre syphilitique/

Un homme, qui avait coutume de se faire la barbe lui-même, va par hasard se faire raser chez, un coiffeur et remarque môme que l'individu qui le précède immédiatement entre les mains de Topera leur u porte de singuliers boutons sur le visage », Quelques semaines après, il est affecté d*un cliauere sur la joue.

Deux amis vont se faire raser r-hez un coitîeur, dans une ville d*eaux minérales très fréquentée parles syphilitiques. Tous deux contractent la syphilis à normale échéance après cette rasure, Tun par un chancre du menton et l'autre par un chancre de la joue.

3^ D'ailleurs, quoi de plus probanl en respècc que la considération suivante, pour démontrer que la contagion par le rasoir est de celles qui sont fatalement destinées a se produire?

Est-ce que les gens qui ont Thabitude de se faire raser chez le coiffeur y renoncent loul aussitôt, pour se raser eux-mômest dès qu'il leur arrive de contracler la syphilis? Pas le moins du monde. Ils conlinuent, comme par le passé, à se faire raser chez le coiffeur; cela, Je laffirme^ pour avoir interrogé sur ce point quantité de mes malades d'tiôpital ou de ville. Et, qui plus est, ils continuent h se

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