‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 52 sur 123 · CILVNCRES DU TRONC ET DES MEMBRES · texte numérisé non relu

CILVNCRES DU TRONC ET DES MEMBRES

LHohgie. —I. — Un premier point, qui ne surprendra guère, c'est qu'assez fréquemment Toriginc de ces chancres k siège insolite, bizarre, extraordinaire, reste absolument mystérieuse, impénétrable. Pour bon nombre de cas, le pourquoi et le comment de tels chancres se dérobent absolument, et cela en dépit d'enquêtes sérieuses, minutieuses, aussi complètes que possible.

Je ne ferai à ee propos que citer un spécimen du genre, car tous les autres cas que je pourrais produire ne seraient que la répétition de celui-ci.

Il y a quelques années, j'ai eu à traiter en ville un jeune homme affecté d*un chancre de la cuiase, chancre situé à la partie postérieure et moyenne du membre, chancre typique, irrécusable, qui d ailleurs a été suivi, à échéance normale, de Texplosion secondaire la plus classique* Or, jamais ni le malade ni moi n'avons pu découvrir 1 origine de cette contagion, et cependant mon client n*élait pas homme à rien cacher. J'ai examiné sa maîtresse, à laquelle il n'avait pas fait la moindre infidélité depuis deux ans, et je lai trouvée saine. J*ai e?^aminé son valet de chambre (en vue <le la possibilité de quelque contagion médiate), et je rai trouvé sain. Vainement le malade et moi avons-nous fatigué notre imagination h chercher une explication plausible à cette contagion ; peines perdues. En fin de compte et faute de mieux, mon client a fini par s'arrêter à cette u hypothèse i» qu1l avait peut-être bien conlracU'î son mal « en s'asseyant, dans une maison de bains, sur le rebord d'une baignoire w, situation dan** laquelle, en effet, il aurait pu <Hre conlagionnéà la face postérieure et moyenne de la cuisse, au cas où ladite baignoire aurait été souillée de pus spécifique par un devancier. Mais cen*était là, comme il le

CHANCREK 0U TRONC ET DES MEMRnHS. -f-HÎ

diî^ait lui-m^Die, qu*une a ï^upposition en Vair *», à laquelle nianqimîl l'ébauche même dune démonstration.

Eh bien, il en esl de la sorte assez fVéquemnieïit. Ht» d'nillcurs, rien que de très naturel f\ cela. Puisque les clumerOB eïi quention sont extraordinaires de siège, c'est (jne forcément ils dérivent d'nne cause extraordinaire, donc très difficile, sinon impossible h retrouver.

Ou, plutôt encore, n*est-il pas vraisemblable que rorigine do tels chancres reste le plus souvenl ignorée pour cette simple raison tpi'iU dérivent de contagions purement accidentelles, toutes fortuites, (jni, de nature, se dérobent à toute analyse» à toute investi g^ation rctrospective ?

H n en est pas toujours ainsi* cependant ; loin de le. Ainsi, pour un certain nombre de cas, on arrive à découvrir le» origines de la contagion, et cela soit du premier coup, soit après eni|Uéto, comm» vous allez le voir.

IL — Exclusion Taîte de cerlaincB causes spéciales (telles ipio rallailement, la vaccination, les contaminations professionnelles, etc.) dont nous parlerons en temps et lieu, rétiologic des chancrm qui nous occupent actuellement correspond à celle des ehancret* ^l^^ toule autre région et peut être dislnbuét', comme d'usage, sou» les trois chefs suivants : contamination directe; — contamination indirecte; — contamination médiate.

L Cfmlmjîon direHe, — Alors que la conlâgion directe inler vient pour porter le contage spécitiqije sur quelque point du eou, du tronc ou des membres, elle procède presque toujours soitdeiiorganeii génilaux, soit, plus habituellement encore, de la t^ouche.

A> — Quand elle procède des organes génilau^, c'est !c plui* souvenl deThomme à la femme qu'elle s'exerce*

La verge, en effet, a parfois des « égarements >» variés. Bien d*éloiiuant, donc, à ce que, dans se^ pé régrinat ion !i anormales, elle puisf^ porter ta contagion sur les points les plus divers. C est ain!*!<i qu*on Ta rue contaminer par contact direct : les régions périg«nitLiile«, TalidOfDen, les fesses, les lombes, les cuisse, la main, le« sein a, Toire lee qui est plus extraordinaire; le jarrel et locoliilic. L'a eicemple du genre, comme spéajuen,

J ai ett a traiter eo ville une femme galante, remarfjuabletnent obèse, pour un ehrnict^ nmMicaL figurant upe «orte d entoonoir éroÊàî, Or* celte feotme ne fil aucune difficulté pour m^arouer que ee ehaoere éliillc fésaJlal d^uue conla|don titrer h quVlle devait è SOQ « aiBaiil •, liMpid, à aeile éfioque. était traité |*</ur un el»anrre de la verge à l'héfUml du Midi ( t).

De fliIflM^ mm^ d'une fafoa hleo piiis rare^ la contagion a pu être

U 9ffétim (lui*,,

m%tlm,wm^pmUpmUf^l

2&6 CONTAMINATIOxNS EXTRA -GÉNITALES,

porlée directement sur riioranie par les organes gt^nilaux féminins Exemples;

Un «le mes clients a contracté un vfwncre de ht cuisse par contact direct avec la vulve, et cela de la ra(^on que voici. Sa mal tresse s*élant dite <i malade n, mais sans spécifier le genre de maladie dont elle étail alTcctée, il continua, lonl en s'abslcnanl de rapports, à faire Ht commun avec elJe et à h dormir enlacé avec elie, Junc de ses cuisses louchant la vulve ». Il s inocula de la sorte un chancre sur cette cuii?^se par contact avec un chancre vulvaire, dont je constatai plus lard ta cicatrice et rinduration.

Un autre de mes clienls a pris la syphilis pour avoir fait danser sur sa cuisse une jeune femme qui était aïTectée h cette époque de nombreuses plaques muqueuses vulvaires et péri viil va ires, Comme les deux acteurs de celle scène joyeuse se trouvaient dans un costume tout a fail primitif, rinoculation se Qt aisément de la vulve a la région crurale antérieure.

Dans tous les cas précités la contagion a dérivé de rapprochements erotiques. Mais en voici d'autres ou elle s'est produite dans des conditions toutes dittéreutes et non moins curieuses, bien au contraire Or, ces derniers surtout sont essentiels à connaître pour la prophylaxie privée. J'en citerai donc quelques exemples.

Une jeune femme avait la garde d\in tout jeune enfant issu de parents syphilitiques, syphililique lui-même et présentant aux fesses des accidents secondaires en pleine suppuration. Comme il lui arrivait fréquemment de prendre cet enfant dans ses bras, alors même qu'il élait sans pansement, et de le porter sur son avant-bras /iw, elle contracla de la sorte un cluincre île tavanl-bras^ et cela exactemenl au point où, dans celle attitude, les fesses de l'enfant reposaienl sur la région moyenne de la région radiale.

Dowse a raconté Thistoire toute semblable d*une fillette de neuf ans qui, s'ôlant prise d amitié pour un petit enfant étranger, contre la de lui la syphilis dans les conditions suivantes. Elle jouait avec lui i« à la petite maman », le tenant constamment dans ses bras comme une nourrice lient son nourrisson. Or, son avanl-bras fut souille par le pus de plaques muqueuses que Tenfanl présentait à lanus, et devînt le siège d*un chanrre de tavanf-bras, lequel fut roriginc d*une effroyable syphilis maligne suivie de mort (1),

Encore doux autres spécimens de genre dilTérent.

Deux ouvriers fumistes faisaient ht commun par raison d'économie, quand l'un deux vint à ^tre aJTecté d'un chancre syphilitique du méat uréthral. Or» le lit étant Ires étroit, l'un des colocataires avait lobligalion de coucher sur le côté. Dans cette position, il arriva plusieurs

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