CHANGEES DU TRONC ET DES MEMBRES
fois que la verge du malade se trouva en conlact avec la hanche ou la cuisse de son camarade. Si bien que ce dernier fui inoculé à ta cuisse^ exaetemenl au niveau du grand lrochnnîei\ II se produisit là un chancre des plus typiques^ forlenient induré, que nous avons dûment conslalc et longtemps traité dans nos salles.
Histoire plus singulière encore. Un acrobate fut contaminé û la nuque par des plaques muqueuses vulvaircs, en porlant à califourchon sur ses épaules une jeune artiste de sa troupe. On conçoit, en effet, que^ dans celte situation où la vulve était pesamment appliquée sur le cou, la contagion trouvait pour s'exercer les conditions les plus propices.
El ainsi de suite pour tant et (ant d'autres exemples de ce genre, que vous trouverez relatés dans les journaux périodiques et les monographies spéciales*
B, — Mais, d*une façon bien plus fréquente, c'est la bouche qui, dans l'ordre de cas que nous étudions actuellement, sert d'agent de transmission,
La bouche, en effet, est plus vagabonde encore que la verge, et Ton ne connaît pas de limites à ses excursions, Elle va partout. Aussi bien a-l-elle transmis la contagion, peut-on dire, n /o«s les points du corps, et cela de la lêle (uixpied:i. De la l^te aux pieds, littéralement ; car, d'une part, je vous ai déjà signalé des chancres du cuir chevelu dérivant du baiser, et, d'autre pari, il existe quelques cas de chancre ayant alTeclé le pied. M, le P' Leloir, par exemple, a relaté Tobservation d'un jeune étudiant qui fut contaminé au pied, entre le quatrième et le cinquième orteil (sur un point où existaient des crevasses d'ecïèma), *< par les ardents baisers d'une jeune femme, habituée du bal Bumer(l} »,
Et, quant aux intermédiaires entre ces deux points extrêmes, on ne compte plus les cas où ils ont subi les dangereuses souillures de la bouche.
C'est ainsi, pour préciser, que vous trouverez dans la liLléralum médicale quantité d'observations de chancres transmis pair le baiser au cou, à la nuque, à la partie antérieure du thorax, au sein, à Taisselle, au dos, à l'abdomen, à rombîlîc, aux fesses, aux aines, à la cuisse, à la jambe, au jarrcl, etc. Au hasard, je citerai comme spécimens:
Un cas de mon éminent collègue et ami le D"" Besuier, relatifs un chancre thuvacique [région sous-claviculaire] qui fut transmis à un jeune honum^ par la bouche d'une femme;
Un cas ûi^. chancre uhdominai, de nn?me provenance ;
Un cas de chancre du cou, transmis à une jeune fille par un baiser
(1) y* Lefoni Êur iâ Mtfphithf p. 4@*
CONTAMINATIONS EXTIL\-GÉNITALES.
de son prétendu, lequel poiiait des plaques muqueuses aux lèvres, à la langue et aux amygdales (l) ;
Un cas de chancre de la partie f?upéro-interne de la cuisse^ observé &ur une jeune fille et dérivant aussi du baiser. {Cette malade ro^a raconté plus lard, relalivernent à l'origine de son chancre, que, pendant plusieurs années, elle avait été exploitée ptir sa mère, qui a la livrait vierge à de riches cUenls, mais avec contrat formel de respecter sa virgmité. »]
D'autre part, la bouche iresl pas seulement dangereuse par ses tendresses. Elle peut Télre aussi de deux autres façons très différentes, à savoir : par morsure et par succioti.
Nous avons eu dans nos salles, ces dernières années, un malade aireclé d'un chancf^e du bras résultant d'une morsure. Ce chancre s*était produit sur la cicatrice mt^me de la morsure, quatre à cinq semaines après le traumatisme,
J*ai relaté jadis l'observation d'un jeune homme qui fut mordu au cou par une femme syphilitique dans un transport amoureux. Survint là, exactement au niveau de la morsure, c'est-à-dire cinq ou six centimètres au-dessous du lobule de rorcille, un chancre des plus typiques, Hanquéde son adénopathie satellite et bientôt suivi d'acci* dents secondaires (2),
De môme le D^ Richard (d'Anlnay) a rite le cas d'une femme qui fut affectée d'un chancre syphilitique du creux poplité pour avoir été mordue en ce point par une autre femme au cours d'une scène amoureuse (3).
Quanta un spécimen de chancre par succion, je n'en connais guère de plus démonstratif que le suivant.
Dans un souper du h monde où Ton s amuse i*, une bouteille de Champagne non encore débouchée fut projetée à terre et vint faire explosion entre les jambes d'une belle dame dont le mollet fut atteint par un éclat de verre* La blessure était des plus insignifiantes* Mais, la dame jetant les hauts cris et préten riant qu'un fragment de verre pouvait lui être resté dans la peau, un des convives se proposa pour pratiquer la succion sur la petite plaie et aspirer ainsi les corps étrangers. L'offre fut acceptée, et Taspiration dura dix minutes. Malheureusement, les lèvres du galant venlouseur étaient à cette époque (comme je l'ai su plus tard) affectées de plat]ucs muf[ueuses* Si bien que, quatre semaines après, apparaissait sur le mollet de la dame, au point lésé par Téclat de verre, a un boulon croùtcux »> qui s'élargit, s'ulcéra, et devint un des chancres les plus typiques que j'aie jamais rencontrés,
{1) Y. pîÈce n^ lââ, CoUecLion parUcuUËre (Xfiiaêe de ThûpiUl SalEit-Louis\
(3) An/ijifef de dermAi.et syph., tBlS.
(3) Journal de médec. deFarh, IBOa, p. 4S&,