‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 54 sur 123 · CHANCRES DU TRONC ET* DIS MEMBRES · texte numérisé non relu

CHANCRES DU TRONC ET* DIS MEMBRES

IL Contagion indirecie. — Dans un second groupe de cas, la contagion est portée sur les légumenls d'une façon indirecte, et cela de façons très diverses, à savoir :

P Le plus haJjiluellementpfrr les doigts souillés du contage spécifique. " Exemple du genre :

Un ouvrier se fait â Vat^anl-ùras une blessure légère, qull dédaigne môme de panser. Dans cet état il va passer la nuit avec une fille. Quelques semaines plus tard il se trouve affecté : 1" d'un chancre syphilitique de la verge, et 2" d*uïi chancre syphilitique de ra%*antbras, au siège môme de son ancienne blessure. Or, nul doute que cet homme ne se soit inoculé lui-môme ce dernier chancre avec ses doigts souillés de sécrétions vulvaires; car, spontanément, il disait se souvenir très bien qu'à plusieurs reprises, au cours de la nuit qu'il avait passée avee la femme en question, « il s'était gratté et écorché sa petite blessure deravanl-bras n.

C'est de la mOme façon, très vraisemblablement, qu*un de nos malades s*est inoculé un chancre syphilitique au coude ^ exactement au niveau de Tolécrâne, Il était tombé dans un escalier et s'était fait plusieurs excoriations à un coude, lorsqu'il lui arriva, dans les jours qui suivirent cet accident, d'avoir rapport avec deux femmes plus que suspectes. Quelques semaines plus tard, il fut aiïeclé au coude, juste au niveau d'une de ses érosions antérieures, d*une lésion qui n'était autre qu'un chancre. Or, lui aussi se souvenait très bien qu'ayant néghgé de panser ses plaies, qui étaient devenues irritées et prurigineuses, « il se les grattait très souvent jusqu'à les écorcher ».

Des contaminations de cet ordre, c'est-à-dire dérivant d*un transport par les doigts, ne manqueraient pas de se produire, voire d*abonder dans nos services spéciaux, si nous n'avions le soin de nous laver sijslématiqnement les mains après avoir exploré une plaie syphilitique ou seulement suspecte de syphihs* Jugez, en effet, de ce qui pourrait arriver si* après avoir manipulé un chancre ou des plaques muqueuses, nous portions nos doigts sur une plaie ou une érosion quelconque, voire sur uncdermalose mal protégée par un épiderme malade ou desquamant, voire, peuUôtre aussi, sur des téguments sains! Bien heureuseraenl je ii*ai pas sur la conscience un seul désastre de ce genre survenu dans nos salles.

2" D'autres fois, c'est la salive qui a transmis la contagion par

Tin ter médi aire de bu nd ruches, de loties ^ de laffetas^ de toutes étoffes agglutinatives par humeciallon. On conçoit le danger d'un tel pansement, car le dépôt de salive contaminée sur une plaie équivaut rigoureusement à une inoculation faite avec un pus spécifique. Or, desconlagions de ce genre se sont plusieurs fois produites. J'en ai observé un exemple irrécusable que voici,

Un petit bébé de quatre ans jouait aux Tuileries avec sa bonne, En

COXTAMmATIONS EXTRA-GÉNITALES.

couranl, il tombe, et se fait «ne légère érafliirc à un genou* Une dame (restée inconnue), qui se trouvait là, tire de son porte-monnaie un morceau « de taÉîetas d'Angleterre « le mouille dans sa hoache et le colle sur le genou de Tenfant. Deux jours après, la petite plaie <?tail sèche. Mais, qualre semaines plus tard, elle se rouvrait et dégénérait en un chancre, qui fut suivi d'accidents généraux.

3*^ Cest encore une contagion de même ordre, exactementi que réalise le TATOUAGE. Insister sur ce point ne sera pas superflu, comme

vous allez en juger.

Onantité d'exemples de transmission de syphilis par le tatouage ont élé déjà relatés par divers observateurs notamment par lîuLin, Pélry, Josias, Maury et DuUes, Robert» Wilcox, Carlelon, Lecivie et Carllon, Moftel, Barker, Whïtehead,Cheinisse, etc. (1). L^ombre d*un doute ne saurait donc subsister sur rautheuticité de ce mode de contamination.

Or, comment la contagion s exerce- t-elle dans Topération du tatouage? Presque invariablement par rinlerméJiaire de la salive (2). L*agent de transmission, c'est la salive, la salive d*un opérateur en état de syphilis; et la transmission se fait ou bien parce que ledit opérateur porte à sa bouche l^aiguille à tatouer; — ou bien (ce qui paraît plus fréquent) parce qu'il délaie ses couleurs avec sa salive; — ou bien encore parce qu*il essuie avec sa sali%'e te dessin qu'il est en train de tracer sur la peau, alors que ce dessin vient k être masqué par le sang; — ou bien enfin par le concours de plusieurs de ces conditions.

Un exemple du genre a été observé et raconté dans ses menus détails par un médecin militaire, le D' Robert. Le voici sommairement :

Un cavalier au 9'' chasseurs est tatoué sur les avant-bras par un ancien marin, qui venait journellement mendiera la porte de la caserne en même temps que recruter des clients à tatouer. — D'abord» sur l'un des avant-bras se produit un phlegmon, qui nécessite une longue et profonde inci.sion, — Puis, sur laulrc avant-bras, se manifestent huit chaneres, disséminés sur le trajet d'un dessin représentant un cliasseur à chevaL — Consécutivement, accidents usuels de syphilis. — On recherche alors le tatoueur » on TarrÔte, et on le trouve afïecté de plaques muqueuses multiples sur la bouche et les commissures labiales. — Quant à son procédé de tatouage, il était plus primitif qu'antiseptique. Car, d*après les déclarations de plu-

(ij V,^ pour la bibUo^ràphit^ de cc^ derniers cas, le Uvrc de Duncan BaJkley {Syphilis in the Innoneni)^ p. 231.

{2) ExceplioiineUemenl^ la transmiflâion a paru se faire pfir T intermédiaire d'une aiguille non esKujée, qui, après avoir aervi à taUiuer un iujet syphilitique, est portée iur un i^iiJeL âàin.

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