CONTAGIONS MÉDIATES
îlicord, Rollet, Lanceroaux cl d'autres que j'oublie. Parfois môme elles ont donné lieu à des a c lions médico-légales. A preuve un cas de M. G aille ton » relatif à une petite fille de quatre ans qui prit la syphilis en couchant dans le nième lit que son père alfecté de syphilis. On crut d abord à un attentai criminel ; mais rexperlisc, habilement dirigée par M, Gaillelon, vint déciiarger le père de rhorrible accusation qui pesait sur lui.
4'' Linge de balu^ peignoirs, gants de crin servant aux frîc- Lions, etc,
Duncan liulkley a relaté tout au long Tobservation d'un de se8 clienls qui, suivant loule vraisemblance, contracta la syphilis dans une maison de bains, par rintermédiaîre de linges contaminés. Il ne s élait exposé de vieille date à aucun risque de contagion, lorqu'un jour, â propos de la recruflescence d'un eczéma chronique du sillon inlerfessier, il alla prendre un Lain» à la suite duquel il se frotta vigoureusement et jusqu'à s'écorcher la région malade avec des linges qu on lui avait fournis dans la maison. Quelques semaines plus lard, et sans inlervenlion de nulle aulre cause suspecte, il se trouva alTccté d'un chancre syphilitique dans la rainure inhrfemiére^
De même un de mes clients, qui présentait un chancre de la cuisse^ soutenait, avec toutes les proies ta lions et lous les serments du monde, qu1l ne sVMait exposé à aucun risque de conlagion et que, w très sûrement, il n'avait pu prendre ce chancre que dans une maison de bains, pour s être frictionné avec un peignoir malpropre »!,
De même encore j'ai Ira il é en ville, avec MM. Hardy et Besnier, une dame d'une respectabilité absolue qui, très certainement, a été contagionnée, dans l'un des grands établissements hydrolhéra piques de l-^arîs, par un f/anl de crin servant aux frictions. Le chancre ( d*âbord, qui siégeait à la partie supéro-externe de la cuisse gauche, prés de la hanche, élaii absolument indéniable; il fut suivi d'ailleurs, à normale échéance, de Texplosion secondaire la plus classique, D'autre part, quel pouvait être le mécanisme d'une lelle contagion ? D'une très longue et Mb scrupuleuse enquête, dont je vous épargnerai les détails, il résulta ceci pour mes collègues et pour moi (qui ne sommes pas, certes, des crédules en fait de contagions spécifiques) que cette dame avait été vraiscuiLIablement infectée par le gant de crin commun, le gant *}tti sert à l<mi le monde dans les maisons d'hydrothérapie, k la façon du rasoir chez le coilTeur» Sa masseuse, en clTet, lui avait, par de trop rutles frictions, ératlé et presque érodé la peau ça et là, notamment au jarret el à la hanche gauche; or, ce fui en ce dernier point précisément que s'implanta le conlage.
5"* Le triage, le raccommodage et le bianehlssage du linge lies sujets s^rphiil tiques sonl naturellement des opérations dan-
COmAMlNATIONS EXTRA-GEKlTALES.
gereuses qui, plus (^11 ne fois, ont transmis la syphilis aux ouvriers ou ouvrières des hôpitaux, aux employés de buanderie, elc*
Une sUlistique de Calrdeioi (de Milan) aLiribue 31 cas d'infection sypbililique à des lîng^es conlaminés de syphilis,
6^ Contagion par les latrines. — Celle-ci est 1res diiTo rem ment appréciée par les médecins^ ainsi que j*ai pu m*en convaincre par de Dombreuscs conversations avec mes confrères sur ce sujeL Les unsj en elTel, sans la récuser en prinrîpe, ne la considèrent en fait qu'au titre d'une « échappatoire », d'une tt excuse commode l'i la déchar^t? de gens désireux démasquer une faute ». Certains mfimela tournent absolument en dérision, ou plutôt tournent en dérision «les naïfs, les crédules w qui racceplenl. D'autres inversement — et de ce nombre sont spécialement les gens du métier, les syphiligraphes — Tagrécnt absolument comme un mode de contagion non pas seulement possible et admissible en théorie, mais authentique, irrécusable de par Tobservation clinique.
Eh bien, je tous l'affirme avec pleine conviction, la vérité n'est pas iri du côlé des sceptiques et des rieurs.
Sans doute, nous le savons du resle, la contagion par les latrines a pu être exploitée soit par des femmes infidèles, trop heureuses de dissimuler ainsi une contamination d'un autre ordre, soit môme (ce qui est moins croyable, mais je parle preuves en mains) par des hommes, par des puritains hypocrites, en vue délaisser intacte, même vis-à'Visdu médecin, leur ** respectabilité ". Quel est le praticien qui n'a pas entendu invoquer une telle éliologie, alors qu*elle était le moins acceptable? Et môme que de fois n'est-il pas arrivé h tel ou tel d 'entre nous de feindre d'y croire, voire d y prôtcr les mains, ne serait-ce que dans le but, par exemple, de sauvegarder ce qu*on appelle « la paix des ménages »?
Mais le mensonge des uns n'exclut pas la sincérité des autres. Si tel altère à son profit la vérité, il ne suit pas de là que tel autre, en alléguant le même fait, n exprime pas un fait vrai, de pleine authenticité.
Eh bien, je le répète, je suis ici au nombre des *< croyants ». J*accepte absolument la possibilité d'une contamination spécifique par les latrines; et je vais même plus loin, en disant avec W, Taylor : 0 Ce qui m'étonne, ce n'est pas que les latrines puissent être Tiiîtermédiaire de contaminations syphilitiques, mais bien qu'elles n'en produisent pas plus qu'elles n'en semLlenl produire, n
Je vous dois les preu%"es de cette conviction, qui, croyez-le, n'a rien de théorique. Or, ces preuves, je les trouve d'abord dans les deux arguments que voici*
L — A supposer que le siège des latrines où Ton s'assied soit souillé par des sécrétions syphilitiques {pus de chancre ou pus de plaques