C0N*TAG10NS PAR LATRINES
muqueuses, par exemple), esl-il possible, oui ou non, que ces sécré- Uons, émineinmeal virulentes ou mîcro biques (à voire choix), délermiDetit une inoculation sur les téguments de sujets saios venant à s^asseoir sur ces latrines?
Réponse formelle : Oui, ineonlestablementoui, et cela au nom de'^ analogies, au nom du bon sen^.
En l'espèce même, dirai-je (en vous priant de m'excuser pour de tels détails], rinoculation a d*autant plus de chances de s'exercer qu'elle a pour sV'Xorcer un contact non pas seulement direct et plus ou moins prolongé, mais un contact pesant^ un contact de tout le poids du tronc entre le siège des latrines et les téguments.
IL — D*autre part, le siège des latrines et tout particulièrement des latrines publiques, des h chalets de nécessité >*, comme on le^ appelle vulgaire ment, est-il exposé, oui ou non, à être souillé par des sécrétions syphilitiques?
Certainement, oui encore, et cela pour des raisons multiples. A savoir :
1** Est-ce que les sujets syphilitiques alîeclés, par exemple, de plaques muqueuses anales, périanalcs, pèrinéales, vulvaires, etc., ou bien de syphilidcs suppuratives des fesses ou des cuisses, s'abstiennent de fréquenter les latrines et les latrines publiques? — Non.
2" Est-ce que, les frèquenlant et, comme conséquence^ pouvant les infecter, ils prennent de suffisantes précautions pour les purifier et les asepsier, c'est-à-dire pour les rendre non dangereuses alors qu'ils les ont rendues dangereuses? — Réponse inutile, n*est-ce pas?
3^ Est-ce que même du pus en nature ne peut pas s'écouler ou de la verge ou de la vuhe sur le siège des latrines? — Certes oui.
i'^ PuiSj encore, il est une chose à savoir, qu'ignorent pcut-6tre4es médecins h encyclopédistes -s mais que nous n'ignorons pas, nous a spécialistes »^ et cela parce que nos clients se chargent de faire notre éducation sur ce point. C'est que nombre de sujets syphilitiques, ayant besoin de se panser au cours de la journée, vont se panser précisément dans les latrines, soit dans des latrines particulières (celles de leur demeure, celles de leur patron, celles de la maison de commerce à laquelle ils sont attachés, etc.], soit dans les latrines publiques.
Journellement, par exemple, j entends des malades me dire : u Mais, docteur, vous me prescrives trois ou quatre pansements par jour sur mon cliancrcou sur mes plaques muqueuses. Impossible! Je ne suis
chez moi que le malin elle soir HnGn, jmisque cela est nécessaire, {
je m'arrangerai. » Et ils s'arrangent, en elTet. Gomment? En allant renouveler leur pansement dans les lieux d'aisances. C'est-à-dire que, lj\, ils déposent sur le siège et précisément à Tendroit où Ton s'assied tout leur petit arsenal de pansement^ ce qui est inolTensif, mais aussi^ ce qui est grave, toutes les pièces de leur pansement antérieur, à
CONTAM! STATIONS EXTIU-eÉNITALES.
savoir bandest compresses, plumasseaux de charpie imbibés de pus, etc. ^ Pas plus tard que ces derniers jours, un de mes clients affecté d*un large chancre syphilitique du fourreau me racontait que^ par économie de temps, il allait faire son pansement du milieu du jour « dans un kiosque de nécessité vois^in de son bureau o.
Allez donc soutenir après cela que les latrines ne sont pas capables de transmeltre des contaminations syphilitiques!
Pour ma seule part, J ai observé dans ma clientèle plusieurs contaminatiûns de ce genre, et cola sur des malades en qui j'ai toute confiance pour des motifs divers, soit parce que ce sont des hommes, des célibataires, des jeunes gens, qui n'ont rien à cacher, soit parce que plusieurs d'entre eux, que je connais personnellement, me semblent au-dessus d'une suspicion de mensonge.
D'ailleurs, des faits de mûme ordre se sont produits également sur de jeunes mariées (1), sur des jeunes filles, votre sur des enfants. Fitzgibbon, par exemple, a relaté le cas d'une jeune fille de quatorze ans qui fut infectée par les latrines dans une gare de ehcmin de fer.
Inutile donc, je croîs, d'insister davantage sur un mode de contagion dont rauthenticité n'est vraiment pas contestable,
7"^ Contagions instrumentales, contagions médicales. — En principe, tous les instruments, tous les ustensiles, tous les objets utilisés dans un but thérapeutique, peuvent servir d'intermédiaires à
des contagions médiates et porter de la sorte la syphilis sur le corps ou les membres. En fait, nombre d'entre eux ont été déjà signalés comme ayant servi d origine au moins vraisemblable à des contami*nations de cet ordre.
Citons comme tels : bistouris, lancettes, stylets, scarificateurs, ciseaux, canules, bassins, verres h ventouses, serres-fines, aiguille de seringue à injectiona hypodermiques, diachylon, caoutchouc emplâtres, porte-caustiques, crayons de nitrate d*argont, pinceaux, tous objets de pansements, tels que charpie, compresses, éponges, voire, a-t-on dit, brosse électrique, etc., etc.
Les exemples, ici, seraient innombrables à citer. J'en produirai seulement quelques-uns à titre de spécimens.
Kobner a relaté un cas dans lequel ou vit un chancre syphilitique succéder à Tincision d'un abctîs de l'aisselle*
(t) J'ai observi^, il j a dùux ans, avût^ mon collègue et ami le D^ Scveslre, un cûa di5 cet ordre ^iir une jeune fcminc qui, suivant touta vrâtsemblance, cOTilra{.ita la syphilis de celte façon quelques Jours après son rnaviû^e el dans son voya^ de noces* U va sans dire qu une enquête des plus scrupuleuses et des plus approfondies fut dtablÎÉ sur Ic^ causes possibles d'une telle conteglon. De celte enquèle il finit par résulter que ta seule cause arjceptable, proijable. possible^ était une coii- Lamiuatlon par des latrines d'bVLeU Le mari, qui protestait due inique m eut de son innocence^ voulut èLre ofamuiUi, futeicaminé par nous d div&raes reprises et touyout'S ii-ouvê indemne de sypbilis.