‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 69 sur 123 · CONTAGIONS TRANSMISES PAR LA MAIN · texte numérisé non relu

CONTAGIONS TRANSMISES PAR LA MAIN

point où s'élaiL appuyé le doigt malade du m*3decin pour pratiquer la dliatatioti de Tanus.

Une autre observation du même auteur est relative à une jeune femme qui contracta trois chancres vulvaires pour avoir été examinée par une gage- femme alTectée d'un chancre du doigt.

Collin a cité le fait d'un accoucheur qui, de par une lésion secondaire di^ilalo, infecta plusieurs de ses clientes.

Une célèbre épidémie qui sévit à Saiote-Eupliémic en 1727 et qui est restée connue dans Thistoire sous le nom de Mut de Sainie-Ettphémie n'est rien autre qu*une épidémie locale de sypfiilîs ayant dérivé d'une sage-femme syphilitique, AiTectée n un doigt d'une lésion spécifique, cette femme ri en avait pas moins continué à exercer sa profession* Si bien qu'en quelques mois H elle transmit sa maladie, affirme Jean Bayer, l'historien de cette épidémie^ à plus de einquctnfe femmes enceinles <|uVîle explora ou qu'elle accoucha ». La contagion s'étant ensuite propngée tout naturellement aux enfants et aux maris, il arriva ceci it qu'en quatre mois on compta dans la petite localité en question plus de ffuaire-vingh personnes con laminées ».

Telle fut de même une autre épidémie qui sévit h Brive en 187 1 et dont rhistoire a été relatée par M. le D*^ BardJnet(de Limoges) devant r Académie de médecine. Sommairement, en voici rhistoire.

Bien qu'alTectée au médius droit d'une ulcération syphilitique, une ^ge-femme n'avait pas discontinué sa pratique. Elle aboutit <le la sorte a contagion ne r un grand noml»re de femmes et i\ créer une véritable épidémie de syphilis dans la petite ville de Brive. Car, bien entendu, les femmes infectées de la sorte ne manquèrent pas, au moins pour la plupart, de transmettre la syphilis a leurs enfants d'al>ord, puis à leurs maris. Si bien que de ricochets en ricochets on arriva à compter h Brive plus de cent victimes.

L n fait de môme ordre sVst produit en Angleterre il y a quelques années, et de même encore par rîmprudence d*une sage-femme alTectée de lésions syphilitiques digilales. Cette foison compta 4t victimesi, dont <10 femmes. 9 maris et 2 enfants (1).

Voici, enfin, pour compléter le sujet, une variante de ce mode d*infection.

Une de ces matrones qui, dans les petites villes de province ou les campagnes, usurpent souvent le titre et les (onctions de sagesl'emmes, avait rhabitude, te au moment delà chute du cordon ombilical, de toucher la petite plaie avec deux doigts imbibés de sa salive h elle n. Tout alla bien pendant longtemps, et, pour sale et ridicule qu'elle fût» cette pratique resta inolîensive tant que la femme en question resta saine. Mais le malheur voulut qu'elle conlractAt la

(1) V„ BuNCA?! BtiyiuiY, Sjfphilis In tlie ifinoceiit [ayphiUâ ingondum)^ New- York.

CONTAGIONS MliDICALES DE LA SYPHILIS,

syphilis, et alors tous préjugez ce qull advint. Un grand nombre dVnfaiils furent contaminés de la sorte (Bleynie).

2"* En second lieu, le médocin peut fitre dangereux pour ses malades du fait de ^es instruments.

Quels instruments? Il faudrait les citer tous ; car il n en est aucun sur lequel ne puisse se Caire un dépôt du coulage syphilitique et qui ne puisse à son tour Lransmcltre ce contage aux téguments et aux tissus d*un malade. De par expérience, voici ceux qu*on a acquis le droit d Incriminer.

Bistouris; — lancettes;— stylets explorateurs; — ciseaux; — canules; — spéculums; — bassins; — abaisse- langue; — instruments servant au vcnlousage; — scarificateurs; — calliélers, notamment sonde d'itard pour le catliélérisme de la trompe d'Eu star lie; — serresfines; — laryngoscope; — seringues à injections hypodermiques; — crayons de nitrate d'argent; — pinceaux; — instruments divers d'oculislique, de dentisterie, etc.;— voire brosse électrique; — sans parler des objets de pansements, linges, charpie, compresses, éponges, diachylonjaiïetas d'Angleterre, toile de caoutehouc^elc. etr. Les exemples à l'appui de ces contagions instrumen laies seraient innombrables à citer. J'en produirai seulement quelques-uns à titre de spécimens.

L — (Ihose curieuse et certes inattendue, c'est la pratique du ventousage qui a fourni (je dis qui a fonrnif parlant au temps passé et pour cause) le plus fort contingent à Tordre de contaminations qui nous occupe pour Tinstanl.

Osl ainsi que, sans tenir compte des cas sporadiques, le ventousage a servi d'origine à de véritables épidémies de syphilis. Duncan Bulkley n retrouvé dans les annales du passé treize véritables épi* démits de syphilis résultant de contaminations par les ventouses, à savoir sept dans les siècles qui ont précédé le nôtre et six dana le xtx'' siècle (celles-ci toutes en Russie). Épi dénués certes bien dignes de ce nom, puisque le nombre des victimes s'y est élevé de M àSOO.

Du reste, rien d'élonnanl â cela. Car, dans le temps passé, le venlo usage était une pratique populaire très accréditée, très usitée; et, d^autre part, cette pratique était confiée non pas à des médecins, mais a des baHiiers, à des gansons barbiers, voire à des bateleurs ambulants qui promenaient de village en village leur industrie et leur rou* lotte de charlatans. Inutile de dire si de telles gens étaient de rigou* reux observateurs de Tantisepsie, votre de la propreté. Ainsi Tune de ces épidémies par ventousage dite épidémie d'Ilakola, laquelle ne fit pas moins de *iOO victimes, procéda d'une femme syphilitique qui, pratiquant le ventousage^ avait pour habitude de hwer ses verrt*s avec sa saiive ! — Inutile^ également d'ajouter que les progrès de

CONTAGIONS INSTRUME-NTALES.

la civilisation et de Tart ont rendu de plu^ en plus rare, voire tout l'ait exeeplionnel de nos jours rf* mode de conlatiiinatioii*

II* — Pour dc*> raisoHi^de ni^rnc ordre la saignée a été autrefois 1 origine de contugions syphilitiques. On sait en effet qu'elle éiail eonfiée à ces ni<?mes itarbiera dont il vient d'être quesUon, Tout nalurellement, en certains pays où celle liabilude s'est conservée, on a pu encore observer de nos jours des accidents de même provenance. Exemple : *- En 187G, un barbier d'Autriche saigne trois malades, deux sur ordonnances de médecin et le troisième de son chef. Sur les trois opérés, des signes locaux de syphilis se inanifeslenl au siège même de la saignée et sont suivis, h normale échéance, d'accidents ge*^néraux. Le barbier est poursuivi, jugé, et condamné h qualor/.e jours de prison avec amende (î) *k

Bonorden a relaté de môme un cas dans lequel un large chancre se produisit au niveau de la piqi'ïre d'une saignée,

ni. — Voici maintenant quelques exemples de con la mina lion s transmises par bistouris, ciseaux, slylets, cathéters, etc. A savoir :

Dans un cas de Lang, un chancre syphilitique succéda à l'incision d*un furoncle qui occupait la région du front.

De même, dans un cas de Kôbner, un chancre syphilitique suivit rincision d*un abcès tle raisselle.

Dans un autre cas du même auteur, ce fut un furoncle de la fesse qui, incisé k la lancette, se transforma quelques semaines plus tard en un chancre syphilitique*

Je tiens d'un médecin qui occupe une très haute situation dans la science (mais qui ma prié de ne pas le citer) qu'il est « malheureusement certain d'avoir Iransmis la syphilis à Fuu de ses malades par une seringue de Pravaz qui avait servi récemment à plusieurs sujets syphilitiques ».

Robinson a vu, sur un enfant de six ans, un chancre se produire au niveau de la plaie résultant d'une circoncision. — J ai observé un fait exactement identique sur un adulte qui, trois semaines après une opération de phimosis, présenta un chancre circulaire sur tout le trajet de rincision. Et nul doute que ce chancre n'ait été un résultat de rojiération, carie malade « ne s'était exposé depuis plus de six mois à aucun risque de contagion *^, Enquête faite, il resta peu douteux que l'inoculation ait procédé de serres- fines.

Le>^ filyhls d'exploration et tes sondes de tout ordre sont encore des instruments particulièrement dangereux, qui plusieurs fois ont servi tragcnts de transjjorl au coulage syphililique,

\ preuve la célèbre épidémie de syphilis par cathétérisme de la trompe d'Euslache qui sévit à Paris j] y a plus d'une trentaine d'années. Environ soixantcHlix sujets furent contaminés de la sorte

{%} V. British médical JoumaL 1»76.

CONTAGIONS MEDICALES DE LA SYPHILIS

pnr un spécialiste en maladies d'oreilles qui comme ttail Ti m pardonnable imprudence de sonder tons ses malades avec une même sonde, sans prendre soin delà purifier à la suite de chaque exploration.

Des contagions de même provenance se sont produites en divers pays, par exemple, à Kônisberg, où six sujets furenl infectés de la sorte.

IV. — Plus dangereux encore, tout naturdlemenl, sont les instruments qui servent h rexploralîon des parties génitales, comme le spéculum notamment.

A coup sûr en a beaucoup exagéré, notamment dans des attaques venimeuses dirigées contre les médecins par certains écrivains abolilionnistes, les méfaits du spéculum. Néanmoins, cela va sans dire, il constitue par excellence un instrument dont il faut se défier. Dans les services spéciaux comme les nôtres, il ferait des victimes innombrables, si Ton n avait soin, après chaque examen, de le laver, de l'aseptiser par telle ou telle méthode, bref de le rendre sil rement inolTensif, Bien d étonnant, donc, à ce qu'en Tabsence de précautions de ce genre des contagions so soient produites. Tardieu en a cilé un exemple qui fit grand bruit auLrefois. Je tiens pour irrécusable qu*une de mes clientes» femme d'une moraUté au-dessus de tout soupçon, a été contaminée à la vulve (et sans doute par un spéculum) dans une clinique de gynécologie.

V. — >Iais ce dont il faut encore plus se défier, c'est tout le groupe des instruments qui servent à. r exploration et au traitement des maladies de la bouche et de la gorge. La bouche, on ctTet, voilà un organe qu on est appelé en pratique à explorer à tout moment, non pas seulement h propos de la syphilis, mais à propos d'une foule d'autres maladies. Or, on conçoit qu*un instrument qui a servi h l'exploration d'une bouche entachée de syphilis, transporté dans une bouche saine ^ans avoir subi un lavage véritable et une purification absolue, pume ou même, disons mieux, doive déposer là le contage spécifique.

De tous les instruments d'exploration bucco-gulturale, Tabaisselangueest, à coup sûr, le plus dangereux, et cela pour dos raisons diverses : parce que, d abord, il est d'un usage de tout instant; — parce qu ensuite à son propos un oubli, une négligence, une distraction est des plus faciles. Kxemple ; On vient, je suppose, d examiner la bouche d'un sujet syphilitique affecté de plaques muqueuses buccales; on dépose Unstrunient à côté de soi et Ton n'y pense plus* Arrive un antre malade ayant besoin également d*une exploration buccale; une préoccupation, une distracHon. une absence sufiit à ce qu'on reprenne l'instrument pour procéder à ce nouvel examen. Ou bien encore, à Thôpital, dans une grande consultation encombrée où se pratiquent des examens simultanés de malades, un élève, un assistant peut s'emparer d'un abaisse-langue contaminé et s'en

CONTAGIO?îS INSTRUMENTALES-

servir pour infecler la bouche d*un sujet sain* Et ainsi de suiLe.

Je suis persuadé qu'uu certain nombre de contaminalions buccales dont Torigine reste ignorée provienneoL de contagions par l'abaisselangue. Eo tout cas» voici un spérJuien du genre que j'ai plus d'une fois cité parce qu'il est des plus aulhenLiques.

Un médecin, un des maîtres de ma génération, très studieux t-^t particulièrement grand liaeurt avait Thabilude de mâchonner, mieux vaudrait dire de manger ses eoupe-papier de bois, tout en lisant* Un jour qu'il était en villégiature à sa petilc campagne, une bonne du voisinage vienl lui demander une consultation pour un u mal de gorge j> dont elle souHrait depuis quelque temps. N*ayanl rien autre sous la main que son coupe-papier» il s'en sert comme abaisse-langue pour examiner la gorge de cette temme, qu'il trouve criblée de plaques muqueuses. Ace moment on l'appelle pour déjeuner,— Une heure plus tard, ne pensant plus à la consultation du matin, il se remet à son occupation fa von le, c'est-à-dire à sa leeturet el, comme d'usage, il mâchonne son coupe-papier en Usant. Quatre semaines plus lard et sans s'être exposé à nul au Ire risque de contagion, il commence h souiTrir de la gorge* Puis se produit sur l'une des amygdales une lésion que bientôt lorce est à lui comme à moi de reconnaître pour un chancre,

(Incidemment, j'ajouleraî que ce chancre devînt l origine d'une syphilis qui» comme chez tant de sujets à surmenage cérébral habituel, aboutit à des accidents cérébraux rapidement suivis de mort).

Aussi bien, le vieil abaisse-langue est-il, surtout pour les services hospiiahers, un instrument déiestahle, en raison des dangers de contagion auxquels fatalement il expose, (^uoi f/aon fas^e. Je crois qu'il doit être imptiot/ftltlemeni proscrit et remplacé par TaJtialsse-langiie Baudoin, fiim[)le lamelle de bois, ne devant par destination servir qu^ine foi.^, et que Von a soin de briser aussi tel f examen ierminé^ pour qu'il ne puisse servir une seconde fois. Ce petit instrument est d'un prix très modique, qui ne tardera pas sans doute à devenir insignifiant. Depuis qucUjues années, soit dans mon service d'hôpital, soit à ma consultation particulière, je Tai substituée tous les anciens abaisse-langue en métal ou en verre, et cela, je puis le dire» à la satisraciion générale,

VL — J 'arrive enfin, dans cette revue, à un instrument dont la nocivité n'est pas encore connue comme elle mériterait certes de l'être. Je veux parler du porle-caustique usuel, que tout praticien a dans sa trousse, le porte-nitrate.

Je crois^ je suis persuadé que des infections sypiùli tiques peuvent réâulter de cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent, telles qu*OQ les fait usuellement, c'esl*ù<lire avec un crayon banale servant à tout le monde, et continuant à servir de la sorte tant qu'il n'est pas absolument usé. Si ce crayon a touché une plaie syphilitique, je

CONTAGIONS MKDICALES DE LA t*ypi!lLlS*

le liens pour suspect^ pour dangereux, et m'est avis qu*il peut transmettre lo syphilis.

Des Cas probacts ont été cités à ce sujet. Ces cas, je vous les ai produits dans une conférence antérieure, et je n^ai plus à y revenir* Je me bornerai donc à enregî.^lrer ici à sa pla<^p cette cause spéciale de contamination sypliililique sans y insister davantage (1).

Delà résulle encore Tout naturellement une réforme nécessaire dans notre pratique. Celle réforme, c*estla pro^scription absolue du dangereux crayon de nitrate d'argent, ce crayon banal qui sert i\ tout venant et à toutes lésions, qui établit d'un sujet à un autre une dégoûtante et périlleuse promise ui té et qui, bien autbentiqnemenl, je la f firme de rechef et avec intention, est suffi s^a ni à trausiueltre le eontage sypbilitiquc,

Remplaf^oti!^ donc le vieux mode de cautérisation avec le crayon de trousse par un procédé quelconque, à savoir : ou bien par des cautérisations faites avec un pinceau d ouate hydrophile imbibée d'une solution argentique à saturation, pinceau qui ne servira qu'une fois et sera brûlé tout aussitôt ; — ou bien par des caulérisations avec un crayon inerge, moulé sur un porte-caustique soigneusement et sûrement asepsie; — ou bien, ce qui serait l'idéal en Tespèce, par un crayon vierge monté sur un porte-caustique sans valeur (telle qu'une plunje doie, par exemple^ qui pourrait t^tre sacrifié après une eau té* risation. J'en appelle sur ce point à l'ingéuiosilé de nos fabricants d'inslrumenls.

3" Enfin, dans une troisième catégorie de cas, des conlanunalions médicales se sont exercées par le transport de substances organiques sur un sujet sain dans un but thérapeutique.

Je ne ferai (|ue menlioriner ici pour mémoire les transplantations dentaires d*un sujet à un autre, opération aclueliement délaissée.

Mais je signalerai le danger peu connu des greffes. La grelTe, alors qu^elle consiste dans le transport d'un lambeau cutané d'un sujet sur un autre, peul devenir Torigine d'une contagion, A preuve, le cas suivant, dil à Deubel et se résumant en ceci.

Un homme était affecté d'une vaste ulcération d'un membre inférieur, consécutive à un érystpèle gangreneux. La plaie tardant à guérir, on essaya d*en hâter la cicatrisation par le procédé des greJTes épidermîques* Tout marchait à souhait lorsqu'un mois après Tapplication des premières greffes et sur des tissus en pleine réparation se [ïroduisil — à Téton nemenl de tous — une ulcération nouvelle, creusée en godet, qui ne larda pas à s étendre et à prendre les caractères d*un chancre syphilitique. C'était bien, en effet, un chancre syphilitique, lequel l'ut suivi^ à classique échéance^ de l'explosion

(1) V, page 372.

COXTAMIXATIONS PHOFESSlOJfXEIXES SUBIES PAR LE MÉDECm. 3C5

secondaire sous forme de roséole et de plaques muqueuses* Explication du fàil: plusieurs grelTes avaient été eniprunlées au flls du malade, qui se Iroiivait h cette epo(|ue en pleine syphilis secondaire^

Mais en l'espèce loul rintcr^^t delà qucî^lion reporte sur la syphilis vaccinale. La syphilis vacciriak% en elîel, resle, de toutes les conta mi nations de provenance médicale^ celle qui s est produite le plus souvent et qui a fait le plus de victimes, voire qui en a t'ail sûrement un nombre Lien sufvcrieurà ce qu*on croit généralement*

ici encore je ne ferai que citer h sa place la syphilis vaccinale que j'ai longi Hument étudiée devant vous dans ces derniers lemps^ et me bornerai à vous rappeler un seul trait de son his Loire » à savoir sa grande nocivité.

CVst qu*en effet la contamination vaccinale ne se borne pas li des cas isolés. Elle a tendance, au contraire, à procéder jocir ëpldénues^ et cela pour une raison très simple, à savoir : que fréquemment, 1res fréquemment, les vaccinations se font par fournées, voire parfois par grandes fournées, comme dans les campagnes, comme dans les régiments.

Il sVsldéjà [produit nombre de ces épidémies de syphilis vaccinale, Diincan Bulkley en a collectionné trente, de 181 i a lHy2. Et plusieurs lui ont échappé^ parce quelles sont restées secréles. Ainsi, pour ma seule part, j'en connais trois dlnédites, deux dans larmée, et une dans une ville de province.

îl est vrai que quelques-unes de ces épidémies se sont limitées à un petit nomljre.d'infeetions (5, 7, 8, 10, par exemple). Mais la plupart ont été bien autrement nocives. Aussi, à ne parler que des infections directes et sans lenir compte des infections de ricochet (ju'esque toujours inulliples en respëce), quelques-unes de ces épidémies ont produit un nombre de victimes s'élevant à 19, 21, 2*J, 35, 40, 41, 46, 52, 53, 58, 66, 72, 80, 80, 80, 1(K>, 150, i< des centaines « à Forismith en 18f>3, u des centaines » encore dans une épidémie américaine en 73, etc., etc.

Aussi bien, sans exagération, peut-on dire que la syphilis vaccinale constitue une page des plus tristes dans lliistoire de la médecine.

Tel est le premier groupe de contagions médicales, groupe procédant du médecin. Venons h la contre-partie, c*esl-à-dire à lordre des contagions tlont le médecin est victime*

Celles-ci sont encore assez nombreuses; car bien sûrement il n*esi pas un seul d'entre nous qui n'en pourrait citer quelques exemples.

JOb CONTAGIONS MEDICALES DE LA SYPHILIS.

El loutcs sont loin (rôlrc connues; combien en ai-je vu, pour ma pari, qui sont restées setTètes 1

Presque invîiiiableraenl c^stle visage ou la maîii qu'aiTactent sur le médecin les contaminations professionnelles. Il faut des éventualités spéciales cl exceptionnelles pour les porter ailleurs, comme dans le cas suivant pris pour exemple.

Un de nos confrères s est contagionné lui-même a la verge par ses mains souillées do pus syphilitique, ^f,.. Vous pourrez ne pas me croire, m*écrivait-il et cependant voici Texacte vérité sur la fa^oti dont j'ai contracté la svphîlis. Un jour, j't^n^ à examiner chez moi une femme qui avait la vuh^e litléralenienl criblée de plaques muqueuses. Je reconduisais cette dame, quand je fus appelé précipitamment par ma bonne que je trouvai presque aux prises avec un camionneur, lequel nous apportait un colis très avarié, qu avec toute raison celte fdle se refusait à recevoir. Une discussion s'engagea avec cel homme et dura même assez longtemps. Distrait, voire un peu ému de cet incident, je ne songeai plus à mes mains sales et je me souviens très bien qu'à ce moment, sans prendre soin de les laver, j'allai uriner. Or, un mois après j'avais un chancre syphilitique sur le fourreau de la verge juste au point où mes doigts avaient dû s*appliquer dans lacté de la miction. — Notez bien, d'autre pari, qu'il y avait douze ans à celle époque que je ne m^étais exposé à un contact suspect; et inutile, enfin, de vous dire que ma femme était et est encore vierge de tout accident syphilitique, m

I^areil fait, exactement, s'est produit sur un élève de mon service qui, pris d'envie d*unner pendant la consultation, alla uriner sans s'être lavé les mains, alors qu'il venait cependant d'examiner et de lou c h e r p 1 us ieu rs m a la d e s sy p h i 1 i ti q u e s .

Mais venons à des faits bien autrement communs.

I. — Les contaminations faciales contractées dans Texercice de la profession médicale sont de deux ordres.

a. Dans le premier, cVst le médecin qui s infecte lui-même, et il n'a qu'à s'en prendre à lui-même du malheur qui lui arrive.

Les contaminations de cet ordre résultent d'un transport du contage à la face par la main, Un médecin vient, je suppose, de manipuler une lésion syphilitique, telle qu*un chancre, des plaques muqueuses, une syphilide suppurative, ou m<>me une plaie qu'il ne croit pas syphilitique; alors, par distraction, inattention, habitude maniaque, il porte sesdoigls en un point quelconque du visage (menton, joue, paupières, nez, etc.), ou bien il se gralte, il tourmente, il arrache un bouton,. une croûtelle d'herpès ou d'acné; de ce fait il peut s*inoculer le contage syphilitique. — Deux exemples bien authenliqncs :

Un de nos confrères de province portait de vieille date dans la

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