‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 71 sur 123 · TRAITEMENT PREVENTIF DE L HEREDITE PATERNELLE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PREVENTIF DE L HEREDITE PATERNELLE

plus pour lui qu'un fiUre, un lamis inerte, desUné à laisser pénétrer jusqu'à lui lo remède dont lui seul a besoin. Or, dans ces conditions toutes sp<'«ciales, qu*âdvicndra-t-il et quels seront les résultats possibles d'un Irai le méat de cet ordre?

Eh bien, pour devancer les conclusions auxquelles nous conduira la discussion qui va suivre, laissez-moi vous dire immédiatement que ces résuHals seront absolunieul bons et satisfaisants, au moins pour la très grande majorité des cas. Laissez- moi vous dire même, car j*ai le droit el le devoir Je préciser davantage, que :

1° Le traitcmenl mèflîal, par une mère saine, d'un fcetus menacé de syphilis par bérédilé palenielle, constitue pour le fœtus une suurfgarde puissanle ;

2' Que très nombreux, voire habituels sont les cas oti ce Irailenieni ^ alors qu'il a <Hé mis en œuvre d*une far on propice et suri oui fi /emps — permet h reniant décbapper aux dangers multiples de riiértkiiié paternelle, à la mort no la ni ment (car vous savez que le propre de ritérédité syphilitique paleroclle esl bien plutôt d'infliger la mort à l'eniaût que de lui pernieUre de naître avec la syphilis) i l);

3" Que cet heureux résultat esl assez fréquent pour avoir frappé de nombreux observateurs el que, chose rare dans les qucslions de cel ordre, un accord presque unanime s'est c'^labli parmi les syphihgraphes et les accoucheurs contemporains pour proclamer la nécessité de celle inlervenUon thérapeutique spéciale;

4° Finalement, que ce concours d'opinions impose à tout médecin Tobligation d'agir en ce sens, c esl-à-dire d'instituer le trailemenl médiat de l'enfant par la mère; au point même que manquer â ce véritable devoir peut èlre considéré des à présent comme une infraction aux règles médicales dérivant de l'observa lion, comme une faute professionnelle.

Cela dit comme préambule, abordons maintenant les situations

pratiques.

(Ij C'est à cetUî conclusion, du moins, que nfoni conduit mes recherclies sur rhérëdïlé syphilitique, comme le montrera le passage «uivant eiDprunLé au livt'e que j'ai eoiiâaeri} A celte question :

« ... Sonmie toute, l'hérédité syphilitique potetnelle est une bért!dtti5 qui ^ne sVxerce que d'une façou relativement peu commune en Un t que lran«niissîori de la sypldM,^ en l'espèce; tniidlâ que c'est une h^^rédité bien plus souvent el bien ûutrc aient dan^i^reu^e en ce qu'elle eijt susceptible <U tmnsmettfe à renfant c]uclqur chose de plus grave encoi'c que bi vcrole, à savoir^ ee que fa.i appelé d^une laçon i^éiïL^'ique linit[ftUude à U rie* inaptitude à la vie se Irutliiisïiiit soit par la iDorl m utero, soit pur k nuirt peu d«; temps après la naisisancef comme consê* qucnce d'une débilite niilive, d*une déchéance originelle» d'une réaistiitice vitale în^ufllsiinte,

*•■ Au total donc et comme conclusion, le résultat le plus commun^ le danger par excellence de rivérédilé syphilitique paternelle, c'est lu mort de Venfnni. «' iV hérédité sifphilitique. Leçon» recueïlliiîs par leD' P, Portalier, G. Mjissos^ 1S19K

AU COURS DE LA GROSSESSE

Comment se pose en pratique la qiieslioD que nous allons disculer?

De bien des façons diverses qui, en somme, peuvent se ramener aux deux schémas suivants.

I. — Dans un premier ordre de cas, la situation est celle-ci :

C'est un monsieur qui se préîiente à votre cabinet de consultations

et qui commence ainsi rentretien :

u Monsieur le docteur, ce n*est pas pour moi que je viens vous consulter; car, vous le voyez, je me porte fort bien. Mais voici le motii' qui m'amène près devons.

Cl Je suis marié depuis peu de temps, etma femme commence une grossesse. Je n'aurais certes tju*à me féliciter de cet heureux événement, n'était un point noir qui me trouble et m'inquiète. Je suis syphiirlique; j'ai eu la syphilis a telle épocfue avant mon mariage. Or, j*ai entendu dire qu'un triste sort alteml les enfants issus do pères syphilitiques, que ces enfants meurent souvent avant de naître ou naissent dans le plus piteux état. Et, en face de cette perspective qui m est réservée peut-être, je ne vis plus. Je viens donc vous con* suller à ce sujet et surtout vous demander ceci :

<* y a-(-ii ou non quelque vhoseà faire pour que mon en fcinl nhériie pas du mai qatî poiimtil tenir de moi ? *>

D'abord, n'allé?, pas prendre le change sur le degré de fréquence de celle première situation et la considérer comme une éventualité plus ou moins rare. Bien loin de là 1 C'est une situation absolument rommiine^ qui s'imposera à vous maintes fois dans le cours de votre carrière.

Car, de mon expérience personnelle sur les cas de cet ordre je déduirais volontiers Taxi orne suivant : Autant le syphilitii|ue ne l^rend qu'un médiocre souci de son état syphilitique avant le mariage» autant il en conijoit une très léj^itime appréhension le jour où il est en passe d*une paternité prochaine. C'est même là un curieux phénomène de psychologie que je vous signale au passage pour Ta voir observé des centaines de fois.

Ainsi, nombre de sujets syphilitiques ne songent guère plus à leur syphilis le jour où il leur prend fantaisie de se marier. Ils n'ont plus rien d'apparent; ils se croient guéris. Séduits parles beaux yeux d'une jeune fdle ou les attraits d^me dot rondelette, ils se marient le cteur léger. Puis, voici (pie leur femme devient enceinte, A dater de ce moinenLces mêmes individus se trouvent psychiquement tnitm* formée. Ils deviennent hantés du souvenir de leur ancienne maladie. t> Que va-t-il arriver du fait de cette maladie, dont ils connaissent le mauvais renom quant a ses conséquences hi'u'éditaires? tfue sera cet eurantqui ne compte encore que quelques semaines? Verra-t-il le jour? Et, s1l naît vivatit, quel avenir lui est réservé? Et, qui pisesl, s'il venait à naître avec la syphilis et à dénoncer ainsi à tout le

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TRAITEMEM l*Ht:VE\TIF DE L II IvB EDITE tATERNELLE

niondo la syphilis de son père! Et s'il venait à contaminer sa mère! Elc^ etc. »

Toutes ces éventiialilcs, toutes ces appréhensions assiègent alors le ecpveau de ces mêmes siijeLs qui justju'à ce momeuL avaient Iraité la syphilis avec laul d'îndiflférence. Si bien que soudainement ils dpvï*^nnenlpr<!Hiccupés» inquiets, soucieux, agités.

Il ncst inr-me pas d'exagci^ation à dire que certains d'entre eux sont tout à fail troublés, s'adressent à eux-mêmes les plus amers reproches, ne vivent plus que dans les transes et la désolation, (lombren n"en ai-je pas entendus me dire ; m Ah! docteur, si j'avais sul Si j'avais réfléchi à ce qui m arrive aujourd'hui, si Ton nravail prévenu de cela, je ne me serais certes pas marié. La perspective de ce qui peut arriver à mon en fan I et à sa mère est pour moi un tourment qui m'obsède, nu cauchemar de tous les instants. Je n'en dors plus. Cette pensée empoisonne ma vie.elc, »

Croiriez-vous même qu'un de ces sujets, troublé « au point d'en perdre la télé >>, suivant sa propre expression, eM ver m un jour me demanrlcr*i défaire avorter sa femme ^^1 El, quand je lui eus représenté que ce qu'il me proposait là était une double infamie et pour lui et pour moi» il en parut fort surpris. » Il devrait y avoir une loi, me dit-ilj qui autorisât i supprimer les enfants destinés k naître syphilitiques. Car» étant donné lavenir qui les attend, les supprimer est un service h leur rendre, ainsi qu'à leur famille et h la société, »* Telle était ta doctrine d'un cerveau momentanément à lenvers.

11. — Voilà pour le premier ordre de cas dans lesquels se présente au médecin la situation que j'étudie devant vous. Arrivons maintenant au second :

Dans celui-ci, il ne s'agit plus d'un ménage oh une femme est enceinte pour la première fois, mais bien d'un ménage qui a été déjà épro u vé pBV pi a sien rs grofis esses m al heurtas es^ et da ns 1 eq u el vi e n t de se produire une nouvelle grossesse. C'est à propos de celte grossesse que l'on vient vous cousu lier.

Comme spécimen des cas de cet ordre, je ne saurais mieux faire que de copier sur nature et reproduire ici l'observation suivante, qui s'e&t offerte à moi il y a quelques semaines, car c'est un type du genre.

Un monsieur^ inconnu de moi, sa présente à mon cabinet et me raconte ceci :

" Je suis marié depuis plusieurs années, et ma femme en est à sa cinquième grossesse. Les quatre premières ont été désastreuses. Trois se sont terminées par des avortements, et cela sans cause, La f|ualrième a été pire encore. Ma femme a été alTectée de ce qu*on appcllei paraît-il, Thydramnios. De phis, renfauL (une belle petile fille) était hydrocéphale, si bien que, pour rexlraire, il a fallu lui

W COURS DE LA GIIOSSESSE

broyer la tête. Vous jugez du lableau dans une famille qui s*aUendà la naissance d'un bel ônfanL I

» Or, un accoucheur célèbre, que mon médecin avait mandé pour [)ratif|uer cette opéraLion, ma priï^ a part à la suite de cette alTreuse scàne, et m^a demandé si je n'avais pas eu la syphiJis* Il ne se trompait pas; c'est vrai, J'ai eii la syphilis peu de It'mps avant mon maria^e^ et mon lori a clé de m'en mal traiter, »l ai nié cependant 1^ syphilis à ce monsieur, car on n'avoue pas ces choses-là à tout le monde, ^t (Tesi égal, a-l-il ajouté» prenez du merrure, si vous voulez avoir un enfant. » Je n*en ai pas pris, car j avais à pari moi conçu la résolution formelle de ne plus avoir d en fan l s, Quatre malheurs de ce genre » c'est assez [ Mais, en dépit de ma belle résolution, voici derechef ma femme enceinte, et c'est vous dire mes alarmes, Esl-ce que ce qui s'esl produit quatre fois ne va pas se produire une cinquième? Aussi bien me suis-je décidé à venir vers vous pour vous demander s'il n*y aurait pas quehpw mnijen de c ^njuret* la <■ m q ttiêm e rai a ^ t rap h e qi i e Je p réi 't^ i^ . «

Tcds sont, schémaliquemenL, les deux ordres de situations auxquels peuvent être ramenés tous les cas particuliers relatifs à notre sujet.

l^h bien, cette sauvegarde du fd^tus menacé par la syphilis paternelle, cette sauvegarde qu on réclame de nous, existe-l-ellc ? Oui, elle existe, et elle réside dans te traitement médiat du fœtus par ta mère, c'est-à-dire dans le traitemeul spécilique de la mère, et de la mère fnen que mine, ne perdons pas de vue ce poinl essenlieb

Or, ce mode d'intervention, j'ai à cœur détaldir qu'il est à la fois^

1^ Batiouncl ;

2° Exempt de dangers pour la mère ;

3^ Salutaire par excelleuee pour le fœtus.

P 11 est rnthmnel, dis-je, car il a pour visée défaire pénétrer jusqu'au fœtus ce qui est 1 antidote même de rinfeclion qui le menace, à savoir : te mercure et l'iodure.

Or, celte visée, nul doute qu'il ne la réalise. Et de cela voici les jire u ves expérimen taies.

M. Porak a établi dans son beau travail sur i absorption des médicaments par le placenta (1878) qu'il ne fallait pas plus de quarante minutes pour retrouver dans Turine du fœtus Tiodure de potassium a*l ministre à la mère. C'est-à-dire qu'en un temps qui se compte par minides Tiodure de potassium passe de la mère au fœtus.

De mémo pour le mercure qui, lui aussi, passe facilement de la mère au fœtus. MM. ('athelineau et Slef Tout retrouvé dans les cadavres incinérés de fœtus dont les mères avaient subi un traite* ment raercuricL Ils Tant même dosé, voire dosé par organes. Ainsi,

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