CONSULTATIONS HOSPITALIERES PRÉTENDUES GRATUITES
derniers temps, la dédoubler, c'esl-à-dire faire une consuUaLioti dans laprcs-midi pour soulager celle du malin. En dépit de cela, néanmoins, celle dernière continue h êlre singulièrement encombrée.
Or, qu'un malade ou qu*une malade, qifun ouvrier ou une ouvrii^re Wce qui est le cas le plus usuel) veuille venir prendre une consullalion près de nous, cela loi cortle ioate sa matinée. 1) lui faut donc pour cela demander une permission au patron, qui Taccordera bien une fois ou deux, mais qui la refusera une troisième, comme les suivantes a fortiori. Et, en cas de refus, voici ledit malade contraint de perdre une demi-journée, que ne paiera pas le patron^ voire une journée complète, ^i le patron fce qui n^esL pas rare) ne consent pas à accorder la demr-journée, (Test -à-dire, comme résultat; Coût de la consultation équivalant au prix d'une demi-journée ou de la journée complète.
Messieurs, j*ai tenu an Tespèce à pouvoir vous parler en pleine connaissance de cause et chiffres en mains. Pour cela il ma suffi Ld 'ouvrir une petite enquête, dont voici les résultats, d'après le dire rméme des intéressés.
Chaque fois qu'un ouvrier ou une ouvrière vient, sans Taveu de son patron, prendre une consultation à l'hôpital, cela lui revient en moyenne à tel ou tel des prix suivants i
Pour une femme, de 0 fr. 75 centimes à 2 et 3 francs;
Pour un homme, de ti à 4, 5 el 6 francs.
Voilà, certes, qui ressemble peu, on eu conviendra, à des consultations gratuile.s^ surtout pour les pauvres gens à qui on les présente comme telles.
Tel est cependant, d*une façon très exacte, je l'affirme, Télat actuel des ctioses. Or, exposer un tel état de choses est dire par cela même qu'il exige une réforme* Cette réforme est elle possible et dans quelle mesure? j'examinerai cela tout à Theure. Pour (Instant, je demande k poursuivre rénumération de mes griefs.
II. Second point, — Pour ne pas être gratuites, les consultations à l'usage des syphilitiques n*en sonl pas moins, dans leur fonctionnement actuel, essentiellement désobligeantes, déplaisantes, inconvenantes, pour nos malades. En principe, elles devraient être telles que lesdits malades fussent tentés d*y venir et invités à y revenir. En fait, elles otTrent exactement le contrepied de ce programme.
Elles sont désobligeantes à plusieurs titres : aflluence excessive de consultants, et de consultants deTun et l'autre sexe; — d'oii rencontres et reconnaissances possibles, fréquentes même, qui n'ont rien pour plaire aux malades; — promiscuité parfois pénible; enlassemenl sur les mt^mes batjcs, au voisinage de gens visiblement aHectés de maux divers dont raspect n a rien de rassurant (lupus
facial, gale, teigne, pelade, eczéma, scrofule, elc); — crainle Lien naturelle de contracter par cnnlagion rpielqii'une de ces maladies;
— et surtout, c'est !à le grand point» aitenky attente démesurément longue, se comptant par heures, attente impatientante, énervante, le plus souvent aussi onéreuse, comme je viens de le dire, etc-
— Franchement, il y a bien dans tout cvïa de (juoi décourager, écœurer et éloigner les moins délicats et les plus palîenis. Aussi bien que de fois n'ai-je pas entendu mes malades exprimer leurs doléances à ce sujet de telle ou telle des faisons que voici : ^^ V^enir à vos consultations, monsieur le docteur, impossible! Je n ai pas les moyens de perdre ici deux ou trois heures w ; -^ ou bien : » J ai bien assez de co que j'ai» sans venir ici gagner autre chose » ; — ou bien, et plus souvent: «Poser ici toute ma matinée pour une plaque muqueuse que j ai à me faire brôler 1 Merci bien 1 Je préfère aller chez mon pharmacien qui me fera cela loul de suite et qui saura bien me traiter », etc., etc.
Et cependant (rexpérieneo est là pour le prouver), ces inconvénients, ces ennuis, ces disgrâces sont acceptés par nos malades, parce qulls ont l'endurance des pauvres gens qu'ils sont et la rési gnation des humbles. Mais ce qu'ils acceptent moins et ce à quoi ils se soustraient souvent, c'est une disconvenance inhérente à nos consultations publiques, disons mieux : c'est une inconvenance» une pratique vexatoire, humiliante, cruelle, que je veux stigmatiser ici et signalera votre réprobation,
11 faut en vérité que riuilucnce de la routine soit bien puissante pour aboutir à nous faire tolérer d'intolérables choses. Sans doute» par accoutumance, on finit par croire que lesdites choses ne peuvent être autres que ce qu elles sont. Vous souvienL-il en tout cas, messieurs, qu'il y a une trentaine, voire une vingtaine d^années, nous tolérions dans nos salles d'hôpital des varioleux, des scarlatinoux, des érysipélateux, etc., au voisinage de nos autres malades ? Alors que j'étais interne à Thôpilaï de la rue de Sèvres et môme longtemps après, les croups faisaient salle commune avec les autres maladies! C'étaient là des hontes, des monstruosités, des outrages au bon sens, à la charité et à la civilisation. Or, que d'eftbrts, que de paroles, et que de temps il a fallu pour obtenir la très simple réforme qu'on appelle « l'isolement des maladies contagieuses n l
Eh bienl une honte analogue, mais une honte d ordre moral, subsiste parmi nous et se perpétue, Eile consiste en ceci : la CONFES- SION PUBLIOUE DE LA SYPHILIS, c'esl^Vdire laveu public fait par un malade de sa syphilis, le récit public des incidents et des phases diverses de sa maladie.
Comment, en elTet, les choses se passent-elles à nos consultations,
CONFESSION PUnUQUE DE LA SYPHILIS.
à la mienne, par exemple, à rhôpltal Saint-Louis? Le Yoici, avec une exactitude piioLographique.
Une énorme salle. Au centre, une grande table» autour de laquelle se groupe leservice. DeiTÎère celte table, 30, iO, 50çludiaatH ou médecins. Devant, une trentaine ou une quarantaine de eonsultants, les uns se déshabillant, les autres attendant Tordonnanee qui vient de leur être prescrite, les autres déshabillés, deniinus, et attendant leur lourde consultation. Ces derniers se pret^sent, 5 entassent devant moi (car cest à qui, nalurellement, passera le plus tôt, tout le monde étant pressé). Eh bien, Tun deux, je supposasse prtisente à moi avec une éruption ou des lésions buccales qu*au premier coup dVeil j'ai lieu de croire ou de supposer syphilitiques. Alors» forcément, s*engage de lui à moi, publiquement, le dialogue que voici :
u Mais ce que vous me monlrez-là, mon ami, c'est de la syphilis.
— De la syphilis? Comprends pas.
— De la vérole, si vous aimez mieux.
— De la vérole? Maïs,..
— Voyons! il faut que vous ayez eu un chancre il y a quelques mois; un chancre, c'eât-à-dîre une plaie à la verge^ une maladie ûvi lenjrae,
— Ah! oui, monsieur, en efïet, j'ai eu un petit bouton à la verge.
— Et après ? ^i
Et ainsi de suite. Je vous fais grâce du reste ^ messieurs, car vous connaisses comme moi le surplus de renirelicn.
Or, cet entretien, n'aurait-il Heu qu'à demi-voix, est forcément entendu, perçu par tout l'entourage qui, curieusement, regarde, écoute, épie, qui, draille urs, me voit examiner la verge, la bouche^ l*ânus, etc., et qui, somme louie, comprend .
En sorte que la syphilis du consultant, soit avouée par lui, soit découverte par rinterrogatoirc du médecin, devient un faii<ie notoriété puhliqiie. En sorte que la syphilis de cet homme ou de celte femme (car la scène que je viens de décrire est exactement la même pour les deux sexes} se trouve révélée à tout le groupe des assistants, à la merci desquels en reste la divulgation possible.
On me dira, ou plutôt on m'a déjà dit : ^^ Mais do quoi vous inquiélcz-vous ? Vos malades se moquent bien d'avouer leur syphihs en publie, puisquHs viennent la faire traiter dans uneconsultation publique. Cela, d^ailleurs, leur est bien égal qu on sache slls sont ou non en état de syphilis* ►*
Vous en parlez bien à votre aise, répondrai je. DVbord, si ces pauvres gens viennent chercher un avis médical dans une consultalion pubtiqne, c*esl qu*iU n'ont pas les moyens d^aller payer
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chez un nnf'dedn une consul talion privée. D'autre pari, s'il peu être indilTérent à certains d'entre eux que leur élal de syphilb soi divulgué cnrani pupalo, il peut en couler à d'antres de con fesser en public une IcUe maladie ou de lenlendre dénoncer publiqueraenl Bon nombre même (j'en parle en pleine connaLs^^^ance de causée e' sont choqués, blessés, humiliés. Fuis, pour les remmes cela devicn une autre a (Taire. Nous n'avons pas à nos consultations de Saint Louis que des gourgandines, des filles, des w horizontales « d profession» qui se soucient peu dY4re convaincues publiquement de syphilis, — et encore? Nous y recevons des femmes de louteîj catégories, des ouvrières, par exemple, qui, pour n'ôlre pas ilesB vertus, n'en ont pas moins un resie de pudeur a respecter, des femmes demi- honnêtes, ou m*^me honnêtes, très honnêtes, telles que des femmes mariées ou de braves mères de famille qui tiennent la syphilis de leurs maris. Eh bien, je vous !e demande, messieurs, combien doit être pénible, même injuriimse pour ces dernières, la déclaration ou renonciation publique d'une maladie qu*elles considèrent comme honteuse, infamante!
JinsJsLe, cl, à L*appui de ce qui précède, je demande à produire les deux témoignages suivants :
1. — Il esL absolument commun que des malades, après avoir subi une ou plusieurs fois Té preuve que je viens de dire, ne reviennent plus à nos consultations, puis y soient ramenés forcément, quelques mois ou quelques années plus lard, par une manifestation nouvelle plus ou moins sérieuse, telle, par exemple, ^ju'un accident tertiaire, Etalors, quand nous leur faisons reproche de ne plus s'être traités et de ne pas être revenus h notre hôpital, savez-vous ce qu*ils nous répondent? Invariablement ceci : i« Oh ! docteur, vraiment c'était trop pénible. Une consultation ici, pour la maladie que j'ai, ^^fffîft/ ioiil le mondcy devant tant de monde, c'était pour moi une humiliation, un supplice, que je n'ai plus eu le courage de subir. "
IL — Second fait, plus démonstratif encore. 11 m'arrive bien une ou deux fois par mois, si ce n*est plus, de recevoir dans mon cabinet la visite d'un client (homme ou femme, pour un nombre à peu près égal) qui m'aborde ainsi : <i Sans doute, monsieur le docteur, voos ne me reconnaissez pas ; mais c*est moi qui suis a! lé tel jour vous voir â HiOpital pour une mauvaise maladie que j'ai eu le malheur de contracter. Vous m'aviez dît de revenir pour la suite de mon traite ment. Mais c'est si affreux, si pénible, si humiliant, cette consuUation devant iout !e monde que j'ai préféré faire un ^arrifice cl venir vous consulter chez vous, bien que je ne sois guère en mesure de rémunérer vos soins comme je voudrais le faire. »> — Cela, je pense, est signiticatif*
CONSULTATIONS HOSPITALIEIIBS» — ENCOMBHEMENT* 341
Ainsi, noLori:^ et retenoiis bien ce fail : Nombre de malades syiîhililiqiies, qui auraient grand beî^oin de revenir et de revenir maintes fois à nos consulta lions hospilaUères, ny revieimeni pan, cl cela en raison même diicanictôre public de ces consultations*
Conséquence: ces malades ne se trailenl pas.
Conséquence de la cons/'qucnce : ils confie rvenl une syphilis non gu*^ne avec tous le^. daufferï^i qu'une syphilis île cet ordre comporte pour eii.V'mémvs et pottr fiulrtii. Pour autrui, en raison des ricochets possibles, et m t'ornes certains, de cette syphilis non traitée snr la Ta mille» les enfants, la sociétt^, N*oublions pas ce dernier point, puisque nous parlons prophylaxie >
Conclusion : Les consultât ions publîcrues sur ta syphilis, telles qu'elles fonctionnent actueLlement dans nos hôpitaux, sont préjudiciables à tout le monde : aux malades, d'abord, en ce qu'elles les éloignent de nos hôpitaux; — et à la société, en ce que rejaillisseut sur elle les ricochets de syphilis non traitées.
Ces eonsultalions, je les dis odieuses dans leur forme actuelle, je les dis une honle, une Inhumauili^, un eonlre-sens prophylactique, un resle d'incivilisalion. Je les condamne donc ênerpfique nient. D'autant qu en vérilé il su (H rail d'un bien Caible efîorl, avec les éléments dont nous disposons, pour les rendre ce qu'elles devraient être, c*esl*à-dire humanilaires, bienfaisantes, favorables aux inlérêls de tous*
11 L — Un troisième ordre de griefs me reste h formuier contre non consullalions hospilalicres actuelles,
Ces consullalions pèflienti au moins poui' la plupart^ par le nomhve excesmf des l'onstfltuniti. Elles sont littéralement encombrées et tournent è la cohue- Ctoira-Uon qull y a quelquesannées encore nos çonsultalîons de Saint- Louis (lirtpital mixte, à la %'6nlé, où la f^yphilis s*associe à la dermatologie) se chilTrai<*nt par MOO et 4tM) malades ? La force des choses a fait que, successivemenL on nous a soulagés par TadjoncUon d'aides, dits asBislant^de consullalions^ puis par la créalion de consultations de Ta prés-midi et du dimanche, puis par la fondation de cliniques spéciales en divers hôpitaux, atc* Mais nous o*en restons pas moins avec des moyennes de ÛM à 250 consultants, ce qui est trop, beaucoup trop, ce qui est excessir i^t préjudiciable aux intérêts de tous.
En médecine comme en toutes choses, frop de bcKogne aboulit à besogne mal faite ou moins bien faite qu'elle ne devrait Tètre. Quand un médecin a institué une cinquantaine de diagnostics (sur des malailes pour la plupart inronnus, nouveaux) et une cinquantaine lie traitements^ il a fait ce t|u'il peut 6/V/i faire. Mettons qu'il puisse
arriver à la centaine, par enlratoement el dèyouemenl* Mais au delà ? Au delà, faligué, excède, énervé, fourbu, ce c'est plus forcénient le tni^me homme; ÎL p*a plus qu'une aspiration : en finiis Auî^si bien, la fin d'une telle consultation aboutit-elle le plus souvent è ^tre — je ne dirai certes pas sabrée et bâclée, — mais acUvée plus qu'il ne conviendrait, précipitée, et 1res inférieure comme rendement utile, j'en suis jïersuadé, k ses doux premiers tiers. Tant pis, alors, pour les derniers venus î
A parler net, une consultation encombrée en arrive presque nécessairemenl à devenir une consultation imparfaite, défectueuse, inférieure comme rendement utile fje reprends le moi à dessein) à ce qu'elle serait en des conditions dilTérentes :
De là, en ce qui coneerne notre sujet spécial, deux conséquences :
1" C'est, d'abord, que, si le traitement des acciticnis sfjphiUtiques est fait à nos cousultalions hospitalières d'une façon qui ne laisse rien à désirer, il n'en est pas de même pour le traitement de la sy phi lia. Et cela, pour une raison très simple que voici :
Voir et diagnostiquer des accidents de s}'philis et en instituer le traitement, cela va vite en général (réserve faite pour les cas difficiles qui ne sont que rexception), cela n exige qu*un temps assez courte en harmonie avec les exigences d'une consul ta lion encombrée où il fmjt ahîitlre de la besogne et brôïer le pavé.
Tandis que c'est une lout autre aïîaire s'it s'agit d*instituer un traitement de la syphilin. Soit, par exemple, le cas d*un malade qui, affecté de syphilis depuis deux ans et n'ayant plus rien de syphilitique actuellement, vient nous ilemander s'il doit encore se traiter et comment. Impossible de lui répondre sans reconstituer avec lui ioute Thistoire de sa maladie, sans remonter dans ses anlécédenls en vue d'établir quelle a été sa syphilis, quels accidents i! en a éprouvés, quels traitements il a laits, combien de Innips il sVst traité, etc, etc. Or, une telle revue rétrospective est toujours d'assez longue haleine, surtout si Tou a a (Taire (ce qui est le cas le plus usuel) à un sujet qui ne vous renseigne que d*une façon incertaine, incomplète, floue. Elle n'exigera guère moins de cinq h tiuit ou même peut-élre dix minutes, ce qui est énorme pour une consultation où les instants sont comptés, Que 8 h 10 malades de ce fleure se présentent dans la niènie séance, â eux seuls ils nous prendront une heure sur deux à trois qui doivent être réparties entre :200 consultants.
Aussi bien, ayons la probité de nous h* dire h nous-mt^mes et de le dire publiquement, le Iraitement delà syphilis n*est-il pas, dans nos consultations d'hôpital, ce qu'il devrait élre et ce qu'il serait si>rement si nous nous trouvions placés dans des conditions ditférentes.
CONSULTATIONS HOSPITALIERES. — ENCOMBREMENT.
â* Etdeméme au point de vue prophylactique^ quinous intéresse pour rinstani d'une ra<;on spéciale, Est-ce qnik ce point de vue nos consuUalions dVbt^pilal sont ce qu'elles devraient être? Je nliésile pas encore ici à nous accuser nous-m&mes, non plus qu'à nous excuser d'ailleurs, et toujours pour les deux mêmes raisons: surcharge de besogne et manque de temps.
Mettons-nous en présence de notre conscience, et répondons, je vous en prie, k la question suivante :
Ouï ou non, prenons-nous toujours soin, ^ rhôpital, dVxposer et d*enumérer h nos malades syphilitiques tous les dangers possibles de leur état de syphilis par rapport à autrui ?
Certainement non, répondrai-je le premier en ce qui me concerne, cerlainemenl non, tout au moins pour la grande majorité des cas; — et cela, parce que ce seul exposé exigerait une pelHe conférence de ijuelques minutes et que cette conférence serait à reproduire quinze à vingt foLs par heure, l^resque loujours, nous nous bornons, après les avoir examinés, à leur remettre une ordonnance, en ajoutant : «' Faites cela. Revenez nous voir dans huit ou quinze jours, et surtout soyez sage d*ici-hL m Bien de ptus. — Qui niera que les choses se passent ainsi neuf fois sur drx?
Aussi bien, voyez les conséquences qui jugent le système. Ces
consétpiences, ce sont des coniaminaliortH transmises par les malades, et la responsubilîié de ces contaniinations impuiée par le fiifiîafle au médecin. A preuve les quelques cas suivanls, que, je vous le jure, je copie sur nature*
Un jeune homme nous amène sa maîtresse qu'il vient de contagionncr à la lèvre, et cela bien sûrement de par des érosions secondaires qu'il présente encore h la langue. Il a eu la syphilis, nous dit-il, il y a deux à trois ans, et, jusqu'alors il s'est fait traiter k la consultation d'un hôpital voisin de sa demeure. Là, on lui a cautérisé plusieurs fois des érosions de la bon elle, mais jamais, ajoute-t-il, on ne lui a dit que ces érosions devaient lui interdire d embrasser sa maftresse, — Donc, précise-t-il non moins formellement, si j*ai transmis la contagion à ma maîtresse, ce n'est pas ma faute, car je ne savais pas que je pouvais donner du mal; la faute en esl au médecin*
L'n jeune ménage vient nous présenter un petit enfant de quelques semaines criblé fie syphilides, athrepsiqtie, lamentable, vieillot et déjù prcs*pie nioritKuid. Le père avoue une syphilis datant de deux ans et quek|ues mois. Pourquoi donc, lui disons-nous, vous ôtes-vous marié si bM? — Mais, nous répond-il, à Tliôpital où je me suis fait traiter pendatd plus de six mois, personne ne m'a défendu de me marier. Si Ton m'avait dit qu'il pouvait y avoir danger k me marier, certes j*au rai s attendu. Ce qui m*arrive oujourdliuî, cesl bien de la faute (tu médecin.
Troisième exemple. Une nourrice est contagionnée au sein par na rnFanl ^yphililique* Le père de Tenfanl avoue une syphilis remontant à quatre ans environ. Comment clonc^ lui dison!?-nous. avez-vous eu rîmprudencej vous sachant syphilitique, de confier voire enfanL à une nourrice? — Mais, nous répond-il, h la consultation où je me mis fait longtemps traiter, jamais on ne ni*a prévenu du danger qu'un enfant issu de moi pouvail faire courir à une nourrice. Eët*ce que je pouvais deviner cela? On ne m en a rien dit ; donc ce qui arrive e&t de la faiiie du médecin.
Et ainsi de suite. Car je pourrais mulUplier ces exemples, non moins que les varier à rinliDi*
De là, conséquemmenl, ressort la série des vérités pratiques soï* vantes :
1' Il importe, il est d'intérêt général que les malades syphilitiques soient instruits des dang^ers multiples et variés que leur état de syphilis peut faire encourir à autrui, de façon â ce qu'eux-mêmes eu protègent autrui.
H* C'est au médecin qu Incombe le soin de faire l'éducation des malades relativement à ces dangers à ta fois multiples et variés»
t-e salutaire oHiee, que le médecin remplit dans sou cabinet au profit de ses clients, il faut qu'ille remplisse également à l'hôpital, au profit de sujets moins fortunés. Or, naturellement, il n'en a pas les moyens dans les consultations surchargées de nos hôpitaux, dans ces consultations oîi le temps h consacrer a chaque malade est réduit au miutnium possible par uneaffluence considérable.
Eu sorte qu'on pourrait poser ceci en axiome» au point de vue prophylactique qui nous intéresse aciuellcmenL :
Plus une consultation sera encombrée, moins bien elle ser* vira les intérêts généraux au point de vue de la prophylaxie.
Je viens de dire ce que sont les consultations hospitalières destinées au iraîteiuent des maladies sypliili tiques et d'en signaler les desideraia, les défauts.
Voyous maintenant ce qu'il faudrait qu'elles fussent pour répondre à ce que nous pourrions en espérer, et cela toujours au point de vue spécial qui nous préoccupe.
Labeur plus malaisé; car, ici comme ailleurs et comme toujours, si i* la critique est aisée^ l'art est difKcile >i. De ce qui précède, toutefois, il résulte en pleine évidence qu'un certain nombre de modifications, de réformes ou d Innovations s'imposent dans l'installation et le fonctionnement de ces consultations qui — ne Toublions pas et