‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 74 sur 123 · REFORMES. — INNOVATIONS · texte numérisé non relu

REFORMES. — INNOVATIONS

ne perdons jamais cr*la de vue — coiisUiuenl l^^lément princîpaU essenliel, du IrailemeuL de la syphilis, riiospitaîisalion n'étant réclamée que par un nombre relativemeni très restreint d'accidents sypliili tiques aigu*?, douloureux ou graves,

Kfi bien, voici, quanta moi , comment je comprendrais l'iostallalion et le fonclionnemenl de ces consultations hospilallères, véritables

DISPENSA Mi ES UE LA SYPHILIS,

K — Tout d'abord, ces consultations doivent être multiples. Cela en vue de remédier à ces imperfecïions, ces lacunes, ces défaillances du système acluel que j*ai relevées dans ce qui précède, et t|iii ont pour cause principale, sinon unique, rencombrement.

J Imagine que huit à dix de ces policliniques, annexées à nos ht'ipi* laux, suftiraient au but recherché; mais la fixation de ce nombre reste soumise à rexpériance,

M* — Ces policliniques doivent être disséminées, et dans la mesure du possible, régulièrement, syslématiquemenl disséminées, c est-à* dire réparties dans les divers quartiers de la capitale, de façon à éviter aux malades de longs déplacements et des pertes de temps préjudiciables.

Indépendamment des centres naturels (Saint-Louis, Ricord, Lourcine), elles pourraient éti-e rattachées à rHôtel-Dieu, h Beaujon, à Tenon, à Bichat, etc. Cela, d'ailleurs^ est afTaire, non de principe, mais d'expérience, et je ne pose ici que le principe.

IIK — Les consultations délivrées à ces policliniques auront lieu A JOURS ET 'Heures propices aux malades, c'est-à-dire :

r Les dimanches cl jours fériés, à 8 heures du matin; cela pour la raison que ces jours-là sont jours fie chômage, où la consultation ne coûtera rien aux malades et deviendra alors ce que nous voulons qu'elle soit, h savoir véritablement fjruiaiîe-

'!*" Pour la semaine, tous les jours dans les trois hôpitaux spéciaux, et ous les deux jours < ce qui sera sufQsant, je pense) dans les autres policliniques,

3" Un jour spécial sera partout réservé exclusivement aux fera mes.

1\\ — A pari le dimanche, ces consultations auront lieu le soi h, de sept h neuf heures.

Pourquoi le soir? — Toujours pour la même raison, c est-à-dire en vue qu'elles ne coûtent rien aux malades. Car, ici conime ailleurs, il faut toujours en revenir à cette cascade de vérités nafve.^^ qui ont été si longtemps méconnues, qui restent encore méconnues, et que je ne crains pas, vu Tintérèt qui s*y rattache, de répéter une dernière fois, à savoir :

PÏIOPIIVLAXIE l'An LE TRAITEMENT*

Que» pour faire quelque bien à la cause que nous avons en vue à savoir là diminiiUon de la syphilis, il faut» avanl tout, cherchera slériliser la syphilis, e'esUà*tiire à la rendre inolïensive pour aulrui;

Que, pour slériliscr la syphilis, il faut traiter et traiter longueineût les sujets sypliîli tiques;

Que, pour les traiter et les traiter longtemps, il convient de leur eu oiïrir les moyens, â savoir par des consultations gratuites, d'accès facile, et notamment (en ce qui nous int*''re5S(* pour Tinsiantï h heures propices, à ht^ures où ils puissent venir sans préjudice pour leurs occupations et leur Ijourse.

Or, nos consultations hospitalières, telles qu'elles existent aujourd'hui, répondent- elles à ee point spécial du programme? Aussi peti que possible, puisqu'elles se font partout dans la matinée, c*est* à-dire k Hieure où les gens qui ont besoin de tra- vailler pour vivre ne peuvent s'y rendre sans perdre (comme je Tai établi précédemment) tout ou partie de leur salaire quotidien.

Tandis que, îe soir, ces mêmes gens peuvenl y venir sans qu'il leur eu coûte rien, la journée de Touvrier ou du petit employé se trouvant généralement finie vers six ou sept heures de raprèsmidi.

Je crois donc que des consultations du soir seraient bienvenues du public. Cela, messieurs, n'est pas siMilement pour moi alTaire d'impression théorique. J'ai longtemps réOéchi ^ cette question, cl je me suis maintes fois renseigné à son sujet près des intéressés. Or, ceux-ci m'ont toujours répondu : <* Des consul latious le soir, monsieur le docteur, oh ! ce serait parfait pour moi. Le soir, j*ai tout mon temps pour venir ici, et j'y viendrai tant que vous le voudrez; tandis que le matin, impossil>Ie. Le matin, je suis a mon travail, îi nia place cjne je ne puis quitter, «

Ce n'est pas, cependant, que des objections multiples ne m*aient été adressées déjà relativement à ce que l'on considère comme une M innovation fantaisiste n. Ainsi l'on m'a dit de divers côtés : « Des consultations le soir 1 Idée Ijizarre, extraordinaire. Maïs vous n y aurez personne, à ces consultations du soir; ce n'est pas dans les usages; on ne vient pas le soir à rhôpilal *ï- - — Ou bien : u Alors, il vous faudra, pour ces consultations dusoir, une organisation spéciale, un service spécial comme médecins, comme élèves, comme infirmiers ou infirmières, comme pharmacien même, etc. >* — Ou bien encore: <i Mais le soir est une heure peu propice au diagnostic des lésions que vous aurcK h déterminer, telles ijuc chancre syphilitique, chancre simple, herpès, éruptions, lésions de la gorge, elc. »

Ces objections ne sont pas sans réponse. Ainsi :

Il est vrai que les consultations du soir ne sont pas t« dans les habitudes •>; mais peut-être bien ne sont-elles pas dans les habitudes

wm

Page 1