‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 76 sur 123 · ODIEUX SYSTEME DE LA CONSULTATION PAR FOURNÉES · texte numérisé non relu

ODIEUX SYSTEME DE LA CONSULTATION PAR FOURNÉES

J'arrive en un à cella des innovâlioni^ tjue je considère comme la plus souhaitable, la plus urgenlc entre toutes les réformes que je propose pour une réorganisation des consultations externes destinées au traitement des atlections syphilitiques ou vénériennes.

Pour bien me faire comprendre, je produirai immédiatement ce que j appellerai mon itlèai, mon répt.

Ce! idéal serait qu'uXE consultation uospitalikhe pour la syphilis

SE RAPPROCUAT LE PLUS POSSIBLE DE CK QU'ëST EN VILLE UNE CONSUL- TATION DE MÊME ORDME.

Je voudrais que l'ouvrier, le pelit employé, le prolétaire, venant réclamer gratuitement i\ l'hôpital un avis médical pour la syphilis, y frtt reçu, inlerrogé et examiné de la mÔme fat^on que l'est en ville, dans nos cabinets, le bourgeois aisé qui s*y présente avec un porte* monnaie bien garni*

Or, je vous le demande, dans Tétai actuel des choses, qu'est-ce qui ressemble le moins à une telle consultation de ville que nos consultations correspondantes à Thô pilai?

La consultation d hOpitat, je vous Tai décrite dans ce qui précède et n'ai plus h y revenir que pour la qualifier à nouveau d'exécrable, triiuraitianle, de morlifiante, d'odieuse en la forme: la consultation d'hùpilal, c*est la confession publique de la stfphilia, la confession coram populo.

La consultation de ville, c'est — ai-je besoin de le dire ? — le têteà-tête discret entre client et médecin.

Onel cooiraste 1

Je demande ce qu'il adviendrait s'il me prenait un beau jour ta fantaisie de procéder chez moi à une consultation comme j'y procède î"^ l'hôpital. Avec toute raison mes clients jugeraient que j'ai perdu la télé, et ce serait un sauve -qui -peut général. Or, ce que mes clients jugeraient insensé et intolérable, il faut que mes malades dUiôpital racceptent comme correct et le tolèrent. Cela pour la très simple raison que ce sont de pauvres diables qui nont pas largent nécessaire pour payer une consultation privée.

Kh bien, sans produire ici un ordn* d'arguments à T usage des tribuns de réunions publiques, je dirai tout simplement que nous ne sommes plus à Tépoque oit de pareilles inégalités sociales doivent subsister. Il faut que cela change ; il le faut, au nom de la raison et de rhumanité; il le faut même au nom do l'intérél général, comme je le prouveraîdans un instant.

l>ROI>HYLAJïIE l^AB LE TRAITEMENT.

Bref, pour préciser, je voudrais i\ii'^ riiôpital les malnfles fussent introduits un à un dans (a salle do considlaiions, et que la ils fussetiL inLerrogt*s el examinés isolémenl, à liuis dos, exaclemenl comme cela se passe en vill*% dans le cabinet de chacun tic nous. Ku un mol» ce que Je réclame pour le malade d 'hôpital, c'est la consulUition en iéie-ù-têie avec le médecin*

Quoi d'iuiposï^iljlc à cela? quoi d'irréalisable?

Une seule objeclion ma été parfois, voire souvent opposée par les «ombreuses personnes h qui j'ai communiqué ce projet de consultations particulières à rbôpilal. <* Recevoir les malades un à un, m*a-t-OD dit, substituer au vieux système d'examen des malades /?ar ftmrnées le système d'examen individuel, c'est presque impossible ; car cela occasionnerait bien des pertes de temps, cela allongerait considérablement, indéfiniment, la durée de séances déjè lîien longues. i> — Pas tant (jue vous le croyez, ré pondrai- je ; car raisonnons :

D'abord, ne perdons pas de vue que le nombre des malades, h chaque consultation, sera notablement diminué, puisqu en priucipe le nombre de ces consultations sera notablement augmenté.

En second lieu, le système nouveau n*est en rien fait pour augmenter, ne serai t-re que d'une seconde, ce qui constitue le fond raOme de la consultation, à savoir rinterrogatoire du malade* Texamen clinique et la formule *lu treitement,

La perte de temps ne pourra donc porter (pardon d'entrer dans ces détails techniques, mais ils sont nécessaires) que sur le déshaliillat/e des malades el leur rhuhillage, ce qui (nous en savons (juclque chose de par ce qui se passe dans nos cabinets) est souvent fort long, alors surtout qu'on a aHaire à des femmes. Maïs, notez que Ton peut obvier pour une Ijonne mesure à ce très réel inconvénient* Chaque malade, sans prendre sur le temps de la consultation, peu! fort bien se déshabiller à part, quand son tour est venu, comme ensuite se rhabiller a part. Cela est afl'aire d'aménagement, par annexion ii la salle de consuUalions d'une série de petites cabines ad hoc.

Installée de la sorte, la consultation particulière aboutirait» j*en suis certain, à fonctionner commodément et sans être très notablement plus longue que dans Todicux système des consultations par fournées,

D'ailleurs, ajouterai-je, ce dernier inconvénient subsisterait-il encore dans une certaine mesure, qu'il serait plus que largement compensé par les avantages considérables, énormes, de la consultation privée, avantages que je ne craindrai pas de rappeler encore une fois ici, en disant :

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