NOUVEAU SYSTÈME : CONSULTATION INDIVIDUELLE
V Avantage pour les malades qui, Lrouvant à l*hôpital des consultalions tl ordre commun, au Heu d'y trouver des confessionnaux publics pour la syphilis, c'esl-à-diredes consullalions désobligeanles, répugnantes, révoltantes, odieuses, ne cniîudrdicnipas d'y veniri non plus que d'y revenir, et trouveraient \i\ somme toute, pour leur plus grand bien, le moyen de guérir de leur syphilis, au lieu (résultat phîs que fréquent du sysLéme actuel) de rester sous le coup de syphilis non traitées, donc menaçantes pour Tavenir.
2" Avantage pour la sociêh\ qui échapperait aux dangers mullipies de syphilis insuflisammenl traitées, dangers de contagion pour ioul le monde, dangers pour la femme, les enfants^ les nourrices, les familles, etc.
De la sorte, donc, et grâce h cette réforme humanitaire, pourrait se réaliser une part de ce que j'ai appelé la prophtjlaxie par le frailemtnL
Car, en Tespèce (je ne cesserai de répéter et de ressasser cette vérité dont on ne Lient pas assez compte), Viniéréi général esl insépara hie de tintérêl indîvidaeL L*intérét général est que Tindividu se traileetse traiteà fond. Or, comment faire pour que rindividu,runité morbide, se traite de la sorte, si ce n'est en lui ofixant, en lui facilitant tous les moyens d aboutir à ce résultat^? Stériliser lasyphilis d*un malade, c'est servir au mieux, bien quindirectement, Tintérôt général. En fait de contagion syphilitique et de prophylaxie antisjphililique, la solidarité est générale.
Un dernier point mérite explication. On m'a dit: « Est-ce que, dans votre projet de consultations privées à ThApital, vous comptez exclure le public médical autre que celui du service? >i
Non, très certainement non, répond rai-je. Et non pour deux raisons que voici :
P Ost, d'abord, que Téducation médicale des élèves est une eanse sacrée, une cause, elle aussi, d'intérêt général. Restreindre tes centres oii le publie médical peut venir apprendre des maladies aussi communes et aussi importantes que les maladies vénériennes serait, à tous égards» une pure ineptie.
'i" C'est, en second lieu, que nos consultants ne sont en rien choqués, oilusqués par la présence d'un public médical à nos consultai ions< Cela, je raffirmc par une longue expérience des cliniques de ce genre et pour en avoir bien souvent causé avec mes malades. Que de fois n'ai-je pas entendu ces malades (hommes ou femmes) me dire: ^ Des médecins, oh i cela m est bien égal; ils ne me connaissent pas, et je ne les connais pas, C^ n est pas moi, d'ailleurs, i[u1ls regardent, c'est ma maladie. Et puis, eux, ils ne diront rien ! » Ce jpii leur déplaît, au contraire, ce qui leur est à charge, intolérable, c est le
public des consultants, c'est la foule, la grande foule, où peuvent se trouver des personnes de connaissance qui sauront leur maladie^ qt eu bavarderont, qui la divulgueront ; c'est jusque la curiosité me saine qu'ils voient ou qu*ils croient voir sur le visage des inconnue des îndifTt^rents.
Aus&i bien la présence du public médical est^elle absolument coi patible avec les consultations d'ordre privé que je réclame pour ne niabdes.
EnfiDi me voici en regard d'un dernier 'sujet qui, de tous ceux don
se compose le présent mémoire, sera cerles le plus discuté, le plm attaqué. Je m'attends aux objections diverses, voire peut-être au: désapprobations qu'il soulèvera.
Et cependant je Taborde avec confiance, soutenu par l'espoir qui rutilité pratique des innovations dont je vais parler s'imposera tôt oi; lard.
L — Comme base de toute l'argumentation qui va suivre, j rappellerai un point que je crois avoir établi dans ce qui précède, savoir :
Que le Irailemcnt delà i^rjphilis {de la syphilis maladie» et non des accidents syphilitiques passagers) uest pas réalisable pur ta cure d'hôpital; — qu'il est réalisable umquemenl pur le système des consni^ talions externes.
Cela posé comme point de départ, une question se présenti aussitôt : A qui seront confiées ces consultations externes dej hôpitaux, destinées au traitement de la syphilis (et, je puis ajouter des aiTections vénériennes en général) ?
Réponse, au nom de la plus stricte logique : Puisque ces con-* sulfations eîtternes sont œuvre majeure en l'espèce, puisqu elles sont la jiierre d'assise de l'édifice, elles ne peuvent être confiées forcé ment par Tadministration derAssistance publique qu'à ses /îrem/crj sujels, c'est-à-dire aux médecins qu*avec toute raison elle considè comme son corpj^ d'élite, ccst-à~dire i\ ses médecins titulaires.
Donc, c'est aux médecins tiluiaires des hôpitaux que reviendn l'office de diriger ces consullations externes, et cela, bien entendu, avec Tassistance d'un service qui, me sembïe-l-ÎI, pourrait être composé de la façon suivante: un assistant de consultation, destiné à remplacer le titulaire en cas d'absence, un chef de clinique, un interne, quelques externes, un infirmier, ime inlirmière, ctc.
Besoin est ici de préciser un poinl. — Les médecins à qui seront] confiées ces dites consultations seront chargés de ce seul service et] non de nimporte quel autre conjoiotement.
erëm Irai
PERSONNEL MÉDICAL BECRUTÉ PAR CONCt^UHS SPECIAUX. 355
Cela, pour deux raisons :
D'abord, parce que le service en question sera bien surflsanl pour que les médecins qui en seront chargés, s*ils s'en acqnîtlenl eu conscience (ce que je ne mets pas eu doute un sPuUnslant),y trouvent de quoi défrayer leur activité physique et scientifique, chacune de ces consulta lions leur imposant, d'une part, une bonne besogne matérielle à accomplir, et, d'aulre part, leur olTrant d*innombrabtes sujets d'études, propres à satisfaire leur curiosité de chercheurs et d'amis de la science* Car, soit dit au passage, que de richesscB, que de trésors scientifiques accumulés à nos consultations hospitalières î Ce qui, par parenthèse, fait toujours rétonnement et radmiration des médecins étrangers qui y assistent en visiteurs. Or, ces Irésoi's, force est bien d'avouer que nous en laissons perdre régulièrement les trois quarts, si ce n'est plus, et cela par impossibilité matérielle de les recueillir. Mais, avec moins d'encombrement, on pourrait les recueillir.
Seconde raison : Si les médecins en question étaient chargés d'autres services, il pourrait y avoir danger que la consultation fût subordonnée à ces autres services, voire sacrifiée peijl*étre, alors qu'elle doit être en principe et de fait, dans l'organisation que je rôve, un office de premier rang, exclusif de tout autre en conséquence*
IL — Je poursuis, — Quels seront les médecins préposés par rAssistancc publique aux consultalions hospitalières susdites ?
Dans mon programme, ce seraient des médecins faisant partie d'un personnel spécial ri'cruté par concours spéciaux, et ayant ses homologues, pour le dire par avance» dans le corps des accoucheurs ou des médecins aliénistes de l'Assistance publique-
Ce personnel, auquel incomberait Toffice du traitement des maladies vénériennes dans les hôpitaux de Paris^ se composerait, à trois degrés hiérarchit|ues :
1* De chefs de rljnîque;
2* D^assistants de consultation ;
3^ De médecins titulaires, jouissant du grade et de toutes les prérogatives des médecins des brtpitaux civils.
l.es chefs de clinique scmient exclusivement recrutés par concours spécial f et nommés pour trois ans.
Les assistants de ronsultalîon (ce nom désigne suffisamment les fonctions i[ui leur seraient dévolues) seraient recru téS| toujours par concours spécial, entre les chefs de clinique précités, et nommés pour six ans,
Enïiu, les médecins titulaires seraient choisis, toujours par voie de conoonrs spécial, entre les a^sislants de (consultation ayant accompli leurs six anuées de fonctions, et nommés à vie jusqu'à Fâge
356 rROPHYLAXÎE rAH LE TRAITEMENT,
réglementaire de la relraile. — Par rang de nominationf ils feraieni
choix, h leur gré, des services internes ou des services de consul-»
talions externes.
Voilà le programn[ie et tout le programme.
Or, HP voye2-vous [la? immt^dialement» me-ssieurs, quel avantage, et quel avantage eonsîiléraljle^ resi^orlirait pourJes malades et pour tout le monde de la réalisation dudit programme? ■
A savoir : constitution d'un corps médical composé, à tous les degrés de l'échelle, par des médecins experts en vénëréo logie, tous compétents, tous gens du mé(tet\ à savoir :
Le chef de clinique, déjà inilié à son art par k préparation d'un premier concours;
UAssistant de consultation, bénéficiant en plus de trois an» de stage dans les hôpitaux Sfjéciaux;
Et, enfin, le médecin titulaire devenu déjà un ma tire en l'espèce par un minium m de ueuF à dix années d'études spéciales, et ne pre^ nant possession d'un grand service de TAssislance publique qu'en pleine malurilé d'expérience spéciale.
A toul le moins, avec ce système, on n'a bon lirait pas au regrettable résultat du système qui nous régit aeluellement, résultat qui est d'improi*iser d'un jour à Taulre detn syphiligraphos, des vénéréologues, des dermalologistes. t*It, en eflet, avec la réglementation actuelle, comment devient^on médecin du Midi, de Lourcine, de Saint-Louis? Par voie d(^ rtnîlfmenf ^l par ordre d'ancienneté entre les divers médecins des hôpitaux. De sorte que d'un concours do médecine générale dérive le Litulariat dans les hôpitaux spéciaux, et cela sans transition, sans préparation, et cela après un long stage de huit à dix ans (si ce n'est plus parfois) dans les services généraux. De sorte — je précise — que, la veille du jour oii Ton arrive aua Midi ou à Saint-Louis, je suppose, on peut ne rien connaître à telle ou telle spécialité, tandis que le lendemain on se réveille spécialiste en tel ou tel genre, h' investiture fait toui, se charge et répond de tout*
De ce que vous étiez un excellent médecin pour te traitement d'une pleurésie on d'une (lèvre typhoïde, Tinvestilnre vous transforma d*unjour e\ l'autre en un médecin non moins compétent pour traiter des syphilis, des alTections vénériennes, des psoriasis ou des teignes, etc.
Je n'exaj^ère rien, croyez-le, messieurs. Car uombrc de mes collègues des hôpilaux spéciaux pourraient vous répéter ici ce^ qu'ils m'ont dit bien souvent-, à savoir, comme exemple : « Le jour où je suis arrivé au Midi comme chef de service, je ne m'étais jamais occupé de véneréologie « ; — ^ ou bien : « Le jour où j'ai pris