RÉFORMES ET INNOVATIONS DANS L ENSEIGNEMENT
de par leur négligence, leur insouciance, leur bôlise, leur incurie visft'Vis (J*ou3c*mî^nies el leur intlllîérence vis-à-vis d'autrui, elc.
MaiB, pour une part aus^si, trèscertaineraenl, — force est bien de le dire — la faute en incombe au médecin tan mc'decin qui, peut-Ôlrc, n*a pas accompli rinLégraliié de ses devoirs rclalivemenl aux notions de prophylaxie (|U*jI avait charge d'inculquer à sou client, et qui, peutêtre bien aussi, n*y a pas satisfait par iléfanl d\tne é dit cation spéciale suffisante.
Défaut d'une éducation spéciale suffisante, tel est, en efïx^t, un résultat {trop facilement constatable en maintes occasions) de Torganisation vicieuse de renseignement médical actuel. Hésultat déplorable, doublement déplorable au point *le vue l liera peu tique et au point de vue prophylactique. Et résultat, cependant, plusieurs fois signalé, notamment ici, à celle Iribnne, parle Rapport de la Commission académique de lî^87 sur la prophylaxie publique de la syphilis.
« ...Il faut en convenir, disais-je dans ce Rapport (où je n'étais que l'interprète de sentiments et de vœux longuement délibérés par cette Commission), ^lansTétat de choses actuel, la syphilis est peu connue en médecine. Elle n'est réellement connue que de ceux, en bien petit nombre, qui ont été a Hachés comme internes, comme externes^ ou comme stagiaires, aux quelques services spéciaux de la capitale ou des grandes villes de province. Combien d'étudiants achèvent leurs études el passent leur thèse sans avoir mis les pieds dans ces hôpitaux spéciaux autrement que pour une ou quelques visites de curiosité! Dans les examens de l*école, combien il est rare que les candidats soient interrogés sur la syphilis! On évite même cet ordre de queslions « spéciales %> pour ne pas embarrasser les élèves, voire les bons élèves, qui peuvent avoir fait des études consciencieuses dans les hôpitaux généraux sans avoir eu roccasion ou le loisir d*apprendre la syphilis.
V Conséquence : le plus grand nombre des étuiliants se lanrcnt dans la pratique en n'emportant des bancs de l'école qtie des connaissances superficielles, élémentaires, rudimentaires, sur les afîec lions vénériennes en général et la syphilis en particulier Et alors, conséquence de la conséquence, U^ erreurs p ai i nie ni en pratique. C'est là ce qui explique comment on a vu (et les exemples n'en seraient que trop faciles à citer) des médecins se méprendre sur le chancre^ le cou foudre avec ceci on cela ; — se méprendre sur la plaque muqueuse ou telle antre manifestation spécifique; — eonfler des enfants dûment syphilitiques à des nourrices saines ou inversement; — juger la syphilis guérie apW's quelques mois, voire quelques semaines de traitement; — accorder la liberté du mariage à des sujets syphilitiques non guéris; — d'oii ces faits si communs de femmes mariées infectées dans le mariage, de fausses couches niul-
^K raorvruuuE pak le TaumEirr.
lipki^ d'enfatits qtti ne iBaîs(§eiil que poor aoorir oa mfedrr km i¥NifTice§« etc.
« A coup sûr» êl U coQlrdrtîrUoQ q'^ pas à ciûidre sv ce point, quantité de e^ dépkirables erreurs auraiefit po itiie éTilées par une édoeaiiofi pins eoioplèle — disoiks mieux, moins radîmetitaire — ^ur rimporlanl^ mabdie qui eomporte à ta f(ri& el lant de dangvri indïmâmék et tant de eoesèqneiie^ sociales. •
Ao^j bien, dans cette eckiiTietion, rAcadémie aivit^le accepté ^ — el •ceepté à tunammiié^^eneskDmonÈiûiÊêdkfétoÊmmqmt loi âTait fwopùâéeB sa CommiâsîoOt comme pltts partienfièraDenl propres à fortifia les études médicales relativemenl au^ maladies véoorieones el à mlgamer les connaksaDces ^Tphillgraphiques indispensables aux praticiens ion en troarera réninD^raLiôn dans le Baiieim de t Académie de médtcinr, I8*i, L XIX. p. 474 .
J'ai plaisir à reeûnnattre que, «ur Tune des rér0nDe5 en qneslkin* pleine ^tisfacUan a été donnée à T Académie. Ainsi, actneLlemeDl, e'esi par voie de concours que se fait le recrutement de tout le personnel médical chargé du ImitemcDl des vénénennes à Saint- Lazare et de la surveillance des Glles inscrites an Dbpen^tre de salubril«' publique.
Fort bien ! Car voilà nn eitcetlent moyen pour indter d'une façon permancute l>on nombre de jeunes docteurs à Télude des affections vénériennes.
Mai<^, sur tous les autres points, qu'a-t*on fait ? ^ Bien.
Et que f^ni devenus les vœux de T Académie ? — Ils subsistent à Téta t de vcpux.
Ain*î, au nombre de ses ^ Résolutions concernant la prophylaïte publique di* la syphilis '% rAcadémie avait inscrit ceci, comme réforme à jutrodiiire dans ransoigneRieDl :
// e.f / désimhle quon €xi*je de (oui nâpirant au Doctorai^ avanî le dépôî de Mfi thèse^ an certifîcal de stage dans un service de rénériens ou de l'énértenneJf,
Or, ce il il stage est encore à Télat de projet. Mp BrouardeU il est vraif lors de la discussion à laquelle a donné lieu cet article, nous avait avertis que le projet en quesUon ne serait pas sans soulever diverses difficultés administratives. Soit î Mais ces difOcultés sonlcllcs donc de tel ordre que les choses aienl dû ne pas bouger d'un pas dcpui«^ onze ans?
D'autre part, on avait proposé, comme amendement,soîl « Tannexion au ciiMjuièmo examen d'une épreuve pratique sur les maladies cutarîr^cs el syphilitiques »n soit la création d'un examen supplémeotaire portant sur diverses spécialités (syphiligrapliie, ophlalmologiCf aliénation mentale, eic-)- — ïlien non plus n*a été fait de ce côté.
Et cependant, c est là le point le plus curieux, tout lo monde est
d'accord sur le principe. Tout le monde roconnatt qu'un des plus sûrs el des meilleurs raoycms de lu lier contre la syphilis et d*en diminuer la dissémination, c'est d*appreiidre aux jeunes générations médicales, mieux qu'on ne Fa fait jusqu'ici, à connaître cette grande maladie» à la traiter, à la guérir, à conjurer ses ricoeliets, etc. Tout le monde va répétant : *< Oui^ certainement, il faut faire autre ehosc que ce qu'on a fait jusqu'alors. ^* Et cependant rien ne bouge, el cependant nos procédés d'enseignement ne varient pas.
Au reste, mêmes doléances à [^étranger sur le môme sujet» Ainsi, à n'en citer qu'un seul exemple entre tant d'autres que j aurais à produire, M. le P'' Kaposi (de Vienne)» rapportenr au Congrès de Bruxelles de la question de savoir « (juelles mesures seraient à prendre pour lutter efficacement contre la propagation de la syphilis et des maladies vénériennes », s exprimait en les termes suivants :
« Quelles que soient les mesures que pourraient prendre les pouvoirs publics pour lutter contre la propagation de la syphilis, c'est toujours au corps médical que reviendra la plus grande part dans cette lutte.
« Il importe donc :
P Oue, dans toutes les FacuUt^s de médecine, on crée des clinî-
aes et des instituts de dermatologie, de sypliiligraphie et de véné* réologie ;
<t Et 2" que ces diverses branches des sciences spéciales soient matières obligatoires des examens, i^
El, malgré tout cela, conlraireraent aux aspirations de tous, contrairement au bon sens, contrairement à Tintérêt public, le stalu qu** persiste 1 Slaht quo doublement préjudiciable Je le répète une dernière fois; préjudiciable aux malades quant à leur traitement, préjudiciable à tous quant à la sauvegarde commune, k la prophylaxie générale.
Pourquoi Tau t*il donc que des réformes ou îles innovations déduites de revpérience et désirées de tous soient si lentes à trouver leur sanction ?
Je résumerai cette poignée de vérités en disant :
L — Au nom du bon sens et de Texpérience, les mesures administratives qui con»-tituentactuellcment notre unique sauvegarde contre
la syphiliset lesmaladies vénériennes sontd'une insuffisance absolue. Elles réalisent le peu de bien qu'il leur est permis de réaliser,' mais elles ne peuvent donner plus.
Les conserver est de prudente et sage politique. Mais il est urgent.
dans rintérét de Loiis» de chercher à mieuT faire. Or, il n'est pas don l eux que des éléments s**neux de prophylaxie pourraient èlre fournis par un ensemble de mesures d ordre médical ayant pour objectif laslériiisaUon de la syphilis qu^nt à ses dangers pour aulruû Ce serait \à, si on veut bien Tappeler ainsi ^ une prophylaxie par le traitement.
II. — Dans l'élat actuel des clioses, notre orgaaisa tien hospilalîere pour le traitement de la syphilis est-elle comprise et dirigée comme elle pourrait et devrait ï*élre pour répondre à cette in tenlion spéciale de prophylaxie ? Non, liien certainement non.
Car ce n'est pas avec des hôpitaux qu'on peut traiter et stériliser la syphilis, mais bleu avec un système fortement organisé de consultations externes.
Or. telles quVhes i'onctionnent actuellement^ nos consultations hospitalières pour la syphilis sont bien plutôt faites pour en détourner les malades que pour les y appeler et les y retenir ; et cela :
Parce que ces dites consultations sont m^w/J^sci/i/es comme nombre et conséquemnient encombrées à Texcès;
Parce qu*au lieu d'être ï^ratuites, elles sont (comme je Tai démontré) péf'uniairemeni onéreitses pour les malades ;
Parce que, sous leur forme actuelle » elles sont dépiaisfinhs, ilésobligeanie.'iy inconvenanles^ re.raloires^ odieuses de par la confession forcée ei piMifitte de ia syphiUs; elc*, etc,
lit. — Congu dans un tout autre esprit, le traitement prophylac* tique de la syphilis devrait avoir pour organes des DISPENSAIRBS rattachés à nos hôpitaux; — dispensaires mutiipies: — dispensaires méthodiffiwmerd répartis dans les divers quartiers de la capitale; — fonctionnant à jours st heures propices aux malades^ voïve peut-être le soir, si une expérience tentée en ce sens était bien accueillie du public parisien; -.-fonctionnant avec disirtimlion (jralnile de médiramenls ; — fonctionnant avec le système expéditif et indispensable des fiches individneilcs ; — olTrant à tout malade, au verso de chaque ordonnance, une iristruclion élémentaire propre è l'éclairer sur les dangers de la syphilis, non pas seulement pour lui-même, mais par rapport à autrui.
IV* — Et surtout, 11 faudrait qu â 1 intolérable système de la consultation publiiiue par fournées fût substituée ia con- Btiltatlon individuelle, privée, secrète. Je réclame donc énergiquement pour le consultant d'iiôpilat le privilège jusqu'alors accordé seulement au client de ville, à savoir le lêle-à-téle avec le médecin,
V. — Devenant le pivot du système que je propose, les consulta
lions externes consUtueraietiLun service eTclmifûù tout autre, conQé aux médecins Lîhilaires des hôpitaux.
Vï, — Il y aurait inlérôt général, comme aussi intérâl scientifique, à ce que le LraiLement de la syphilis et des maladies vénérien ces fût confie a im persoDDel de médecins cpiL à tous les degrés de 1 échelle hiérarchique, seraient recrutés par concours spéciaux, et que ce service médical eût son autonomie, à la façon de ceiui des accoucheurs des hôpitaux.
\'II. ^ Bref et pour tout résumer en un mot, il conviendrait que, dans celte organisation nouvelle, tout convergeât, tout fût aiguillé, comme ensemble et comme détails ^ vers cet objectif, \dL prophylaxie, et la prophylaxie dérivant de moyens, d* ordre médicuL
VllL — Knfin, tout le monde, sans exception, est d'accord pour souhaiter que renseignement vénéréologiquesoit fortifié d*une façon ou d'une autre. Il cotiviendrait donc que ces souhaits ne restassent pas indéliniment platoniques.
Messieurs, je viens d'abuser bien longuement de votre attention bienveillante*
Mon excuse sera près de vous la conviction qui m'anime. Celte conviction, queje dois k une longue expérience des sujets précités, cest qu*un bien réel résulterait des réformes ou innovations dont je vous ai entretenus et dont l'ensemble pourrait constituer un système prophylactique digne de prendre un jour le nom de prophylaxie par le traitement.
LE DANGER SOCIAL DE LA SYPHILIS (i)
La syphilis consUtue un danger social à quatre points de vue principaux.
Ello constitue un danger social '
P De par les dommages uulivïdiwls qu'elle inllige au malade;
2" De par Ie& dommages <'fj//(v7//j; qu'elle inflige à la famille;
3' De par les conséquences héréditaires qu'elle comporte^ nolamment de par TeHroyable mortalité dont elle menace les enfanls;
4* De par les dt'îgénéreseences, rabûtardissement qu'elle peut imprimer à Veapèee,
Chacune de ces proposi lions exige ses preuves, et ces preuves, les voici*