‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 84 sur 123 · IL — DANGKRS INTÉRESSANT LA FAMILLE · texte numérisé non relu

IL — DANGKRS INTÉRESSANT LA FAMILLE

Relativement h la famille^ le danger social de la syphilis réside en ces trois points:

1° Contaminalion delà femme;

'2** Désunion, voire dissolution du mariage;

3* Ruine matérielle de la famille par incapacité de son chef,

Eitaminons chacun de ces points.

L — Le premier péril importé dans le mariage par la syphilis du mari, c'est, tout naturellement, la contamination de la femme* D'où résulte, comme conséquence, ce doid>le fait, ù savoir : l* Que la femme devient exposée pour son cym[ïle à tous les risques

d/4 DANGER SOCIAL DE LA SVPUTLIS

individuels de la syphilis, risques identiques à ceux du raan et que je n'ai plus à décrire, puisqu'ils nous sonL connus par ce qui précède;

2^ Que les enfants destinés à naître de ce cotiplo infecté seront exposés ^1 la pire des hérédités, à savoir : Viiërédité mixte, laquelle est bien supérieure comme noclvilé h rhérédilé exclusive d'un des conjoints. On sail, en cJTel, par expérience que, des trois liérédilés qui menacent le fœtus (tiérédité palernelle, ht'^'iyité maternelle et hérédité mixle), cette dernière est de beaucoup la plus malfaisante et la plus meurtrière (1),

Or, — ^ question capitale en respèce, — la femme mariée est-elle souvent contaminée dans la mariage (eela, bien entendu, du chef de son conjoint, toutes contagions d'autre origine restant hors de cause)?

Eh bien î oui, certainement oui, il est absolument commun que la femme mariée, 1 h on net t; femme soil ronjiigftlemenl infectée de syphilis; — et cela de telle ou telle des trois faisons suivantes : soit que cette infection dérive d'une syphilis maritale antérieure au mariage (re qui esl le cas de beaucoup le plus fréquent); — soil qu'elle dérive d'une syphilis maritale coni ractée /pri.ç/ niiplias; — soit enfin qu*eUe procède d'un fœtus héréditairement infecté par le père.

Ce fait, ce triste faît^ je suis en mesure non pas seulement de Taffirmer de par mes souvenirs de praticien, mais dcn préciser la fréquence numériquement de par une enquête quej'ai înslituée à ce sujet et longtemps poursuivie. Cette enquête, que j'ai exposée jadis devant rAcadémie de médecine de Paris (2), le déjaut d*espace mlnterdit de la reproduire ici. Mais il me sera bien permis d*en énoncer sommairement les résultats, actuellemenl déduits de plus^ d'un millier d'observations. Ces résultais, les voici :

Dans la clientèle de ville, sur 1(K) femmes syphililiques (sexuellemenl ïntcctées, lout autre mode de contamination restant hors de cause), j'en ai trouvé l 81 appartenant à la catégorie des irrégiilières de tout ordre; — et 19 appartenant ('i la classe des femmes mariées (je précise : Ifi ayant rc^^u la sypliilis de leurs maris, dûment conslatés sypliilitiqnes par moi). — 19 sur 100, cela fait, en cliitTres rond^, I sur 5; — c'est-à-dire une femme conjugalement contaminée sur cinq!

A diverses reprises, depuis répoque où j'ai produit la statistique précitée, j'ai renouvelé celle enquête, et toujours pour alïoutir à des résultats à peu prés identiques (17 p. 100., 21 p, 100., 23 p, 100.). En

(1} Cest tû un point que Je crôla avoir ri^pur^u^iiient démontré dans mon lîvîie sur V hérédité s^fphiUiiq lie y^Pans, ltt9l). — V, p. S9 et suîv,

(2) Document ëiHlisHijue sur le^ Jo«r£?w de fa syphilis rfte- ia femme [Bulle lin de VAc&demic de médecine, 2b oclobre t887j. — Reproduit dans ce volume.

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