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Tota!.,. 209 ew
Ramenant c^^ chîlTres au pourcentage pour une plus facile com préhensiou, on aboutit à ceci :
Sur HH> hommes qui contractent la syphilis, il en est 8 qui la contractrni avant d^a voir vingt ans ;
Et, sur 100 rcmmes qui contractent la syphilis, il en est 20 qui la <^ntrdctent avant cetlL* vingtième année.
Ce dernier chiffre, en particulief, est aussi instructif que navrant Quoi! Sur lOi^ femmesH. il en est ^0 qui subissent la contagion fitvi/i/ ta vmfjltèm€ année, c'csi-à-dirc une Mit tin^ !
Oh ! alors, devant cette nouvelle constatation, je reprends plus que jamais ma réflexion et mon argumentation de tout à rheure
SE rnEND LA SYPHILISI
Commenl! c*esL à des sujets n'ayant pas vingt ans, c'est à des sujets de Hï, 18^ 17 ans, voire à des sujet!!^ de Ifi et 15 ans» que vous allez dire* ; Vous avez attrapé la syphilis. Eli bien i de quoi vous plaignezvous? l'renez-vous pn à vous-m(>me âc cette malechance, car vous aviez pouf vous proléger vnireûge^ ifofre raison ei uoire expérience, n L'expérience et la raison au prinlemps de la vie, dans ces primes années de jeunesse ! Pure dérision. Vraiment, ne serait-il pas plus conforme à la réiiUté des choses de constater qu'à cet âge la syphilis se prend le plus inconsciemment du monde, en pleine ignorance ou, tout au moins, sans la moindre préocctipalion du danger encouru? El, surtout, ne sera il* il pas plus charilable de s'elTorcer, par un moyen quelconque, à protéger ce^ tout jeunes êtres, presque ces enfants, pur rt^ifi même tiuils soni im^tpahieii de se prnlê(}er euxmêmes ^
A la vérité, on nous objecte ceci :
« Mais celle prolection que vous réclaraeï ii*ira pas aux gens
qu e vo u s \' o u f I ri ez e l q ti v n o u s v o u d rîo n s , co m m e vo u s , sa u \'cg n rd e r - H île n'ira [las nolamnu^ut h ces jeunes gens et à ces jeunes femmes dont vous venez de nous parler. Car» s'exerçant par Taction publique sur le seul milieu qu'elle pin*^se atteindre, h savoir sur les prostituées, elle ne profitera qu'au public peu intéressant des gens qui les frétiuentenl, c'est-à-dire à ta clientèle des maisons publiques, aux habitués des lupanars, h la lie et aux bns fonds de la société* "
Erreur, répond rai -je, grave erreur. Car loules les syphilis sont solidaires étiologiquenient ; elles se tiennent toutes par des hens de parenté, par un véritable réseau de communications el d'écli anges. C'est un axiome en matière de prophylaxie que la contagion vil de rîctfrhcts i[ui s'eulre-c roi sent d'un milieu social h un aulre milieu très di lièrent, il *^sl a!)solument commun que la syphilis rebondisse du bougé le plus misérable et le plus abject au foyer le plus riche ou le plus pur. De cela le hasard veut que j'aie par devers moi deux exemples si probants que je ne résiste pas au désir de les citer.
Un homme du rang le plus élevé dans 1 échelle sociale (il ne m'est pas permis de le désigner autrement) a re*2U la syphilis d'une superbe courtisane, aeirice à ses moments perdus, qui la tenait d*un gnreon Coiffeur, coifTeur, lui aussi, à ses moments perdus, mais exerçant en réalité la profession la plus inavouable*
Un de mes clients, homme sérieux el marié, h la suite dun dîner entre camarades de collège, va visiter « par curiosité » une maison publique lie Paris, célèbre è Tépoque par un genre spécial d'exîiibilions erotiques, La, nyanl (piel([ues verres de Champagne eti trop dans la léte, il se laisse tenter et contracte la syphilis, qu'il communique bientôt ù sa femme, laquelle la transmet h son tout jeune enfant i^u'elle nourrissaîL
jyU DANGËB SOCIAL DE LA SYPHILIS.
Et c^esl ainsi que» Lien souvent, la syphilis passe du grabat ou palais, du lupanar înfàme à Talcôve de ThonûLHe femme, voire au berceau de lenfant.
En sorte, comme conclu siou, qu'il n'est pas de foyer Indifférent de sypMIis au point de vue de la propliylaxie. Là où Ton peut atteindre la syphilis, il laul la Irapper, el cela pour le plus grand bien de tous. Assainir le Itipamtr ne^t pas senkmeni pmïéger ceux qui le fréquentent, t^'est aussi praiéger du même coup le foyer conjugal, t honnête femme, l'en fa ni el la race.
VU
Je me résumerai en disant:
La syphilis est un fléau social en rai*;on des dangers multiples qu'elle comporte, dangers meuaranl à la Ibis elV individu, et la fa m die, et les enfants, el tnOnie les enfants de ces eiUVints.
11 nest pas d exagération à ajouter qu^elle constitue un facteur actif de dépopulation et qu'elle lèse ainsi les intérêts de la paLric.
Elle a accès dans Urus les milieux sociaux, voire jusque tlans les milieux les plus honnêtes, où Ton ne supposerait pas qu'elle pOt jamais pénétrer.
Avec l alcoolisme et la tuberculose, elle constitue ce qu'on a appelé la *< triade des pestes contemporaines ».
Eli bien, alors qu'il s"est organisé de nos jours contre la tuberculose et l alcoolisme deux croisade*^ qui seront un honneur pour notre siècle, il serait bien temps, en vérité, qu'une ligue de même ordre se eonsUtuât contre la syphilis. La société a bien le droit de s'armer en guerre contre une pareille ennemie et de la combaltre par tous les moyens dont elle dispose.
Je préciserai notamment ce dernier point par les quelques propositions suivantes :
L — La société trouve dans la multiplicilé et la baule gravité des dangers dont la menace la syphilis le dnut légitime — inconteslable à mes yeux — de se défendre contre elle par des mesures de prophylaxie publique.
H. — Or — proposîlion majeure, incontestée, mais incessamment méconnue — la syphilis ne menace pas seulement ceux qui s'y exposent; elle menace aussi, et cela pour un nombre considérable, infiDi, ceux qui ne s'y exposent pas.
Exemple : atout instant, on voit la syphilis d'un mari servir d'origine è la syphilis d'une femme et d'un ou de plusieurs enfants.
LA SOCIÉTÉ FRANÇAISK
l*nn|M[rLAXIE SAMlAlliK ET MORALE.
Le ^l mors 10*) 1 a Hv et rt^sterà pour moi une dalc lieureuï^c, h iiiarqijcr tVnn caillou blanr, puisqiril a ivali^r un vève *jije je caressais depuis longtemps, à savoir ta fonilulion, mxm ie nom de Sooéte (■'iUN<j,\ïsii DE rnoPHYx\KiE sanitaiue; et mohalë, d*urie ligiio conlre la syphilis.
Ce jour-là nous fûmes une eenlaine environ (reeriilés un peu dans Ions les mondes, dans le monde médirai pour b majorité, mais dussi, pour un certain nombre, dans le monde scienlifique, litléraire, judieiaire. adminislratir politique, arlisliqne, etc.) pour tenter lavenlure, (jui pouvait bien (certains nous le prédisaîenM ou ne réussir que médiocre me ni ou ne pas réussir du loul el tourner à notre confusion. La Société fuL donc déclarée consiituée, avec un règlement provisoire, un bureau provisoire, un président provisoire, Immédialemenl, elle lll appel au public, en le conviant à Tceuvre nouvelle et lui exposant comme il suit notre Imt et nos espérances.
Quel but se propose la Société nouvelle qui vient de se fonder sous le nom de Sociélé française de prophylaxie sanitaire el morale ?
Celui-ci, exclusivement : étudier les moyens — et les moyens de tout ordre —k mettre en œuvre pour diminuer dans la niesnre du possible la fréquence des affections vénériennes et de la syphilis en particulier.
Cette Société n*est donc, à vrai dire, qu'une Ligne contre ta sypfiîlis^ constituée sur le modèle de deux autres ligues qui militent aujourd1iui si vaillamment et au grand profit de tous contre raleoolisme et la tuberculose.
De nombreux motifs nous ont incités, puis décidés et presque contraints a fonder cette ligue. A savoir, comme exemples:
l" Fréquence des affections vénériennes, devenue eonsidérable
SON but; — SES ESPÉRANCES,
parmi oous; — à ce point que, d après diverses slalinUquos, on compterait, danîf^ la population masculine adulte de F^aris, de 13à 16 sujets sypIuUliquesp. 11K>; — à ce point que bien peu d'hommes ï^chappenl à la blennorrhagie et que la plupart en sont alTectés plusieurs fois.
"2° Dangers graves de ces deux maladies, el dangers relatifs non pas seulement à Fiiidividu, mais à la famille, à reniant, â l'espèce, à la nation ; — dangers que, de plus, la science n'a cessé de révéler plus multiples el plus redoutai îles qu*on ne le croyait autrefois. Car, pour la syphilis par exemple, le résultat des travaux de ces trente ou queraote dernières années a été de lui rattacher quantité de manifestations morbides dont personne jadis ne la jugeait coupable. Il n'est, à coup sûr, aucune maladie dont le domaine se soil plus accru par toute une série d'annexions, cl besoin estil de dire qu'avec chacune de ces annexions son pronostic est allé se modifiant, se chargeant et s'assombrissant ? — El de même pour la blennorrhagie, dont Texcessive gravi lé, en ce qui concerne la femme notamment, est restée si longtemps méconnue, jusqu'à n'avair été dévoilée que par les travaux contemporains.
3" Itnpuîssanee on lout au moins insuffisance empiriquement démontrée des méthodes prophylactiques en usage Jusqu'à» ce Jour* — Ainsi, voilà plus de qnalre siècles que le Mal français du moyen âge persiste parmi nous et déjoue tous les efforts qu'on a tentés contre lui. Donc, nécessité patente de faire appel à d*autres moyens pour la sauvegarde commune.
Pour préciser, la répression administrative de la prostilution, telle qu'elle a fonctionné jusqu'ici, et le traitement hospitalier de la syphilis, tel qu'il est organisé de nos jours, ne constituent que des digues insuffisantes à contenir le ftot toujours montant des cunlaininations ; ^ et^ conséquemment, il est devenu indispensable au salut public soit de réformer ou de perfectionner ces antiques moyens de prophylaxie, soit surtout d'en chercher de nouveaux et de meilleurs.
4*^ Enfin, Impossibilité d'accorder uu plus long crédit à rinitlative des pouvoirs publics relativement à des réformes devenues plus qu'urgentes.
Eu attendant tie haut ces réformes, c'est-à-dire en les attendant du Parlement et des Administra lions préfectorales ou hospitalières, nous n'avons fait qu'accumuler déceptions sur déceptions. Les pouvoirs publies semblent» nous ne voudrions pas dire indifl*éreuts à Tordre de questions qui nous occupe, mais étrangers aux inquiétudes qu éveille parmi nous, médecins, Tétat de choses déplorable auquel nous assistons. En tout cas, ils sont restés sourds à tous nos appels, sourds aux appels de nombre de tlommissions officielles ou non officielles qui ont élaboré depuis vingt ans nombre de ^i projets de réformes »», sourds aux appels de rAradémie de médecine et de la Conférence internationale de Bruxelles, etc*