SOCIÉTÉ DE PROPHYLAXIE SANITAIRE ET MORALE
Aussi bien, pour loules ces raisons, esl-il arrivé ceci, qu'tin groupe d*honinies ayant h cvpur de leiiler quelque clio*?e d'utile et quelque chose de nouveau en vue de la prophylaxie publique, a fini de guerre lasse par se dire : <t Puisque ce sérail un leurre de compter en respèce sur riniliative des pouvoirs publics, faisans appel aux initia lives privées. Héunissons-uous pour dif^cuter entre nous ce qu'il y aurait de mieux à lenler pour la sauvegarde des intérôts communs. Bien (f^videmmenL Topinion publique n'est pas éclairée sur les questions spéciales qui nous préoccupent ; eh bien^ il nous faut réclairer en créant fi leur sujet un centre d'études ai des foyers de propagande- Bien évidemment le Parlement n>st pas avec nous quant A présent; mais il viendra sûrement à nous (juand sa religion sera mieux édifiée sur les dangers du fléau qui nous menace et sur les bienfaits destinés à ressortir d'une prophylaxie publique sagement organisée.
— D^aiileurs, dans la masse des progrès dont nous rêvons la réalisation, il en est bien auxquels nous pouvons travailler par nousmêmes et de nos propres forces, — Bref, il est un gros elTort à tenter pour la sauvegarde de nos concitoyens et, plus encore, pour la protection des femmes, des enfants, des familles, de toutes les victimes intéressantes d'une maiadie qui frappe non pas seulement ceux qui s'y exposent, mais ceux qui ne s'y exposent pas. Cet etTort, tentons-le ! »
C'est de tels sentiments qu'est issue la Ligue contre la syphilis \ et déjà, pouvons- nous dire, justice commence à leur être rendue, puisque notre Société, qui ne comptait, il y a quelques semaines, qu'une poignée d'adhérents, en compte dès aujourd'hui — bien qu'inconnue encore et avant le secours de toute publicité — plus de deux cents.
Cette Société, maintenant qu elle est fondée, que va-t-elle faire*?
Par quels sujets inaugurera-t-elle ses travaux et par quels autres les poursuivra-t-elle? Cela, nous ne saurions le dire, pour la bonne raison qu elle a fait appel à toutes les initiatives et qu'il serait impossible de préjuger ce qui ressortira comme plan d'études d'initiatives multiples à compétences variées. Il n'importe du reste quant au fond, car notre Société a ce qu'on pourrait appeler son pra* gramme nécessaire^ comprenant une foule de questions — toutes intéressantes au j*remier ctief — relatives à la répression des afTec* Lions vénériennes et de leur grande pourvoyeuse» la prostitution.
Nul doute en conséquence que, dès l'abord comme ultérieurement, notre ordre du jour ne comporte l'étude des moyens de divers ordres qui peuvent concourir à la constitution d*une prophylaxie efficace;
— moyens qui, si multiples et si variés soient-ils, n'en aboutissent pas moins (sans parler de quelques-uns d*ordre accessoire ou
SON but; SES ESPERANCES.
indirect) à se répartir en trois groupes, de la
façon suivante :
Moyens d'ordre moral ou religieux ;
Moyens d'ordre administratif ;
Moyens d'ordre médical, constituant ce que j ai appelé la prophylaxie par le traitement.
Vaste sujet d*études, ou, disons mieux, sujet d'études considérable, énorme, inépuisable, bien digne de solliciter de généreux etlorls.
Au total, quelles sont les aspirations, les espérances, voire les ambitions de notre Ligue? Sommairement» le voici ;
Tout d'abord, réunir nn grand nombre, le plus grand nombre possible d'adliérents, qu'il s agira de recueillir non pas seulement dans le camp des médecins, mais parmi les hygiénistes, les jurisconsultes, les admînistraleiirSi les sociologues, les philosophes, les penseurs, tous les hommes enfin qu'inspire Tespril de progrès, de justice et de charité; — et cela en vue de bénéGcier de totifes les eompéiences pour TeKamen des multiples et complexes questions que la Société se propose d'envisager;
Présenter ainsi au public, sur ces diverses queslions, des solutions bien étudiées, approfondies, mûries, et surtout d'application pratique ;
Examiner à fond le rendement ulile des divers moyens qui peuvent être opposés à la dissémination des alTections vénériennes et aux progrès de la prostitution ; — rechercher si des moyens nouveaux ne peuvent être ajoutés ou subslitués à ceux qui constituent le bilan de notre prophylaxie actuelle, etc. ; — et constituer en ce sens des foyers d'études non moins que des eomités de propagande;
Initier le public, par des publicalions, des brocliures, des conférences, a ce qu'il a besoin de savoir relative meut aux dangers divers de la syphilis, ci relativement aussi aux modes multiples de contagion de la maladie, notamment à ses modes non rt^nértms de contagion, pour la plupart ignorés ;
Puis enfin, pour l'avenir et si cela nous est possible, passer des considérations théoriques aux démonstrations effectives, aux réalisations pratiques. Qui sait, en efTct, si notre Société, enrichie par des cotisations multiples, des donations ou des legs, ne sera pas un jour en mesure de payer d'exempli^ par quelque fondai ton mmièlt^ telle qu'un dispensaire médical répondant aux exigences d'une prophy* laxie efficace, ou bien une ceuvre cliaritable quelconque (feu vre de préservation pour les jeunes filles ou de relèvement pour les déchues, éeole professionnelle, etc.)? Qiiï sait si, un jour, il ne lui sera pas permis de faire en peiii ce qu'il conviendrait que l'Ktat et les Administrations fissent en grand pour combattre efficacement la syphilis? — " Bien grosse ambition de notre part •% dira-l-on, — Sans doute. Mais ambition à laquelle il ne nous est pas rigoureusement défendu