‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 89 sur 123 · SOCIÉTÉ DE PROPHYLAXIE SANITAIRE ET MORALE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DE PROPHYLAXIE SANITAIRE ET MORALE

d aspirer, si pou que le pubBc s'intéresse à noire o uvre et seconde nos etforls.

En tout cas, mi^me restreinte à de plus modestes destinées^ noire Société n*cn reste pas moins en face d*ini g^ros labeur, encombré dn dirUcnUés niullïple&. Mai*; il est vraiment impossible que d'un etTorl eollectif comme le nôtre ïïc dérivent pas finalement, ainsi que qous l'espérons, quelque** résultats utiles, charitables eL bons*

Certes*, nous ne comptons pas sur un succès immédiat. Nous nous attendons bien à ne pas forcer du coup toutes les convictions. Nous prévoyons m t^me que, sur quelques points de notre progra rame, nous ne serons pas sans nous heurter *i des résistances, à des oppositions et, probablement a Uî^si, sans essuyer quelques mécomptes, qm^lques revers. Mais nous persévérerons, certains que nous sommes d'être engagés sur une bonne voie, el d'autres, d'ailleurs, persévéreront après nous, fidèles en cela les uns et les autres n ce! te belle pensée de Pasieur, qui était non seulement un grand génie, mais encore un grand cœur : « En faitdcbien à répandre, le devoir ne cesse que là où manque \e pouvoir de faire plus et mieux. »»

Simultanément, le comité de direction des Iravaux mettait h rétude»pour être discutées en séance, les quatre questions suivantes :

I. — I>oit-on,ou non, dans les centres scolaires, éclairer les élèves des classes supérieures sur les dangersdesafTections vénériennes; — el, si oui, dans quelle mesure et comment?

IL — Doit-on, on non, dans Tarméeet la marine, éclairer les soldats sur les dangers des aiTections vénériennes ; — et, si oui» quelles mesures prendre en ce sens?

IlL — Doit-on, ou non, éclairer les jeunes gens de la classe ouvrière sur les dangers des affections vénériennes ; — et, si oui, dans quelle mesure et par quels moyens ?

I\\ — Y a-t-il lieu *ie rréer une responsabilité pénale eu matière de transmission delà syphilis et des aiïectîons vénériennes?

Eh bien, je ne le dis pas sans orgueil, notre tentative réussit. Le public vint à nous. Nos séan^^es furent suivies avec intérêt, Déei-

LIGUE CONTRE LA SYPHILIS (i)

Ce sera certes une noie dislincUve pour notre époquei et ce sera même un honneur pour elle d'avoir enlrepris ce qu'on n'avait pas tenté de faire josqu*ici, à savoir d'attaquer résolument deux des grands 11 eaux qui décImeDl Thunianité et d^avoir réuni contre eux lelTort collectif d'un groupe de combattants. Je veux parler des ligues qui se sont fondées ces dernières années contre Talcoolisrae et contre la tuberculose^ et que vous connaissez trop bien pour qu© j'aie à faire autre chose que d'en produire ici le nom*

Or, il u*est pas que ces deux Héaux qui désolent les sociétés modernes. Il en est un troisième, non moins pernicieux; et celui-ei, vous le connaissez également et de reste ; c'est la syphilis, ou, pour mieux dire, c'est la syphilis tlanquée de la blennorrhagie, dont le véritable pronostic n'a été révélé que par les travaux de l'époque contemporaine, dont la gravité vraie n'est connue, pourrais-je dire, que depuis hier.

Aussi bien devait-ÎI venir un jour ou un eJTort de même ordre serait tenté contre cette troisième peste moderne, la syphilis, un jour où Ton se déciderait enGn — et vraiment ce n*est pas trop tôt — à s'armer en guerre contre elle, â sortir de la résignation passive d'autrefois et à se dire : u En voilà assez \ Il faut nous elTorccrde nous défendre mieux qu'on ne s'est défendu jusqu'à présent contra un ennemi terrible qui fait tant et tant de victimes parmi nous, et cela dans toutes les classes de la société et h tous les âges de la vie. Nou^ avons la dure expérience que les vieilles méthodes, qui étaient censées nous proléger, restent impuissantes ou insuffisantes h cet égard, puisque voilà plus de quatre siècles que subsiste le Mal français du moyen âge et qu'il a résisté à tous les etTorts qu ont tentés conlrc lui les générations précédentes. Essayons enfin d'autres moyens! Au lieu de nous confier à la seule Imaginative de nos gouvernants et de nos administrations, faisons appel aux initi^ilives privées, et groupons ces initiatives en une li^ue. Etudions, discutons par nous-mêmes les graves questions de prophylaxie ou tant d'intérêts divers se trouvent en jeu et faisons de par nous-mêmes la guerre au fléau. »

(1) Levûn profeEisée â rii6j>ÎUd Saint- Louis, tSOf .

SES RAISONS d'être*

Eh bien» ce jour n'est plus à venir, il est venu* Car, H y a trois semaines h peine, une centaine trhomrnes ^ippartenant non pas seulement à la profession mi'*ciicalc% mais aux mondes scientifique, ittéraire, administratif, ind(^^pendant, libéral, artistique, etc., ont constitué une association, une œuvre qui, sous le nom de Soc télé de prophylaxie sam faire el morale^ est une véritable Ligue conire la st/phiiis.

Aussi bien ne puis-je résister au désir de %'ous parler aujourd'hui de celte œuvre nouvelle, pour vous dire en quelques mots de quels sentiments elle est sortie, quel est l'objectif qu'elle a en vue, ce à quoi elle répond, quelles sont ses aspirations, ses espérances, bref ce qu'elle se propose comme programme d'études et peut-élre aussi comme réalisations pratiques.

Tout d*aLord, quelle est la raison d*êlre de cette œuvre, de celle

Ligue? Et quels motifs nous ont invîlrs, puis décidés, presque contraints à la constituer ?

Ces motifs sont multiples, et je n'abuserai pas de votre temps en les citant tous ici. Mais il en est trois principaux, trois majeurs pour le moins, que je vous signalerai, à savoir :

1" La fréquence considérable de la syphilis dans les sociétés modernes cl dans toutes les classes, depuis les plus basses jusqu'aux plus élevées;

2" Les dangers de la syptiili!?, dangers apparaissant ctiaque jour à la fois comme plus nombreux cl plus graves avec Ieî5 progrès de la science, jusqu'à élever celle redoulalvle infection au rang d*une véritable en la mi té sociale;

3" La démonstration empiriquement acquise de l'impuissance, tout au moins de rinsurBsance des moyens propliy lac tiques actuels pour endiguer el enrayer le fléau, étant données, vis*îVvis de lui, 11 m mobilité, la torpeur^ j'allais dire la léthargie des pouvoirs^ publics, auxquels est confié le soin de nous proléger*

Quelques mois de jnslillcation à l*appui de ce qui précède*

1* — En ce qui concerne la fretfaence de la syphilis, je n'aborderai pas te point de savoir si celle infection s'accroît numériquement parmi nous* ,îc suis persuatlé qu elle augmente, qu elle compte aujounlliui (ilusde vitlimes qu'il y a vingt, Irenlc ou quarante ans, et nombre de mes collègues des plus autorisés le croient avec moi. Mais il me serait impossible, el je pense qu'il ne serait possible à personne d'établir cette preuve par une stalistit|ue probante, les points de repère nous faisant défaut comme bases d'un parallèle.

En tout cas, ce qui reste au-dessus de toute contestation » c*est la

LÏGUE CONTRE LA SyPIlILlS.

fréquence coosldérable de la syphilis parmi nous. La démonstralion n'csl plus à faire en lespècp. Un de nos distingués collègues de& hôpitaux, M. le docteur P, Le \oir, qui a t^ludié celle question de fréquence pendant neuf ans, déclarait à la Conft^rence interna lîonale de Bruxelles que m dans la populalion masculine adulte il«^ Paris, ta proportioa des sujets syphilitiques avérés ne serait pas inférieure à 13 p. 100, el, vraisemblablement, atteindrail 15 p, 100 ». Pour la partie indigente de la population, ajoutail-iU cette proportion s élèverait m^^me à 16 p. 100. On compterait donc à Paris, approximativement» rien que sur les adultes du sexe masculin , 125.000 syphilitiques. Je suis loin, pour ma pari, de croire ces chiffres exagérés; car, pour avoir étudié dans les hôpitaux ^k>« ^péviattx cette même question du pourcentage des sujets syphilitiques, je suis arrivé à des résultats à peu près analogues (de 11, 12, 13 à 17 ou 18 p. 100, suivant les statistiques]. Le chilTre 13 est celui que, pour ma part, je croirais le plus voisin de la vérité.

Or, environ 13 syphilitiques sur 100 adultes (hommes), n'est-ce pas énorme, n'est-ce pas navrant!

IL — Faut-il démontrer les dangers de la syphilis ?("ertes, de tout temps la syphilis a été considérée comme grave. Mais combien plus grave doit-elle nous apparaître aujourd'hui, alors que le résultat des travaux scientifiques qui se sont produits depuis trente ou quarante ans a été de lui rattacher quantité de manilcstations dont personne autrerois ne la jugeait coupable! Sans exagération, on peut (lire qu'il n'est pas tte maladie dont le domaine se soit plus accru par une série (Vannectionn, Comparcïî simplement, pour vous en convaincre, la table des matières dun tniiléde syphiligraphie de 1850 (tel que celui de Melchior Robert ou celui de Vidal (de Cassis), qui, je m'en souviens, étaient les deux classi(]ues du jour» alors que j'étais étudiant) à celle d'un traité contemporain, Quelle diiïérence de l'un à Vautre île ces ouvrages ! Ce serait à croire qu'il ne s'agit plus de la tudme maladie dans le vieux et dans le jeune, tant abonde dans le jeune une foule de chapitres inabordés dans le vieux»

Syphilis cérébrale; — syphilis médullaire; — syphilis du fond de rœil; — syphilis laryngée: — syphilis pulmonaire; — syphilis car* diaque; — syphilis artérielle; ^ syphilis hépatique; — syphUis rénale; — syphilis gastro-inleslinale et rectale, etc., etc. ; — voilà autant de sujets qui, à peine indiqués ou mt^me absolument passés sous silence dans les traités de ïH'fiK "Composent la plus large part des trailés actuels. — Or, est-il besoin de dire, comme consé(|uence, qu^avec chacune de ces annexions nniivelles le pronostic de la syphilis est allé se niodifîanl, se chargeant et s'assombrissant ?

De même, eonnaissait-on autre loi s le bilan épouvantable de

SES BAISONS d'être.

rhérédité syphilitique ? Se rendait-on compte nolamment de Tincroyable morlalité des enfants issus d'ascendanls syphilitiques ? Qui croyait il y a vingt-cinq ans^ quinze ans niî^me, i\ la syphilis îiéré* djtaire hirdîve^

El ce n'est pas tout, certes. Car au pronostic de la syphilis proprement dite est venu s'adjoindre récemment celui de la parasyphllis Je m'explique.

U est devenu certain de fratche dale, el il est accepté généralement aujourd'hui, que quelques alTecUons qui sévissent avec une très notable Créquence sur les sujets syphilitiques *^ont les conséquences de la syphilis, sans être syphilitiques autrement que d*origine, et c'est h elles qu'on a donné le nom de parasyphililiques. Or, ces aiïeclions parasyphilitiques, au moins pour la plupart, apportent au pronostic propre de la syphilis un très lourd et redoutable appoint, et cela pour trois raisons ;

De par leur gravité propre ;

De par leur grande fréquence;

De par la faillite ou la quasi faillite du traitement antisyphilitique via-à-vis d'elles, j'entends de par ce fait qu*elles ne sont pas înHuencées curativement par le mercure et l'iodur© de potassium h la fa^jon des affections syphilitiques vraies.

Fa ut -il, comtne exemples, vous citer les trois types principaux rie la parasyphilis?

Ces trois types sont le tabès, la paralysie générale et la leucoplasie buccale — avec sa conséquence si habituelle, le cancer de la langue, — toutes atîeclions inrnrahies par excellence, toutes affections h pronostic inexorable 1

En sorte que I annexion de la parasyphilis à la syphilis a chargé cette dernière de nouvelles et écrasantes responsabilités. Si bien, en somme, que la syphilis, telle qu il nous faut Tenvisager actuellement, est très différente, au point tle vue pronostique du moins, de la syphilis telle (jue pouvaient la considérer noî^ pères el telle ([ue nous la connaissions encore il y a vingt ans. On pourrait dire sans exagération que Ifi stiphtfi:^, pour noufi mijùitrdliui^ est dix fois pim grave qu'elle ne f élu ii pour non pré de ces Ae urs.

Deux exemples ou plutôt deux considéra lions achèveront de vous convaincre :

1** Il y a trente ou quarante ans, on pouvait croire et Ton croyait en a%'oir fini avec la sypliilis au prix d'un traitement de quelques mois, H Six mois tle Iraitement mercuriel, disail-on, suivis de Irois mois de cure iodurée, voila de fjuoi guérir la vérole, n Eh bien, quel est le médecin de nos jours qui se satisferait pour ses malades d*un traitement ausj^i écourté ? On en est aujourd'hui aux IraîtemenLs de plusieurs années; on veut des traitements chroniques. Pas de dépu-

406 LIGUE CONTRE LA SYPHILIS

ration réelle» dit-on, sans une cure longuement et très longuement poursuivie.

2' 11 y a Irenle ou qnâranli^ uns, ou laissait sans crainte un syphiJi* tique se marier ajin>s ncul\ tlix^ quinze mois consacrés à un traitenient niercuriel etioJuré, li'auLant [)lus que les^ aecîdents si'condaires ivLaienl alors cun^^^idi'ri'^s comme non conlagieii%. Aujourd'hui^ on ne permet le mariage aux syplulitiqurs qu'après piu&iears annéeB de traitement.

Lorsqu'eiî tH80, duiis la (jremicrc i*dilion de mon livre sur ^* La sypliiliR et le mariage -s je réclamais de lout malade syphilitique un stage lhérapeutii|ue minimum dr trois ans avant qu'il eiU le droit de songer au mariage, on se récria et Ton me dit : i^ Troii^ ans avant de songer au mariage 1 Mais c'est excessif, exorbitant, inutile, elc.,etc, », Oî\ qih' vois-je aujonrd'luii '? Noiribn* de mes collègues, devenus bien plus exigeants^ quo moi, n'acquiescent pas au mariage de leurs clietits avant quatre, cinq et six années de traitement l

yu*esi-ce que cela veut dire? Cela veut dire qu'avec rexpérience des efïoscs et pour les diverses raisons que j'ennmérais préeédem nient, on a jugé le pronostic de la maladie de plus en plus sérieux, puisqu'on a cru prudeni de la traiter de plus en plus longuement et d exiger des malades* avant de h^ir acrorder l'admissibilité au mariage, un stage de dépuration de plus en plus prolongé.

III. — In trnisiéuir motif, enlin, nous a décidés à ne plus retarder davaiitagf la foudaliun dv nrdre ligue^ à savoir : rinsuîCsance des moyens proptiylactiques actuels.

C'e.st que vraimerrl, aprrs laid et tant de déceptions *jue nous avons subies, ce serai* un leurre d'attendre plus longleujps des pouvoirs publics une initiative dans le sens tiv. rélormes, d'améliorations, d'innovations à introduire dans le régime prophylaelicpie actuel.

Les pouvoirs patilics et adrninislralifs sendileid, je ne voudrais pas dire indilTéretjls à l'ordre de qu*^stions qui nous occupent, mais étrangers aux inquiétudes qu'éveille parnd nous, en ce qui concerna ces questions, l<* dé[»lorable spectacle aur[uel nous tissistons, nous médee i n s . E t e n v oi e i 1 a p rc u v e ; o u j [i o u r mieux d i re , en voici plusieurs preuves.

En IB87, FAcailémie de médecine s*émut de cet état tle choses et nomma une (.Commission chargée de lui présenter un rapport sur ce qu'il y aurait à taire en vue de diminuer la fréquence de la syphilis et des maladies vénériennes. La (.iOmniis?iionsé nrit i\ iVeuvre, et, longuement, laborieusem«-nt, [irépara ledit rapport. L Académie, à son tour, discuta la question plusieurs mois et huit [Kir se mettre d^accord à fananimilé sur un ensemble de w résolutions touchant la prophylaxie publique de la syphilis », Puis, ce projet fui envoyé à qui de droit, c'est-à-dire aux autorités ministérielles* Or, qu est-il advenu de ce

SON objectif; — SES ESPÉRANCES. 409

projet? Voilà treize ans qu'il dort, dans les cartons d'un ministère, dlui paisible sommeil que personne n'a jamais soiig*^ à intf*rroinpre et qui sera très vraisemblablement pour lui le sommeil de réternilél

De mûme que rAcadémie, la Gonrérence intenialionale de Bruxelles « e&Limant qu'une connaissance approfondie de la vcnéréologie cons* litne un des moyens les plus sérieux pour combatti^e efficacement la propaî<alioïi des maladies vénériennes », avait réclamé des pouvoirs publics diverses réformes ou innova tioDs dans cet enseignement spécial (ouverture de nouveaux services, création de chaires nouvelles dans toutes les Facullés, examens spéciaux^ slage obligatoire de quelques mois dans les hôpitaux spéciaux, etc., etc.). Or, qu'a-t-on fait, comme réponse a celte bien modeste requête qui, sans nuire à personne, était de nature à proliter h tout le monde? — Bien,

Parlerai-je de nombre de (lommissions qui, soit au Conseil municipal de Paris, soit aîlleui-s, ont également élaboré des ^^ projets »» sur ces mêmes matiî^res ? Qu est-il advenu de tous ces projets? — Toujours rien.

En liant lieu, c est-à-dire au Parlement, on n'est guère disposé h discuter et à légiférer sur tontes cïioses relatives à ce qui nous intéresse en lespèce. De cela j'ai eu maintes fois la preuve pour ma part, en causant avec des amis, députés ou sénateurs, dont j'appelais rattention sur ces questions, notamment sur la » loi de police sani^ taire » qu'avait énergiquement réclamée l'Académie en 1887, <* Sans doute, me répondaient-ils tous presque invariablement, vous avez raison vous avez cent fois raison. Vous avez même pour vous les meilleurs arfçumcnts du monde» auxquels nous ne conlre-disons pas. Mais ce» choses-ll* ne mms regardcrii pfw, elles regardent les admînislrâtions municipales, les maires, la police surtouL Tenez 1 adressez- vous dune à la police pour régler votre prophylaxie sanitaire comme vous Ten tendrez, c'est-à-dire au mieux des intérêts de tous* La pohce, elle, a <les règlements, elle est année pour cela, et c'est elle <[ui, mieux que nouî^, peul vous donner satisfaction. >

Vous allez médire que ceprruhinlj ces {lernîèrcs années, on a traité d e H ces eh oses m à I a C h a m b r*? h a u te , an S é n a t . (r es t v i-a i , m a is ij u i avait eu l'iniliative cl le pouvoir d'introduire la question h rordre du jour du Sénat? Un sénateur et, de plus, un curieux de ces matières, un convaincu, un apôtre, M. lîérenger. Il lui a fallu, certes, [course faire écouter, toute rautoritc de sa situation cl tout le respect dû à l'auteur île la plus belle et la plus charitable loi du siècle dernier, la loi dite Bérenger, loi du panlon généreux pour la première faute, Mais^ en fin de compte, qu'est-il advenu de la tentative?

Aussi bien, pour toutes ces raisons, les hommes qui ont h cœur de tenter quelque chose d'utile et quelque chose de nouveau jïour la prophylaxie ont-ils fini par se dire, de guerre lasse: *< Puisque

.ICL'E CONTRE LA SVPHIDS-

nous n'avons pas à compter sur les autorités, ne comptons que sur nous-mêmes et faisons appel à rinltiatlve privée. Réunîssons-nous, grou|>ons-nous, di^cutonB entre nous sur les réformes ou les innovalious susceptJLles de profiter à noire cause, qui est celle de Un* térét de tous*

u Bien évidemment lopinion publique n'est pas encore faite sur la question : eh bien, essayons de la faire en créa ut une agi ta lion sur ces matières d'ordre spécial, en constituant pour elles un foyer d'études cl un centre de propaf^ande.

*< Bien évidemment aussi, le Parlemenl n*est pas avec nous aujourd'hui, mais il viendra à nous quand sa religion sera mieux éclairée sur les dangers de la sy|jhilis et sur les bienfaits à allendre d*une prophylaxie publique sagement organisée.

» D ailleurs, dans la masse des progrèsà réaliser^ il en est auxquels nous pouvons travailler par nous-aiémes el de nos propres forces*

w Bref, il est un gros elTort à tenter pour la sauvegarde de nos concitoyens, et plus encore pour la protection des femmes, des familles et des enfants. Cet eirort, tentons-le î w

C*est de tels sentimenls qu'est issue la fondation de la Société nouvelle dont j'ai Thonneur de vous entretenir.

Cette Société, maînlcnant, laissez-moi vous en dire quelques mots.

Je ne vous parlerai certes ici ni de ses statuts [qui sonl simplement ceux do toute sociélé scientifique ou charilabln), ni de son organi* salion matï'*rielle et de son mode de fonctionnement. Cela ne %'ous inléresserail en rien.

Mais je vous parlerai de son objectif, de ses asj>irations. Je ses espérances, voire de ses ambitions.

Tout d'abord, quel est son but? Sou but, sommairemenl, est ceci :

l" De réunir un grand nombre de membres, composé non pas seulement de médecins, mais d'hygiénistes, de jurisconsultes, d*adminisl râleurs, de sociologues, de philosoplies, de penseurs, de lettrés, de tous hommes qu inspire Tesprit de progrès, de justice et decliarilé, de façon à pouvoir profiter de îoiiies tes compéiences pour examiner sous l ou tes leurs faces les graves et complexes questions qu elle se propose de met Ire i\ l'élude ;

2* De présenter ainsi au public^ sur ces diverses questions, des solulions bien étudiées, approfondies, milries, et surtout d 'a pplicaliOQ pratique;

3** De conquérir une puissance morale par laquelle elle puisse agir,

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