‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 9 sur 123 · CONCOURS SPÉCIAUX · texte numérisé non relu

CONCOURS SPÉCIAUX

Voyes: plutôt.

D'abord, le stage spécial que nous réclamons constituerait une garantie d'une certaine éducation spéciale. Certes on n'apprend pas la syphilis en trois mois; niais en trois mois on peut en apprendre assez pour en connaître les grandes lignes, les symptômes majeurs, ceux qui se présentent le plus souvent en pratique, pour en connaître le Iraitenient général, les dangers individuels ou héréditaires, les risques de contagion et de dissémination, etc. Et c'est là lessentiel en l'espèce. De sorte qu à nos yeux — et aux vôtres, nous l'espérons du moins — ce stage spécial serait pour les élèves, pour les malades et pour tout le monde, un temps bien employé, étant donnée la fréquence avec laquelle les alTectiotis syphilitiques se présentent et s'imposent au praticien,

V Soit ! dira-t'On peut-être ; rien de mieux en principe. Mais venez à la pratique. Aurez-vous les moyens d'organiser ce stage spécial? Aurez-vous des services en nombre suffisant pour que tous les étu^ diants — et ils sont nombreux à Paris — puissent y faire un séjour de trois mois sans encombrement et avec profit? y>

Oui, répondrons-nous, et de cela voici la preuve. Dès aujourd'hui nous disposons à Paris de 12 services spéciaux, où l'on rencontre surabondamment les divers types de syphilis, à savoir: 6 à Saint- Louis; 3 au Midi; 3 à Lourcine. De plus, à ces 12 services nous comptons bien en adjoindre 4 ou 5 autres que nous fournira Saint- Lazare (de ceci nous parlerons dans un instant). Total: 16 ou 17; mettons 16>

Eh bien, d'autre part, combien d'étudiants seraient astreints annuellement au stage en question? Autant, tout naturellement, qu*il y en a pour passer leur thèse, c'est-à-dire 450 en moyenne.

Or, le stage projeté n 'étant que de trois mois, un simple calcul montre que (même en réduisant Tannée scolaire à trois trimestres, en raison des vacances) l'inscription permanente de «^lï/* étudiants dans chacun des 16 services spéciaux réalise la solution du problème. Que chacun de ces 16 services reçoive neuf étudiants par trimestre, c'està-dire vingt-sept ou vingt-huit annuellement, et les 450 candidats que la Faculté élève annuellement au titre de docteur pourraient subir ledit stage* Neuf étudiants par service, est-ce là de rencombrcment? Et quel est le service où un pareil nombre d'auditeurs accessoires ne pourrait utilement profiter des enseignements fournis par la clinique?

En second lieu, est-ce qu*une incitation aux éludes de vénéréologîa ne serait pas, au moins dans un certain camp de praticiens et d'élèves, la conséquence forcée des divers concours dont il vient d'être question, ù savoir: Çuiicours pour les 26 places de médecins du dispensaire de salubrité publique; ^ concours pour les 5 ou G placés

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clin ternes de Saint-Lazare(l) et pour une vingtaine déplaces dixièmes ati môme hôpital ; — concours pour les 1 ou 5 places de chefs de service à Saint- Lazare, ce dernier beaucoup plus élevé, beaucoup plus sérieux, etdonl nous voudrions faire à peu près réijnivalenl, par exemple, du concours des médecins aïiénisLes? En vérité, messieurs, je ne m'attarderai pas à discuter les avantages scteniiftqaes du concours (h ne parler que de ceux-là) devant une assemblée d'hommes qui sont tous sortis du concours ; ce serait prêcher autant de convertis.

Mais ce que je dois dirci puisque le moment en est venu, c'est que les divers concours auxquels je viens de faire allusion sont impérieusement réclaraés — et de vieille date déjà — par lopinion publique. Il est môme incroyable que Tillo^iqueétal de choses actuel ait pu se prolonger jusqu*à nos jours. Quoi ! des fonctions où se trouve intéressée la santé publique^ telles que celles de médecins du Dispensaire de salubrité, sont dislribuées par T Administration, sans que les candidats aient à faire preuve pubiiquemad (raptiludes spéciales à les remplir! Et que si, par hasard, tel ou tel de ces élus de TAdrainistralion ne possédait pas les connaissances spéciales (je répète le mot à dessein) que réclament de telles attributions, le voyoK-vous à Tceuvre, faisant son apprentissage aux dépens du bon public î Quoi encore! Nos élèves consacrent trois ou quatre années, si cen*est plus quelquefois, d'un labeur assidu à obtenir le titre envié d' interne, ce premier galon des hautes carrières médicales, et le même titre est conféré sans concours par faveur administrative! Bien plus, et ceci est à n'y pas croire, la haute et très enviable situation de chef de service dans un grand hôpital, tel que Saint-Lazare, s-acqiiiert par simple investiture préfectorale, alors que nous autres, pour Tob* tentiond*un titre semblai>lc dans les services de rAssistance publique, nous consumons dix ans de notre pins belle jeunesse à ces luttes terribles qui s'appellent modestement ** le concours du taureau central ï>, et dont les vainqueurs ne se souviennent eux-mêmes qu*avec un frémissement d'anxiété. Étranges, inexplicables et, dirai-je même, immorales anomalies, contre lesquelles protestent à la foi* le bon sens, l'équité et rintérôt public.

Aussi votre Commission est-elle unanime à vous proposer une réforme devenue indispensa blo» c'est-à-dire à réclamer des pouvoirs publics la collation par voie de concours de tous les grades médicaux des services administratifs en question, et nous ne doutons pas un seul instant que TAcadémie ne nous suive dans cette voie. — Inutile d'ajouter, d*ailïenrs, que cette réforme n'aurait aucun elTet rétroactif, et que la situation des très honorables confrères actuellement chargés desdils services resterait absolument sauvegardée»

(1) Cinq i[it,«rnc9, »uppasons*noiis, avec un inUrAt provhoire charité ûas sup-

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