AGENTS DE CONTAGION
qui resteni muetles au delà île leurs premiers mois; landis qu*il en est d'autres à poussées multiples» voire à nW^itliv^es iucessantes. Gliez les fumeurs, par exemple, des repull ulatious di? syphilide.^ Lu écoles se conlinueuL souvenl pendant les Irois, ijuaire, cinq prenut^res années de rinfeclion et m*^me bien au delà,
4° Suivant que les malades sont ou non itospitf titres au moment de? poussr^es conlagieuseSn rinternement, libre ou forcé, consUluani par excellence une sauvegarde pour la société,
5"" Suivant les rond il tons sociales ; car de toute évidence des risques nombreux de contagion sont réalisés par la misère, par la promiscuilé qui dérive de la misère, par reniasse ment de toute une famille dans une seule chambre, par le lit commun» p.ir la pénurie de linge, par Tusage en commun d objets servant à la toilette» à 1 alimenta Lion, etc. C'est par milliers qu'il faudrait compter les cas de conlaminattoos directes ou indirectes issues des intimités de la vie domestique.
6** Suivant des condiiifms innftendtteH, accidentelles, professionnelles ou autres, imprimant parfois à la syphilis une facuUé d'expansion» de dissémination insolite, considérable, extraordinaire. Au hasard, j*en citerai quelques-unes.
Dans les verreries, où le soufflage du verre se fait par escouades d'ouvriers qui se passent de bouc lie à bouche la canne h souffler, la syphilis d'un compagnon se transmet presque forcément à toute
équipe.
A Condé, une épidémie de syphilis dériva d'une matrone qui faisait profession de *l égorger les seins des nourrices ou de faronner le mamelon des femmes enceintes. Allée tée de syphilis, cette <* tireuse de seins », suivant Texpression consacrée, n'infecta pas moins de quatorze de ses clientes.
A Brive (en 1874). une épidémie semblable fui le résultat de la syphilis d'une sage-femme qui, alTectée à un doigt d*une lésion spécifique, n'en avait pas moins continué à exercer sa profession. On ne compta pas moins de ceni contaminations issues de cette origine, par le fait de ricochets successifs.
Souvent encore la sy [di il is d'un seul enfant vaccinifèredsufn pour infecter un très grand nombre de vaccinés, k savoir 10» 21, 52, fifi, lUO, tiOet même ^ plusieurs centaines »>,
Et de même pour tant d'autres exemples que j'aurais à citer, si les précédents ne suffisaient pas à démontrer quelle fécondité extraordinaire peuvent communiquer à une syphilis diverses circonstances toutes p art i e u l ièr es ,
IIL — Un second point se présente maintenant h notre étude : Quels sont les agents de transmission de la syphilis?
C'est-à-dire de quelles lésions, fie quels produits pathologiques et pathogènes de la syphilis dérive la contagion syphilitique?
Sur ce point, qui a été lobjet de longues études, la clinique répond ceci :
La transmission syphilitique dérive :
1° Très certainement, indubitablenieut, du chancre inilial et des accidenls suppurai ifs de la ifi/phiUs secondaire (ceux-cî généralement réunis sous le nom de plaques muqueuses) ;
2** Très certainement aussi du sang (expérience célèbre de Pellizzari); — et du vaccin inoculé de syphilis par un terrain syphilitique ;
3' Probablement, enOn, de certains accidents tertiaires suppuralifs.
Laissons de côté, pour ne pas parler de choses rares ou susceptibles encore de discussion, les contaminations par le sang, le vaccin et les accidents lerLiaires. Hestent les contaminations par le chancre et les plaques muqueuses.
Or, nul doute que ces deux accidents (le chancre et les plaques muqueuses] ne soient les origines de l'immense majorité, je dirai presque de la qnasi-tolalité des contagions sypÎFilitiques. C'est là un fait indiscutable, voire indiscuté, et de par Texpérieiice commune et de par les résultais dériva ni des confrontations.
Mais, pfyur quelle pari proporlionneile le chnnere et les accidents second fi ires dils pluqnes mmjueuses /hjurenl-ils dans téiifjlùgie des co nt a g ions sgp hHiiiques ^
A cela répond la clinique :
1** Le chancre, pour une peiife pari;
2^ Les plaques muqueuses pour une part relativement énorme.
Cela encore est un résultat de rexpérience.
On peut dire, approximativement» que, sur dix contamiDatiOQ& syphih tiques, il en est une qui dérive du chancre, contre neuf qui dérivent des accidents secondaires suppura tifs, à savoir de la plaque muqueuse.
Et, de fait, comment pourrait-il en être autrement?
En eïTet :
l'^ Le chancre n*a jamais qu'une existence limitée, qui ne dépasse pas quelques semaines, et, lui, mort, il n'est plus question de lui ;
2*^ Le chancre est un accident qui ne se produit que pour une fois^ dans tout le cours de la syphilis et qui n'est pas susceptible de se reproduire;
3" Le chancre, de par son ulcération, son induration, comme aussi de par son bubon symptomatique, est un accident qui a plus d'importa nce, qui est plus remarquable et plus remarqué que la plaque muqucJuse, et contre lequel, conséquemment, le malade se tient plus en garde r[u il ne le fait à propos d'une simple plaque muqueuse.
Tandis que, inversement :
1** La plaque muqueuse est un accident essentiellement sujet û
DANGER PRÉDOMINANT DE LA l'LAQUE MUQUEUSE- 429
répéiilionji, à récidives, U est nombre de malades qui, au cours de leur syphilis, sont affectés dix et %'jngt fois de plaques muqueuses*
•i'' La plaque muqueuse est un accident à iocaiisaîions excensivernent muilipiefi; ^ susceptible de se produire sur toutes les muqueuses^ voire sur la peau ; — susceptible, par exemple, d'affecter la bouche aussi souvent, voire bien plus souvent que les organes génitaux.
Or, combien d'individus sont imbus du préjugé d'après lequel la vérole, en sa qualité de maladie vénérienne, doit confiner ses nianlfesLalions aux organes L^énilaux! Combien d'individus, croyant que la contagion ne se transmet que par le coït, s'exposent à la recevoir par la bouche.
^i*" La plaque muqueuse est un accident qui peut se produire piusieur& annét^s après ttnfeetton première, à savoir trois, cinq, dix ans et plus après le chancre, c'est-à-dire à une époque où, de par un autre préjugé, on croit périmée la contagiosité de la maladie,
4" Enfin, la plaque mucpieusc est dangereuse surtout — qu'on veuille bien noter ceci — par l'excessive ffënignité qu'elle alTecle fréquemmeni, alors qu'elle est simplement constituée par une érosion superficielle, par une simple éraflurc des téguments, par un « bobo de rien ^u comme disent les malades. Sous ce type étonnamment bénin, comment lui supposer les dangers de contagiosité qu*eile n'en conserve pas moins? Aussi nombre de malades, rassurés par de telles apparences, s' exposent-ils à transmettre la contagion*
Voilà, certes, tout un ensemble d'excellentes raisons pour expliquer comment Iff fiidfjitf mtiqiieti^e' rt'fiiise un nombre de cont figions infiniment supérieur à reiui des eonlngions émanant du vtiunrre*
Faut- il, pour achevercetïe démonstration, citer quelques exemples? Je n'aurai que l'embarras du choix. Ainsi :
Quel est l'accident qui transmet si fréquemment la contagion aux nourrices ?
Itéponse : Presque invariablement, une plaque muqueuse développée sur la bouche du nourrisson.
Infiniment plus nombreuses encore que les nourrices sont les femmes nmriéeifi qui reçoivent la syphilis de leur mari (puisque, d'après une slntistiquc très soigneusement relevée par moi dans mon cabinet sur mes malades de ville, je suis arrivé h cette navrante coQslatalion, d'après laquelle, sur cent femmes infectées de syphilis, il en est au minimum dix-neuf qui ta doivenl à leur mari). Eh bien, quel est raccident qui sert d origine à la syphilis de ces femmes mariées? Réponse : A peu près vingt fois sur vingt, une plaque muqueuse^ génitale ou buccale, développée sur un mari qui s'est marié prématurément.
La plaque muqueuse fje ne crains pas de le répéter, car c'est là une vérité essentiellement afférente à mou sujet actuel) est donc inûni*
STERllJHATrON DE LA SYPHILIS,
ment, incomparablement plus fécontli^ en contagioos que le chancre* De tous le!^ accklenis de la ï^yphihs, cVst la plaque muqueuse d*où dérive le plus grand nombre de contaminai ions, el c'est à juslc litre qu'on pourrait dire en Tespèce : itt piarfue mtifiueme^ voilà rt^ntienn> ï )♦
De la uu enseignement, un grosensetgnemenl pour le sujet spécial qtii nous occupe, à v^voir que :
Au point de vue de la prophylaxie générale, au point de vue de la stérilisation de la syphilis, c'est la plaque muqueuse qu'il importe le plus â la fois et de prévenir et de combattre quand elle s'est produite. Cela est une vérile inconl g stable et une vériLé de premier ran^ en ce qui concerne la sauvegarde publique.
Corollaire non moîtis intéressant, non moins important surtout : la plaque muqueuse, chacun le sait, est un accident essentiellement sujet à rêculires, à répéfiiionH, dans le cours des premières années do la s> phi lis, dans le cours des deux ou trois premières années surtout f comme assez souvent aussi au delà,
Cest donc là un accident qui exige de la part des malades des retours fréquents îi l'ht^pital, des visites répétées.
Conséquemment, il importe qu'en raison de ces visites fréquentes, les malades trouvent un accès facile h nos consultations d hôpilab c'est-à-dire ne soient pas forcés de venir perdre des demi-journées pour obtenir lavis médiciil qui leur est nécessaire ou la simple cautérisation favorable à la curât ion de leurs plaques muqueuses. Or» notre organisation hospitalière actuelle répond-elle a ce besoin spécial? (Test là ce que je vais avoir a examiner dans la seconde partie de cet exposé.
Ces prémisses élaienl nécessaires pour la discussion ilu grand sujet qu'il me reste à discuter maintenant.
Ce sujet n*esl autre que celui-ci :
Quels moyens mettre en œuvre pour qu'une syphilis en évolution reste stérile, ou tout au moins pour que cette syphilis soit réduite au minimum d'irradiations possible?
Sans nul doute, celte iruvro d'assainissement, de 6*/ e/i/(.sf!//o;ï de la syphilis est extrêmement complexe, puisque, comme ne Ta que trop sûrement établi Texposé qui précède, la fécondité de ta syphilis dérive d*un nombre considérable de causes et qu en l'espèce le labeur
(1) Spt^rli s dit de même: >*. Jâfarmc que l^^s femnie^ â Ja période condylomii* teuse peuvetil revendiquer les fl/7*» au minîniuin des itioculûtions doiiUt's hoiunvtïs sont vicUnics, et que t/l*^ à peitm revient aux ctiancrc^ indurés, m [UEavreM compléU», t. M, p. afiH).
MÉTHODES PBOPHYLACTIQUES. 431
de riiygiéntsle est de s eiTorcer de tarir des sources de cou la ni in a Lion aussi multipleâ que diverses.
Je ne saura ii^ doue qnefileurer ici le sujet* Toutefois, f^*il m>sl impossibJe de tout dire, je lue lierai du moîuB de signaler à l'a tien tion les mesures de prophylaxie d ordre gént^ral, c*est-à-dire celles qui s'adressent au plus grand nombre des cas et dout il est permis d attendre le plus d'utiles résultais.
L — En première ligne prend place ici ie (raiicmenL Le Irailement, en eiletT est par excelleuee stérilisateur de la syphilis, eu ce qull prévient les accidents, en ce qu'il les gtiérit, encequ'il tarît de la sorte nombre de sources de contagions. Si le traitement de la syphilis étail fortement constitué dans celle intention spéciale, avec cette visée spéciale de tarir, d'éteindre les germes de contagion, il aboutirait à rendre les plus utiles services au [îoint de vue de la prophylaxie.
Soyez sûrs qu'il peut exister ce qu'il serait légilime d appeler une prttphif(axie par if iraiiemetii. C'est là, au reste, un point sur lequel je me propose de revenir en détail dans le dernier chapitre de cet exposé*
IL — insfrueilon des mnlmles relnlivemeni aux dangers de leur s fj phi lis par rapport a aiiiruî,
L'ex[iénence journalière apprend ceci ; que nombre de contagions sypliilititiues résultent de tincometeneir des malades relativement aux dangers que comporte leur syphilis pour autrui.
Que de fois, pour ma seule part, nai-je pas entendu, soit en ville, soit surtout à ThôpitaL tel ou tel des propos suivants!
^i OuL cerles, le malheur m'est arrivé de contagionner de syphilis ma maîtresse ou ma feuirae, ou mon enfant ou ma mère. Mais pourquoi? C'est que j'ignorais qu'une contagion piU résulter d'un misérable petit bobo que j avais à la lèvre ou ailleurs comme suîle d'une syphilis ancienne, k laquelle je ne songeais plus^ que je croyais même périmée, n
Ou bien : " Oui certes, j'aî contagion né ma femme, parce que je me suis marié lro|î tôt; mais qui m'avait prévenu des dangers d'un mariage prématuré? •>
Ou bien encore : •* Oui, cerles, mon enfant a contagionné sa nourrice; mais est-ce que je savais qu^nn enfant pût contagionner une nourrice? »
Et ainsi de suite. En sorte *jue Tignorance des dangers de contagion est pour beaucoup dans la transmission involontaire de quantité d'infections»
De là pour nous, hygiénistes et médecins, cet euseignement : qu*il importe au plus haut point de faîre tèducalion des malades sur
les dangers multiples et variés que leur état de syphilis peut faire encourir à autrui.
Cela posé, de quels moyeus rlisposons-uous pour répandre dans le public ces indispensables et salulaires notions?
En ville, dans nos cabinets de consul ta lions, c'est chose facile. Nous avons là le temps nécessaire pour l'aire rêducation de nos clients sur l ou les choses qu*ils ont besoin de savoir. Les instruire sur les dangers en question est pour nous un devoir social auquel notre conscience nous prescrit de satisfaire.
Mais, à rhôpital, c'est chose plus malaisée; car, avec des consultalions de 200, 300 malades, comment trouver le temps do placer celte petite instruction sommaire et de la répéter ÛO, 30, 50 fois par séance ?
Aussi bien serait-il ntile, voire indispensable^ comme je Tai déjà proposé (et comme cela se pratique, du reste, dans quelques consultations), de remettre à chaque consultant, imprimée au verso de l'ordonnance qui lui est délivrée, une iriRt rue lion connue dans les termes les plus simples sur ce que doit savoir un sujet syphilitique par rapport au traitement qui lui est néressaire et par rapport aussi aux dangers de contamina lion qu*il porte avec lui,
A cela peul-^tre pourraient se joindre des hrochures un peu plus étendues, mais toujours très élémentaires, sur le "môme ordre de sujets et louL spécialement (puisque c est là le point qui intéresse le plus la sécurité publique) sur les risques de contamination par tels ou tels des nombreux modes qui contribuent à répandre la syphilis dans les populations,
A cela peut-être pourraient aussi se joindre des conférences faites aux malades là où elles peuvent se faire, c'est-à-dire dans nos hôpitaux.
De vieille date je me suis demandé si notre devoir ne serait pas d'inalituer ici quelques cont"érences *le cet ordre, auxquelles seraient conviés les malades de nos salles; conférences ayant pour objet, non pas, bien entendu, de leur apprendre la syphilis, encore moins de les ctTrayer sur leur maladie, mais de leur inculquer quelques vérités élémentaires relatives, d'une part, h ce qui peut leur être utile de savoir pour leur Lraitemenl, et, d*autre part, aux dangers de contamination auxquels ils peuvent exposer autrui, dangers qu'à coup sûr ils ignorent. Je suis loin de dire que j'aie renoncé à ce projet qui, si je ne me trompe, serait de nature i\ réaliser quelque bien*
ML HospUaliRalinn. — Il va sans dire que rhospîtalisation confititue un excellent moyen de stérilisation de la syphilis^ et cela parce que, d'une part, elle contribue à traiter la sy[>hiUs, et parce que, d'autre part, elle n'est rien autre, en fait, qu'une séquestraiîon