‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 99 sur 123 · DÉDUCTIONS PROPHYLACTIQUES · texte numérisé non relu

DÉDUCTIONS PROPHYLACTIQUES

chez les prostituées à ce qu'il est dans les deux autres catégories de malades. De vingt à trente, par exemple, moins de contaminations, moins de chancres syphilitiques relativeroent sur la prostituée que chez la malade d'hôpital ou la malade de ville,

A cela il est une raison des plus simples: c'est que la prostituée n'a pas, plus vieille, ce qu'elle a eu plus jeune ; c'est qiiV//e n'a plus à gagner la sgphilîs dés an certain àge^ parce qu*elle Fa contraclée antérieurement.

5* Enfin, aux environs de la quarantaine (et toujours pour la même raison), disparition ou quasi-disparition de la syphilis primaire chez la prostituée. Pas plus de syphilis sénile sur elle que dans nos deux premiers groupes de malades.

Au total, donc, comme faits majeurs à retenir de ce dernier exposé :

1" Précocité particulière de La syphilis sur la prostituée ;

^^ Fastiglum de contagion de la seizième â, la vingt et unième année.

Je ne voudrais pas introduire dans un travail d*ordre exclusivement statistique des considérations qui n'y seraient pas h leur place. Et cependant il en est deux qu'il me serait di fil ri le de ne pas <^noncer ici comme conséquences étroitement liées aux résultats numériques qijj précèdent.

Elles ont trait Tune et l'autre k la fréquence vraiment inattendue, surprenante, des contaminations syphilitiques À cette première période de la Jeunesse, dite minorité.

Et, en e(Tet, à commencer par notre sexe^ que de mineurs en état de syphilis î A savoir :

Pour îti oîientile de vill*; .,.. M, 32 p, 100,

pour le public d'hôpHal ♦......., 30,37 —

Ainsi, sur 100 hommes syphilitiques, H à 20, suivant les milieux, sont déjà coniamin^'^s avanl fûge ronsidéré comme âge de raison ei dit majorité \

Et c*est bien pis pour le sexe féminin. Ici, avant la majorité : .

Paur ta clientèle de viUe, 31,3 conLimmatloni sur 100,

Pour le pubJic d*hÔpiUL 4» conUminatious sur tQÛ»

Pour Je public des pin^atituccaf Û3 cuntainlnaLiocis sur 100.

Eh bieUt au nom du bon sens, est-ce que de cette double consta* tation ne ressortent pas les deux conséquences prophylactiques que voici? A savoir :

A gUEL ACE SE PREND LA SYPHILIS?

P LëgUimlté de la protection des Jeunes. — Puisqu'un U nombre de syphilis se produit au cours de là minorité, c'est-à-dîr© Tâge oii Ton n'a pas d'expérience personnelle pour se tenir en gsrée^ contre la contagion, c'est bien le moins que rexpérience d'aulrui s interpose à la façon d*un garde-fou [qu'on me passe TexpressionJ pour protéger ceux qui ne sont pas encore capables de se protégereux-mêmes. I

"2° Nécessité de se tenir en garde d'une façon toute particn- Hère contra la prostituée mineure. — Instinctivemeut, naïve-^ ment, on se méûe bien moins d'une fillette de seize ou dix-sept ans^l à la mine iunoceute ou enfantine tout au moins, que d'une prostitu*^e " émérile ; et c'est un grand tort, comme viennent de le démontrer les chiffres qui précèdent. Car, ta pro&Htaée mineure comporte^ de faîi^ les pires dangers de c ont tiglon.

Ce que j'en dis n'est pas certes pour appeler les sévérités admimstralives sur le public des prostituées mineures^ la plupart plus dignes de pitié que de rigueurs. Je suis de ceux, en etîet, qui croient qu*â cet âge de la vie un retour vers une meilleure voie est loin dêtre impossible et que, conséqucmment, le devoir de la société est de se proléger contre les filles en question bien moins par des procédés coercitifs (tels que l'odieuse inscription) que par toute mesure charitablement réformatrice. Mettre les mineures dans rimpossibiliié de nuire, c'est le seul droit, à mon sens, que la société peut s^arroger contre elles. Mais, cela dit» reste la vérité statistique qui montre la prostituée mineure comme une des plus dangereuses propagatrices de la vérole, et un tel enseignement, un eiiseignemeot d'importance aussi capitale ne doit pas être perdu pour la prophylaxie.

DOIT-ON, OU NON, DANS LES CENTRES SCOLAIRES, ÉCLAIRER LES ÉLÈVES DES CLASSES SUPÉRIEURES SUR LES DANGERS DES AFFECTIONS VÉNÉRIENNES; — ET, SI OUI, DANS QUELLE MESURE ET COMMENT? (l)

Avant d'aborder au fond celte queslion» un point préjudiciel doit ^Ire examiné, à savoir :

Ladite question coiiiporte-t-elle, oui ou non, un intérêt réel de par une réelle fréquence des alTections vénériennes du jeune âge, j'entends des alTections vénériennes contractées dans la vie de collège de seize à dix-neuf ans ? Car, si ces contaminations juvéniles n'étaient que des raretés, voire des exceptions, vraiment elles ne mérileraient guère qifon prît contre elles des mesures d'ordre général; tandis que, tout an contraire, si elles se présentent ô lobservatioa avec un certain degré de fréquence, noire projet d'une intervention prophylactique ne sera que trop légitimé.

C'est la clinique seule qui peut juger ce point. Interrogeons donc la clinique.

L— La syphilis, d abord, est-elle commune atmnt la vingtième année?

Dans une importante statistique, ne comprenant pas moins de HXOCX) cas de syphilis observés en ville sur des sujets de la classe bourgeoise ou aristocratique et tous relatifs à des contaminations de provenance sexuelle (2), je trouve ceci : 822 cas de contamination avant la vingtième année.

Ces B'22 cas se répartissent ainsi suivant les âges (sans parler de 2 cas vraiment exceptionnels observés à onze et treize ans):

5 cas à r%e de l4 atis;

lu — A — 15 aai;

3S — â — 16 ans;

lig â — 17 m*;

37a .à — IS «nt;

36« — à — 19 ans (3);

(!) Ropport présenté à. la Soeiéli françitUe de prophyluxU ^anilAirt ei mor^U^ lOjuïiT 1001.

(1) A desis*?»!!^ l'auteur de celte sLatiïitîquc n'y n compris que îea ea* où la conta^ minatioti était le riffullaL du caminercc aexuel^ en excluant tous les cas où elle dérivait d'autres ori^finesif lellus que coatagtona par allaîlemcnt, conta^onsi domestiques^ con tapons média te a , contagions vaccinales^ etc.

{3} Statistique du Di* Edmond Foimpnan ( « A quel ^^t se prend lii^-phiïis? • Prti*0 médicê^lê^ lOdO), ^ Travail reproduit dans ce volume, p. 443*

PÉRIL VÉNÊmEPf

822 cas sur 10.000, cela donne au pourcentage S,22«

Donc, sur 100 cas Je syphilis, il en est plus de S où la contaminalion se produit de quatorze â dix- neuf ans.

Plus de S syphilis pour 100 contractées dans les premières années de la jeunesse^ avant vingt ans, c*est là certes un chiffre plus qu'important, auquel a priori on pouvait être loin de s altendre.

Eh bien, dans le public d'hôpital, cette proportion est encore dépassée (cela pour des raisons que je n ai pas à discuter ici) et s'élève à 13,4; ~ ce qui veut dire que, dans le peuple, 13 p, iOO de toutes les syphilis devancent la vingtième année.

IL — Venons à la blennorrhagie*

Sur les mille dernières blennorrliagies que j'ai eu à traiter en ville ^ j*en trouve 1*22 qui ont été contractées avant vingt ans, à savoir:

Il Vhgt dû 13 ans;

14 ans;

16 ans;

17 ans;

15 ans; 19 ans;

Proportion: 12,2 p. 100.

Donc, sur 100 chaudepisses, il en est plus de 12 qui dérivent de cotitaminalions antérieures h la vingtième année.

IIL — Que si maintenant nous additionnons les résultats de ces deux statistiques (relatives Tune à la syphilis et l'autre à la blennorrhagîc), nous aboutissons comme résultat d ensemble a ceci ; que dans notre classe, la classe bourgeoise, au moins 10 atrectious vénériennes sur 100 sont cou trac lées dans la première jeunesse, à fâ^e des études scolaires,

IV* *— D*aulre pari, quelle graviié comportent ces contaminations juvéniles par rapport aux contaminations d'un âge plus avancé?

Exaclement, pourrais-je dire, comme résultats d ensemble et surtout comme conséquences d avenir, celle des mêmes maladies cou» tractées dans un âge ultérieur (1).

De cela je puis établir facilement la preuve, en prenant pour exemple la détermination la plu5 grave de toute la syphilis, à savoir l'encéphialopathie syphilitique qu'on appelle vulgairement la syphilis du cerveau.

Ainsi, sur *î53 cas de syphilis du cerveau (que j'ai collectionnés pour un travail spécial sur le sujet), j en trouve:

(1) Réserve faite pour lu vieil]ci»e. Car on sait que las contJimma lions êénlte* de la syphilis cumporU'nL ïe plus souvent, et cela par le fait nn>me de Hige, une grra vite paHicuLière. Mais c'est là un point qui nVst pas de naiure à nous occuper pour rinstant.

à 1& ans.

à 15 ans, â la an», an ans.

à 18 ans.

» __ â i9 ans.

Proportion : 10 p. 100 (exactement 9,95).

C esl-à*dire que, pour ttn dtxiémtr de ses cas, la syphilis du cerveau, cette terrible mapifestatlon qui le plus souvent et de beaucoup (78 fois sur 100 environ) aboutit soit à des întlrraites lamentables et définitives, soit à k mort) a son origine dans une contamination antérieure à la vingtième année.

C'est donc toujours, vous le voyez, ce quotient d*environ 10 p. 100 qui se reproduit d'une façon presque invariable dans les diverses statistiques précitées et qui peut, en conséquence^ être accepté comme expression très voisine de la vérité des cboses.

Eb bien, s1l en est de la sorte, c'est-à-dire si, pour le moins, un ilixiéme des afTeclions vénériennes et des syphilis en particulier dérive de contaminations juvéniles, de contaminations qu*on pourrait appeler de fâge scolaire, vraiment celte donnée statistique est de nature à nous édifier sur le point préjudiciel que nous avons pris à tâche de résoudre. Et nous voici autorisés à dire que ces contaminations juvéniles font quenlion, qu'elles sont as^ieî nombreuses pour que nous ayons raison de nous en inquiéter, et que nous n'allons pas certes perdre notre temps en rectierchant si, par tel ou tel moyen, la fréquence en pourrait être diminuée (1),

Inutile, au surplus, d'insisterdavantage sur ce point, car les dangers vénériens qui menacent le tout jeune homme sonl de notoriété com-mune. Quel est le bon père de famille qui, dès qu1l voit poinfbe pour son fils la dix-septième ou la dix-huitième année, n*esl pas pris d'anxiété et n'envisage pas sans quelque terreur la crise qui se prépare, avec la chute qui vraisemblablement ne va guère tarder. « Voilà mon fils, se dit-il, qui commence à lorgner funeusement les femmes. Que vaîs-je faire et quel est mon devoir? Dois-je ne pas ra*cn mêler et

(I) La discussion de celte quçftlion me paraR (raitlcura répondreâ un voeu c^cprimt^ â t'unanimïté par la Conférence intei^naLionale de Bruxclléâ sur une proposition de M. le P^ L^ssae (de Berline e| formulé de la soHe ;

•r Les gouvernenienb âont pnêfk de saisir toutes les occa^tions favorablei pour attirer l'atlenlion du public et âurtout celle de» jeunei geni sur le» dangers que la prostitution fait courir â Ja sanU de» peraonnei do Tun ot rauir«texe et »ur les suite» fui) cales des malidiet vénérienne** «

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