‹ Prophylaxie de la tuberculoseChapitre 12 sur 22 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Conclusions

Les expériences de Villemin (1), confirmées par les travaux de laboratoire, ont mis hors de doute la transmission de la tuberculose d'un animal malade à un animal sain par inoculation et par ingestion. La transmission de la tuberculose aux animaux par la respiration de poussières desséchées, a été démontrée fausse par le plus grand nombre des expérimentateurs ; et, si la respiration de poussières mélangées à un liquide et pulvérisées est presque toujours suivie de contagion, c'est très probablement parce que les animaux en expérience déglutissent l'eau chargée de bacilles. C'est pour cette même raison que Cornet a produit chez le cobaye, la transmission de la tuberculose par la pulvérisation de crachats desséchés ; les cobayes, séjournant au milieu des poussières, ont pu les déglutir, et c'est pour cela qu'un grand nombre sont tombés malades.

Dans l'espèce humaine, nous avons recueilli

(1) J. Villemin, Etude sur la tuberculose, Paris, 1868.

avec le plus grand soin tous les cas dans lesquels il y a eu transmission de la tuberculose de l'homme malade à l'homme sain ; par injection, nous avons trouvé 2 cas d'inoculation volontaire, une vingtaine de blessures anatomiques et enfin, un nombre inconnu, mais nécessairement limité, de contagion par la circoncision rituelle ; nous n'avons trouvé aucun cas de transmission par la respiration des poussières bacillifères ; ajoutons qu'aujourd'hui le laboratoire et la clinique pensent comme nous sur ce sujet.

Quant à la transmission par ingestion, si nous sommes parvenus à convaincre nos lecteurs de l'impossibilité de transmettre la tuberculose par la viande et le lait des bovidés, il ne restera guère pour le chapitre de la contagion que les quelques cas de la transmission par la salive dans les aliments ou autrement.

Toutes ces sources de contagion réunies représentent un chiffre infiniment petit, si on le compare à celui des 150.000 tuberculeux qui, chaque année, succombent en France.

Mais alors, d'où viendrait donc le nombre sans cesse croissant de tuberculeux? Nous devons maintenant exposer la doctrine opposée à celle de la contagion : la tuberculose est une maladie héréditaire et familiale, peut-être même est-elle spontanée dans un certain nombre de cas.

Mais, avant d'aborder ce chapitre, il est de notre devoir de demander compte à l'école conta-

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