‹ Prophylaxie de la tuberculoseChapitre 16 sur 22 · CH · texte numérisé non relu

CH

lt.

épargnée donna naissance à 9 enfants dont un seul, une fille, resta indemne, les 8 autres sont atteints par la tuberculose.

Mais il est curieux, au point de vue de l'hérédité, d'étudier les générations suivantes :

Dans la branche féminine, une seule fille s'est mariée, elle donne naissance à 2 filles, l'une meurt poitrinaire, sans se marier; la seconde, également poitrinaire, guérit, se marie et donne naissance à une fille qui meurt poitrinaire» et la branche féminine est ainsi éteinte à la cinquième génération.

Dans la branche masculine, au contraire, où deux frères se sont mariés et ont Succombé à la phtisie, à la quatrième génération les descendants ont été atteints, mais ils ont guéri et la cinquième et sixième générations paraissent maintenant indemnes, et les épouses qui, par l'apport d'un terrain ré$ra>ctaire, ont amené la diminution, puis l'extinction de la tuberculose, ont échappé à la contagion.

Dans les graphiques 137 et 141, la tuberculose va en diminuait pour s'éteindre, mais ici très rapidement. Ainsi, dans l'observation 137, à la première génération 3 tuberculeux sur 6, et à la seconde il n'y en a plus que 1 sut* 20. Il n'y a pas de contagion entre époux.

Dans l'observation 141, la prëfriière génération présente 4 phtisiques sur 16, et la seconde 1 sur

ÔË L'HÊHÊDITÉ DE LA TUBERCULOSE 1SÔ

Qu'est-ce que la contagion a à voir avec cette marche progressivement diminuante de la tuberculose. L'hérédité, au contraire, avec l'influence

d'un sang nouveau* résultât de mariage, finit par créer une immunité qui s'accentue graduellement dans le graphique 135 et qui est plus subite dans les deux autres.

Le graphique 140 représente une autre Variété de transmission de tuberculose. Ici, il y â cinq générations : une première tuberculeuse, une seconde indemne, puis nous rencontrons un seul tuberculeux dans les troisième, quatrième et cinquième générations. Et cependant ces tuberculeux isolés vivent au milieu d'un grand nombre de frères et sœurs.

Encore un coup, la contagion se trouve tout à fait en défaut et l'histoire des maladies héréditaires nous montre fréquemment des cas isolés dans le cours des générations,

Et les graphiques 146 et 147 montrent : le 146, la tuberculose se localisant exclusivement sur la branche mâle et arrivant à sa destruction, tandis qu'elle laisse absolument indemnes les branches féminines dans une première, une seconde, une troisième et une quatrième génération, en sorte que, dans la branche masculine, sur 6 individus, 5 ont été frappés par la tuberculose, et, dans les branches féminines, 25 rejetons ont été produits

et sont restés absolument indemnes de tuberculose.

Dans le graphique 147, c'est la branche féminine qui est atteinte exclusivement.

La contagion est ici plus en défaut que jamais et on ne pourrait pas citer l'exemple d'une maladie contagieuse se transmettant tantôt exclusivement aux filles, tantôt exclusivement aux garçons.

Nous avons, au contraire, dans ce fait pathologique la répétition d'une loi héréditaire bien fréquente dans la nature, c'est le cas où, dans certaines familles, toutes les filles ressemblent à leur père et tous les fils à leur mère.

Enfin, dans toutes ces familles aucun époux n'a été atteint, ce qui se serait produit si la tuberculose de ces familles avait été contagieuse.

Comme complément de la question d'hérédité de la tuberculose, nous désirons exposer dans le paragraphe suivant les faits qui ont été réunis pour démontrer jusqu'à quel point une tuberculose guérie pouvait engendrer une immunité contre le retour de cette maladie.

Immunité conférée héréditairement aux

tuberculeux.

Sans vouloir exposer ici les travaux qui ont été publiés sur l'action favorisante ou empêchante de certaines toxines tuberculeuses sur la production

héréditaire du bacille de Koch, sans vouloir même examiner si une tuberculose maligne vaccine contre une tuberculose héréditaire également grave, ou si réciproquement une tuberculose bénigne ne préserve pas d'une hérédo-tuberculose maligne, parce que toutes ces affirmations sont encore du domaine de l'hypothèse, nous nous bornerons à rappeler que les tuberculoses bénignes : les .écrouelles, les lupus, les pleurésies, les péritonites, préservent presque toujours les sujets qui en sont atteints, d'une tuberculose plus grave ; que, par conséquent, les affections tuberculeuses bénignes, semblent vacciner les sujets qui les portent. Ce fait, en général, n'est pas contesté, MM. Coulon, Gillet, Bergeron, Bouchut, Havart et Marfan enseignent que les écrouelleux deviennent rarement phtisiques et M. le D r Poisson a publié une statistique empruntée au sanatorium de Penbron, d'où il résulte que sur 292 écrouelleux il n'a observé que 2 cas de phtisie.

Page 1