NON
n'existe plus, dès qu'on s’est mis d'accord pour ne plus en parler. La surveillance de la prostitution doit être maintenue ».
Au cours de la discussion, le Docteur Marteau, Conseiller communal, a rapporté le fait suivant :
« …Dix ouvrier étrangers (français) ont pris la syphilis dans un petit cabaret sur notre territoire (Belgique) ; le cas est signalé au Chef du Service d'Hygiène, et ce service, en vertu de la nouvelle règlementation, est absolument incapable d’agir. Les dames qui ont contaminé ces malheureux ne daignent pas répondre à son invitation ! »
Et le Professeur Janselme ajoute :
« — Bien que l'efficacité de la surveillance admimistrative m’apparaisse moindre que celle de l'éducation prophylactique, et du traitement des porte-germes, par la raison qu’elle ne peut atteindre les prostituées clandestines, je pense, avec le bourgmestre de Bruxelles, que, dans notre état social actuel, certains procédés de contrainte sont encore indispensables, et je ne crains pas de dire qu'il serait criminel de n’y pas recourir. »
À Mulhouse, un arrêté de mars 1927 avait décrété la fermeture des maisons et l’on pouvait lire dans un
journal, Le Franc parler, du 11 jum 1927 :
« Par un arrêté de mars dernier, le préfet de la Moselle avait décrété la fermeture des maisons de tolé-
rance de la ville de Metz. Les messieurs, que leurs
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affaires appellent à Strasbourg, ont maintes fois eu à constater que la clôture des maisons spéciales avaient transformé les rues en une vaste foire d'amour, où les filles accostent les passants en plein jour, même quand ils sont accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants.
« (Pour éviter à leur ville de devenir le théâtre de pareils scandales, une délégation de commerçants et de pères de famille, fit une demande auprès du Préfet de la Moselle, qui, après avis des autorités municipales et conformément à l'opinion du Corps médical, a rapporté le malencontreux arrêté. »
Que s'est-il donc passé à Strasbourg, où, depuis février 1926, les maisons dites de tolérance ont été supprimées, à la suite d'incidents qui s'étaient produits lors des fêtes de Gymnastique de 1925. ;
. Nous avons pu interroger des femmes arrivant au Havre de Strasbourg : toutes ont été d’accord pour déclarer que le nombre de femmes dans les rues avait doublé, qu’elles ne passaient plus de visites sanitaires, que des râfles étaient faites la nuit de temps en temps et que les malheureuses arrêtées étaient relâchées, sans examen médical, après un ou plusieurs jours de détention.
Elles ajoutaient de plus, que des maisons de rendezvous et des maisons de société s'étaient ouvertes, où naturellement aucune surveillance n’était possible.
S'il y a lieu, dans ces dires, de faire la part de
HAE je.
l'exagération, il n'en reste pas moins que les maisons supprimées ont été remplacées par un plus grand nombre d’autres, mais portant un nom différent, Les premières étaient surveillées, les secondes ne le sont pas.
Nous avons eu entre les mains une statistique des maladies vénériennes du Bureau d'Hygiène de Strasbourg; leur nombre avait diminué, il est vrai, mais nous n'y avons attaché qu'une importance relative. Il est chfficile en effet de comparer une statistique comprenant toutes les femmes surveillées et arrêtées, et une statistique ne comprenant que celles qui, se rendant compte de l'utilité qu'il y avait pour elles à recevoir des soins, ont bien voulu se faire connaître.
À Montréal (Canada), le journal Le Pays, du 9 novembre 1918 déclare que la réglementation de la prostitution est nécessaire, et un confrère canadien ajoute : « pour 400 maisons de prostitution connues, contrôlées, surveillées, suspectées, qui furent fermées, 4.000 s’ouvrirent de par la ville, inconnues, sans surveillance, ni contrôle ».
En Hollande, les maisons sont supprimées depuis 1911. Or, en juin 1928, un Inspecteur d'Hygiène hollandais est venu au Havre et, avec l’autorisation du Commissaire central, a visité les maisons ; le but de cette visite était la réorganisation d’une surveillance, pour lutter contre les maladies vénériennes et combattre la prostitution clandestine,
En faveur de la réglementation, nous citerons encore
cet épisode hygiénique, sanitaire et moral, arrivé au Havre, pendant la grande guerre 1914-1918 et sur lequel nous avons pu nous documenter.
Le 8 février 1918, The Times publiait l’article suivant, sous le titre : Patrouille de pureté; une proposition du chanoine Burroughs.
« Hier, au Synode ordinaire de Conterbury, le Doyen de Lincoln a lu un rapport sur les dangers moraux, que l’on permet officiellement à nos soldats de courir. Il a protesté contre le système en vogue dans un camp de base au moins à l'étranger (il s'agissait du Havre), où le laisser-passer délivré aux soldats, leur donne accès, à certaines heures, à une rue que l’on affirme, de bonne source, être l’emplacement de maisons mal famées. C'était une honte pour quelqu'un, mais l’on n'avait pu découvrir la personne responsable.
« Le chanoine Burroughs dit qu’il avait passé une semaine dans le camp de base en question, et qu'il avait vu le camp voisin réservé aux soldats atteints de maladies spéciales. Comme contraste à ce qu'il a vu là, il a mentionné ce qu'il avait vu à Alexandrie, où les aumôniers allaient tous les soirs dans les maisons de vice, afin de s’efforcer de convaincre les soldats de ne pas succomber aux tentations qu’on leur offrait. »
Et le 1°’ mai 1918, un arrêté anglais interdisait à tout soldat ou marin de pénétrer dans les maisons de tolérance.
On constate, alors, une diminution du nombre de
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femmes de maison, et une augmentation de femmes cartées libres, surveillées 1l est vrai, mais chez lesquelles la fraude est plus facile.
Années 19141915 1916 1917 1918 1919 1920 Femmes de maisons ….... 36 40 92 87 58 72 71 Femmes cartées libres .. 198 210 186 164 172 166 154
Et, si dès le 30 mai on voyait une augmentation de 8 % des maladies vénériennes chez les soldats anglais, on constatait en juillet 1918, au camp n° 39, 200 à 220 malades par mois, au lieu de 16 à 24 avant le fâcheux arrêté.
II est enfin à remarquer que, depuis les réunions de la Société des Nations où les questions d'hygiène ont été soulevées, l’ Angleterre, qui n’avait jamais parlé de la surveillance de la prostitution, vient de prendre des arrêts très sévères et des mesures pour lutter contre le développement des maladies vénériennes.
Le Temps posait même, ces temps derniers, au Ministère de l'Intérieur Britannique et au Gouvernement français, cette question :
« Se doute-t-on, en France et en Angleterre, que les étrangers entrant par ce port (New Haven), quels que soient leur classe, leur condition sociale ou le but qui les amène dans ce pays, sont assujettis à un examen médical! Se doute-t-on que cet examen ne porte que sur une catégorie de maladies qui sont les maladies
sexuelles! Se doute-t-on que cet examen ne consiste pas