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étendre son indication au traitement de la femme enceinte. Il n’a ici qu’une place d'exception.
Le mercure grâce à sa maniabilité ef à son’ innocuité' relative convient, comme Fournier l’a montré, au traitement de lasyphilis pendant la grossesse, s’il est administré par des voies et à des doses convenables. En ce cas, la préparation de choix est le cyanure de Hg, 0 gr. O1 en injection intraveineuse, quinze jours par mois. Cest là un traitement peu réalisable. L'huile grise et le calomel plus pratiques, parce qu'injectés tous les huit jours, manquent de sécurité. La voie digestive est insuffisante.
Sauvage, dans son rapport à la Société d’obstétrique (octo bre 1912) résume le pouvoir prophylactique de la médication mercurielle sur la syphilis congénitale.
Dans 61 °/, des cas le mercure ne guérit pas les accidents en évolution de la mère. Chez ces femmes, la grossesse donne: 74°}, d’avortements ou de morts nés, 10 °/, d'hérédo-syphilis: précoces.
Les lésions guérissent chez 39 °/, des femmes en état de grossesse. Ces dernières donnent naissance à 66 °/, d’enfants sains en apparence et à 14 °/, d'hérédo-syphilitiques: elles avortent ou accouchent de fœtus macérés dans 19 °/, des cas.
Les mères syphilitiques, sans lésions en activité, donnent par le traitement mercuriel 68 °/, d'enfants ne présentant aucun signe d’hérédo-syphilis.
L'action curative de mercure au cours de la grossesse est. donc médiocre.
Peut-on mieux espérer des arsénobenzènes ?
Les arsenicaux ont été considérés à leur début comme dangereux pour la grossesse. Le mercure lui aussi avait été l'objet de critiques analogues au xvin° siècle. Les accidents, les mécomptes nombreux que l'on a publiés, ne semblent pas tenir à une incompatibilité des arsénobenzènes avec la grossesse : les mêmes accidents se produisent en dehors de la gestation. Pour ce qui est des avortements, des accouchements prématurés observés en cours de traitement, tous ne leur sont pas
Ke
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imputables : sauf quelques cas particuliers (obs. 29: eti obs. Boursier in thèse Vignal), ils sont dûs: à la syphilis.
L'abandon des doses massives d'emblée: et l'emploi des doses progressives, abaissant le nombre des accidents, ont permis de faire bénéficier le traitement de la syphilis congénitale, @ in utero », du pouvoir spirilicide de l’arsenic: organique.
Nous avons posé comme principe, qu’au cours dela grossesse, le: traitement doit être intense, du fait de la tendance: évolutive de la maladie. Les arsénobenzènes répondent à ce premier besoin, leur efficacité étant reconnue supérieure à celle des autres spécifiques. La seconde qualité demandée au médicament est une toxicité peu élevée qui ne déborde pas lactivilé: anlitoxique du foie el excrétrice du rein, fonctions surchargées du fait même de la grossesse. L'arsenic bien supporté par le rein, a un avantage : il se trouve normalement dans l'organisme: Sa présence, démontrée par Armand Gauthier, semble nécessaire à l’activité fonctionnelle des glandes, surtout du corps thyroïde ; or, il est des rapports étroits entre l’évolution normale de la
grossesse el le bon fonctionnement de l'appareil glandulaire. De: plus, l’empirisme a démontré depuis longtemps la valeur tonique de ce médicament.
Expérimentalement les doses thérapeutiques de novarsénobenzol sont moins toxiques que celles de bichlorure de mercure; mais en pratique les accidents graves dus-au mercure sont moins nombreux que ceux des arsénobenzènes; peut-être sont-ils aussi moins recherchés el plus insidieux.
D'un avis à peu près unanime, dans le traitement de la syphilis acquise, les avantages des arsénobenzènes sont reconnus supérieurs à leurs inconvénients: à cela nous: ajouterons que leur action sur la syphilis du fœtus est aussi sûre que leur pouvoir euratif sur l'infection de l'adulte et que les: dangers de leur administration n’augmentent pas du fait de la: grossesse.
De l’intraveineuse ou de la sous-cutanée quelle est la voie indiquée au cours de la grossesse ?
Les préparations injectables dans l'hypoderme, novarsénobenzol en solution glucosée ou novocaïnée, sullfarsénol, méthar-
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sénobenzol, etc., ont semblé un gros progrès dans la thérapeutique spécifique. La facilité de la technique, Fespoir d'éviter les accidents d'intolérance, ont fait le succès de cette méthode. De la ‘mise en circulation lente et progressive du médicament résulte une action thérapeutique moins violente, mais plus continue que celle de la massive décharge intraveineuse. Avec les préparations du genre 914, ont disparu les: désordres locaux que provoquait l'injection intra-musculaire de 606, nécrose étendue des tissus. (Sabrazès et Dupérié). La réaction est variable suivant lés sujets. Chez la plupart, l'hypoderme tolère bien le médicament. Ér
L'examen des points d'injection d’une solution de novarsénobenzol (Lartigaut), de sulfarsénol (Dupérié et Encontre) a montré que ces produits ne provoquent pas d'allérations lissulaires” notables. Certains sujets supportent les petites doses sans adjonction d’anesthésique: d'autres, malgré cette précaution, présentent des crises douloureuses locales, des courbatures et des sensations d’engourdissement qui durent plusieurs jours.
Des sujets qui présentaient des phénomènes d’intolérance à chaque tentative de médication intraveineuse, ont pu supporter l'emploi de l’arsenic sous-cutané. Mais ces faits ne suffisent pas à établir que cette voie met à l'abri des accidents généraux des arsénobenzènes. Les injections sous-cutanées ne font qu’en retarder l'apparition (Vignal). Leur plus gros avantage est de permettre à n'importe quel patricien d'employer la médication arsénobenzolée.
Les observations qui ont servi de base à notre étude, montrent la nécessité d’administrer à la femme enceinte des doses totale d’arsenic organique, équivalant à celles d’un traitement d'attaque. Les résultats obtenus sont alors neltement supérieurs. La dose hebdomadaire maxima ne dépassera pas 0 gr. 012 par kilogramme de poids corporel et dans les trois derniers mois de la grossesse, il est préférable d'augmenter le nombre des injections que d’en élever la dose. Un repos d’un mois séparcra les
séries, pendant lequel l’on instituera un traitement de soutien par Je mercure.
or
Les arsénobenzènes sont la médication de choix dans la syphilis de la femme enceinte. Leur injection sous-cutanée peut dans nombre de cas, faciliter, pour le praticien, le traitement «in utero » de la syphilis congénitale, mais cette mélhode ne modifie pas les résultats observés au cours de la médication
intraveineuse, qui reste la voie du spécialiste. :
d) TRAITEMENT DE LA SYPHILIS ACQUISE AU COURS DE LA GROSSESSE.
Contre la syphilis contractée au cours de la grossesse, il faut agir vite, suivant les règles établies pour la cure de la syphilis acquise en temps ordinaire. Le temps est précieux si l’on veut protéger le fœtus et éviter que la maladie, qui va trouver chez la mère un terrain favorable, ne s’enracine profondément.
Il ne faut pas craindre, pour le fœtus, les accidents des arsénobenzènes. la syphilis est pour lui autrement plus grave et plus certaine.
L'enfant d'une mère qui a élé contaminée durant les deux derniers mois de la grossesse, peut naître indemne de syphilis. Malgré cette possibilité, le traitement doit être entrepris sans retard, pour la sécurité de la mère et pour éviter la contamination de l’enfant lors de l'accouchement.
EN) je Den
Observations de femmes syphilitiques
traitées au eours de la grossesse
OBSERVATION [. (résumée)
Service du Dispensaire de prophylaxie FRPR ARE (fiche de 1947).
Syphilis secondaire, chez une femme enceinte, traitée par une série de nonarsénobenzol au cours de la grossesse. Hérédo-syphilis chez l'enfant.
B. M., 20 ans.
25 octobre 1947. — La malade a été contaminée il y à trois mois. Chancre avec œdème des grandes lèvres. Roséole papuleuse. Plaques muqueuses de la gorge. Micropolyadéuopathie. Enceinte de 4 mois.
Du 25 octobre au 29 novembre 1917, reçoit 3-gr. de N. A. B.
. De décembre 1917 à février 1918, pilules de Ricord.
En mars 1918 accouche d’un enfant bien portant.
En mai B. W. de la mère positif. Elle présente des plaques muqueuses du voile du palais et de la gorge.
L'enfant L. B. n'est revu que le 21 août 1919 agé de 17 mois, B. W. positif mais pas de manifestations syphilitiques. Traité pendant trois mois par la liqueur de Van Swieten.
Janvier 1920, B. W. — négatif.
L'enfant normal à la naissance à eu une réaction de B. W. positive à 17 mois. On a institué un traitement mercuriel. Sa réaction humorale était négative à 21 mois. Il est perdu de vue par la suite. |
OBSERVATION IL. (résumée) Service du Dispensaire de prophylaxie antivénérienne (fiche de 1918).
Syplulis récente traitée par unv série de novarsénobenzol pendant la grossesse. Maladi de Parrot chez l'enfant.
B., 23 ans.
18 novembre 1919. — A reçu, il y à un an, trois injections de N. A. B. suivies de douze injections de Cy. He. qui ont provoqué de la stomatite. Actuellement est enceinte de 5 mois. Pas de lésions en activité.
Du 18 novembre au 16 décembre, reçoit 2 gr. 70 de N. A. B.
La malade accouche à Lerme d’un enfant qui, à deux mois, fait une
ep
.Pseudo-paralysie de Parrot du membre supérieur droit. L'enfant-est traité et amélioré par des frictions mercurielles et la liqueur.de Van Swieten .
Cette femme syphilitique insuffisamment traitée n’a reçu qu'une seule et faible série de novarsénobenzoldans la deuxième moitié de sa grossesse. Cependant l'enfant nailvivant, mais äl ne tarde pas à faire une maladie de Parrot. Ilest‘perdu de vue et l’on ne sait ce qu’il devient en définitive.
OBSERVATION III (résumée)
(due à l’obligeance de MM. le Professeur Petges et le Docteur Joulia) Service du dispensaire de prophylaxie antivénérienne.
Syphilis datant de 8 mois. Début de traitement arsénobenzolé pendant la grossesse. L'enfant né bien constitué n'est pas trailé el meurt à 18 mors.
B. Y., 25 ans.
Mai 1919. — La malade, qui aurait contracté la syphilis il y a huit mois, s’est soignée avec des pilules de Ricord. Elle est enceinte de deux mois. L
En mai 1919. — Reçoit 0 gr. 15, 0 gr. 30 de novarsénobenzol intraveineux. La malade disparait.
En février 1920. — Revient avec un enfant de deux mois qui semble bien portant. Mère, B. W. — faiblement positif, reçoit 2 gr. 80 de novarsénobenzol en février et en mars 1920.
Septembre 1921. -- L'enfant est mort en août à dix-huit mois d’une méningite, au dire de la mère qui n'était pas revenue depuis son dernier traitement qui remonte à dix-huit mois.
Le traitement de la mère avant et pendant la grossesse a été insignifiant. L'enfant nait cependant normal. Cette femme ne se soigne pas, ni ne fait soigner son enfant qui meurt à un an et demi, très probablement de méningite syphilitique.
OBSERVATION IV (résumée)
(due à l’obligeance de MM. le ‘Professeur Petges et le Docteur Joulia) Service du dispensaire de prophylaxie antivénérienne
“Traitement insuffisant el tardif chez la femme d'un syphilitique. Hérédosyphalis active chez l'enfant.