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l'espérance on le ramènera peut-être dans le chemin de Ja santé.
D'autres fois c'est un détail de mobilier dont se plaint le tuberculeux ou le manque de vêtements chauds. L'enquête sociale pourra vérifier l'exactitude des déclarations du malade et lui procurer à bon escient le matelas, les couvertures.ou le tricot dont il ne pouvait faire la dépense et dont la possession lui assurera une importante augmentation de bien être. à |
Bien souvent aussi le malade se plaint d'une lassi-. tude invincible, d’une fatigue persistante et la connaissance des conditions dans lesquelles il peut reposer permetlra d'évaluer la part attribuable au milieu extérieur et à la maladie dans l'apparition de cet élat ; souvent le malade ne,sait pas se reposer el son système nerveux, sensibilisé par lPintoxication, l'empêche de mettre utilement à profit pour réparer ses forces, le lemps que son travail laisse libre. « C'est une chose exaspérante pour, ceux qui ont étudié la fatigue industrielle, écrit le D' Cabot, professeur à Harward University, que de voir une jeune fille épuisée par son travail à l'usine être absolument remise sur pieds par la danse ».
A ces tuberculeux doppés par une sensibilité exacerbée, l’infirmière-visiteuse s’efforcera de faire entendre raison, de les amener à essayer d’un repos ralionnel et hygiénique, et à prolonger cet essai en leur faisant constater les avantages qu'en retire leur santé.
Ilest fréquent que de tels malades reconrent pour
trouver le repos du sonuneil à des hypnotiques dont l'usage répété atlénue et annule bientôt l'efficacité, après leur avoir alléré l'estomac et le système ner- VEUX À | ;
Il faudra les mettre en garde contre l'abus de la thérapeutique de hasard pratiquée sans l'avis des médecins, leur apprendre à ne pas se bourrer de prétendus fortifiants, à ne pas mettre toute leur conliance et tout leur espoir dans le produit dont la dernière page d’un journal leur a vanté les vertus et qu'ils convoitent avec d'autant plus d'ardeur que son - prix élevé leur en interdit la possession. Combien de malades nécessiteux importunent le Dispensaire ou le Bureau de bienfaisance pour obtenir telle spécialité fameuse ou économisent péniblement la somine nécessaire à son achat.
À ceux-là la Visileuse apprendra à employer plus utilement leur argent pour soigner davantage ieur ordinaire ou se procurer un peu de confortable et améliorer ainsi leur hygiène.
En ce qui concerne l'aération bien des erreurs aussi sont à corriger. Combien de malades se confinent dans une chambre surchauffée dont les fenttres s'ouvrent rarement par crainte du froid et des courants d'air, À ceux-là il faudra apprendre les bienfaits de la lumière et de l'air lbrement circulant,-leur montrer comment on peut faire une cure d'air et de soleil en arrangeant un store devant une
fenêtre ouverte.
Recherche des prétuberculeux.
Il est enfin une mission d’une haute portée sociale que peut remplir linfirmière-visiteuse. C'est celle de dépister dans l'entourage du malade les formes curables de tuberculose commençantes ignorées ou méconnues, faciles à déceler par un examen clinique qu'elle provoquera el pouvant être définitivement enrayées par l'éloignement du foyer d'infection ou une cure sanaltoriale.
Au cours de ses visites dans les familles de tuberculeux, de petits faits qui passent quelquefois inaperçus et qui sont des symptômes prémonitoires d'infection tuberculeuse, attireront son attention et provoqueront de sa part le conseil d'aller voir le médecin.
Qu'un enfant présente de Fadénite cervicale « une glande » disent les parents, qu'il soit grognon, indolent, se plaignant d'avoir mal à la jambe, d’avoir mal dans le dos, se tenant mal et la Visiteuse pensera à la coxalgie où au-mal de Pott possibles et le fera conduire au médecin. ; |
Bien des adolescents loussotent, ne mangent pas ont du dégoût pour les aliments, leur thorax ne se développe pas, reste aplali, exigu, recouvert de muscles atrophiques, bossués de clavicules et d'omoplates'décharnées. La croissance les anémie, pense
leur mère, et elle s'enquerra du « plus puissant re-
constituant » pouvant instantanément en faire des.
colosses. Mais linfirmière-visiteuse saura que ces
lroubles peuvent être les signes précurseurs d’une
NOTE ass
bacillose encore lorpide pouvant éclater vers la vingtième année et elle enverra ce candidat au médecin pour le faire éventuellement envoyer dans une colo-
nie de vacances.
I. Collaboration avec les Œuvres de protection contre la Tuberculose.
Ceci nous amène à parler du rôle d'agent de liaison que peut et doit remplir la Visiteuse entre les malades et les OEuvres philanthropiques s’occupant de lutte contre la tuberculose. | |
Ces OEuvres sont, nombreuses mais son restées longtemps sans lien commun, sans action coordonnée, n'ayant pour ainsi dire pas de rapports entre elles.
Au Congrès de l'Alliance d'Hygiène sociale, en 1914, le Professeur P. Courmont déclarait : « Etant donné une famille de tuberculeux, il faudrait qu'une direction générale dirige les membres tuberculeux
du côté du sanatorium, de l'Hôpital, du Dispensaire,
il faudrait que des secours en nalure viennent précisément aider celte famille au moment où l’un de ses chefs est éloigné par la maladie ; il faudrait que les enfants puissent être envoyés à la campagne, soil temporairement, soit pour longtemps, comme dans J'CŒEuvre de Grancher ; il faudrait que Dispensaire et Bureau de Bienfaisance soient prévenus dès qu'un cas de tuberculose est dépisté par une quelconque de ces OEuvres de bienfaisance. Au lieu de cela, nous ne
LASER
voyons qu'éparpillement, efforts disséminés ou perdus par leur isolement et le manque d'entente ».
Cet état de chose a cessé, dans le Rhône tout au moins, grâce aux efforts de celui qui prononçait ces paroles. Sous son impulsion se sont successivement créés les Dispensaires annexes du Dispensaire central complétant l'ensemble des places d'arme dont dispose à Lyon la Lutte contre la Tuberculose ; en même temps se fondait pour assurer la formation du personnel nécessaire à ces Dispensaires l'Ecole des Visiteuses de Lyon. ;
La direction de cet ensemble a été centralisée entre les mains du Directeur de l'Institut Bactériologique qui est également le Professeur P. Courmont.
Ainsi s'est réalisée l’union des OEuvres de lutte contre la Tuberculose, union rendue possible par le concours bienveillant et désintéressé des dirigeants du Comité départemental d’Assistance aux tuberçuleux et de Mesdames les Présidentes des Sociétés de la Croix-Rouge de Lyon dont les noms figurent d'ailleurs parmi ceux des membres du Comité d’honneur de l'Ecole de Visiteuses de Lyon.
Mais le faisceau de ces organismes défensifs serait un instrument aveugle sans le concours des Infirmières-Visileuses. C'est à celles-ci que revient la tâche de préciser l'application des efforts des œuvres philanthropiques et d'assurer le maximum d’efficacité à leur bienfaisance en déterminant les besoins exacts des cas particuliers.
Ce
HI. Travail Prophylactique des Infirmières-Visiteuses.
Les mesures de prophylaxie antituberculeuses qué
nous venons d'essayer d'exposer et qui ont pour but l'amélioration du terrain tuberculisé ou tuberculisable seraient illusoires si elles ne s’associaient pas à une rigoureuse prophylaxie antibacillaire.
. «Il est tout à fait chimérique, a dit Chauveau, de poursuivre l'extinction du fléau social de la tubercu- - lose en s’efforçant de rendre l’organisine intubereculisable par la suppression des causes de misère physiologique, rien ne distingue les sujets vigoureux des sujets affaiblis au point de vue de leur aptitudè de recevoir et à cultiver les germes des maladies virulentes de la tuberculose en particulier ; les résultats expérimentaux ont montré que les plus solides organismes sont parfaitement aptes à contracter la tuberculose ; par conséquent la guerre directe à l'agent de cette maladie et la défense des sujets sains contre l’action infectante des porteurs de bacilles constituera la base des règles générales de l'hygiène prophylactique ».
De ces notions fondamentales se dégage peut-être insuffisamment l'influence de l'intensité de la contagion et de la variation individuelle de la résistance. La virulence n’a pas en effet une valeur absolue, on pourrait l'écrire He = V, T étant l'intensité de l'infection, R la résistance du terrain. Néanmoins
il ressort de ce que nous savons de la tuberculose
que la destruction du bacille dans le milieu extérieur doit être le fondernent de toute prophylaxie. Cette destruction relativement facile à réaliser au Sanaterium ou à l'Hôpital, devient délicate lorsqu'il s’agit de l’accomplir dans une famille exposée à être contaminée par un luberculeux vivant au milieu d'elle.
Gelle lâche s’imposera done aussi à l'infirmière- Visiteuse el cette mission ne demandera pas moins que la lutte anti-tuberculeuse de lintelligenee et du dévouement et plus encore de la science et de la
perspicacilé.
La destruction du bacille dans le milieu extérieur.
Pour combattre efficacement le bacille, Ia Visileuse d'hygiène doit d’abord bien connaître son enneini, ses Caractères, son habitat et les méthodes à employer pour le dépister et le détruire partout où il peut s'embusquer. Elle doit savoir que le pus d’un abcès froid, l'urine d'une néphrile tuberculeuse, le crachat d’un phtisique véhiculent des bacilles et que ces bacilles restent virulents même dans ces produits désséchés el réduits en poussière, qu'ils sont même alors infiniment plus dangereux parce qu'ils peuvent être plus aisément diffusés. Pénétrée de ces notions de résistance et de virulence, elle comprendra mieux la nécessité d'isoler el de stériliser les linges et les
vêlements souillés el contaminés et le danger de les
brosser, de les secouer en en répandant la poussière dans un appartement. - . Mais le principal réceplable de bacille, le principal adversaire que doit se donner l'Infirmière-Visiteuse, c'est le crachat. ;
Par l’éleetivité du bacille-tuberculeux pour le parenchyme pulmonaire la prédominance de ces localisations sur l'appareil respiraloire, le crachat est en effet l'humeur la plus richement et la plus fréquemment bacillifère. ;
a) Défense contre le bacille expectoré. (|
La question de la neutralisation du bacille expectoré semble se résumer à l'usage d’un crachoir pour éviler que le crachat ne se déssèche el ne se transforme en poussière virulente et diffusible ; en réalité
le problème est assez complexe.
a) Education des tousseurs.
Le crachat consistant n’est pas en effet seul dangereux. Dans les efforts de la toux, l’air expulsé violemiment des bronches produit une véritable pulvérisation des crachats et la trombe d’air sortant de la bouche en ce moment entraîne avec elle non seulement des petites parcelles de crachats qui, en raison de leur poids, tombent sur les objets environnants, mais aussi des gouttelettes fines de dimensions mi-
(1) Ce passage est emprunté en grande partie au Manuel des Infirmières du D' Kuss.
croscopiques capables de flotter dans l'air quelque temps.
Chez les tuberculeux à lésions ouvertes ces gouttelettes renferment des bacilles ; comme elles pénètrent sans difficultés dans les voies respiraloires des personnes avoisinantes elles peuvent y apporter le germe de la maladie dans des conditions tout à fait favorables à l’infection bacillaire des poumons.
On devra donc habituer le malade à ne jamais tousser das le visage d’autres personnes et à mettre, quand il tousse, un mouchoir devant sa bouche. Cette précaution est aussi recommandable, mais à un moindre degré, dans tous les autres efforts expiratoires, rire bruyant, élternuement, etc. ; mais CoMm-ie il ne faut pas trop demander sous peine de ne rien obtenir, on se contentera d'entreprendre l’éducation du tuberculeux au point de vue de la toux ; ce sera déjà une tâche ardue.
Ilest très fréquent de voir des tuberculeux dont les crachats foisonnent de bacilles tousser violemment, la bouche largement ouverte, éparpillant autour d'eux leurs produits nocifs et le danger est très redoutable quand cela se passe dans-une famille étroitement logée, à proximité de jeunes enfants.
Dans les familles de tuberculeux l'Infirmière-Visiteuse d'hygiène devra donc entreprendre avec toute sa force persuasive, de convaincre le malade qu'en prenant l'habitude de faire un simple geste de bonne éducation à chaque effort de toux, il peut rester sans scrupules el sans craintes au milieu des siens, puisque le danger éventuel dela toux est ainsi supprimé. Si
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le tuberculeux n'a pas de mouchoir à sa portée, il n'a qu à mettre Sa main devant sa bouche pour former écran pendant qu'il tousse ; mais de toute évidence cetle pratique est imparfaile car Ja main souillée pourra devenir contaminante. C'est donc bien le mouchoir qu'il faut employer ; dans les familles pauvres ce mouchoir sera donné par les œurvres d'assistance. Ge mouchoir servira également à essuyer après la toux les lèvres, le pourtour de la bouche, la moustache et la barbe si facilement contaminées par des parcelles de crachats ou des gouttelettes de salive. Grancher conseillait aux tuberculeux de se couper les moustaches äu ras de la lèvre supérieure et de se raser la barbe ou tout au moins de la porter très courte.
b) L'emploi du crachoir.
Quand à l’usage du crachoir son application varie suivant que le malade garde le lit ou la chambre ou continue à sortir. C'est ce dernier cas qui attirera le plus fréquemment l'attention de la Visiteuse puisqu’elle s'occupe surtout de malades venant au Dispensaire. À ces malades ambulants elle devra s’efforcer de faire accepler l'usage d’un crachoir de
. poche. [l en existe un grand nombre de modèles,
mais la principale qualité doit en être l’élanchéité : elle sera vérifiée par l’épreuve de leau. Il faudra faire comprendre au malade la nécessité de recueillir dans son crachoir toutes ses expectorations quelles qu'en paraisse l’origine salive, mucosités bronchi-
ques, pharyngiennes ou,nasales. (IT faudra, comme l'a dit Calmelte, par des conversations, des instructions répétées fréquemment, faire comprendre au malade qu'il doit prendre les précautions nécessaires pour ne pas infecter'son entourage el se réinfecter lui-même. Et ce dernier point est peut-être le meilleur moyen d'empêcher le tuberculeux de cracher partout. En effet le malade est ordinairement égoïste. Si on lui recommande de ne pas cracher pour ne pas infecter sn voisin, cette considération le laissera froid. Mais si on lui explique que ses crachats renferment de petites bêtes, que ces petites bêtes au lieu d’être détruites après qu'il les aura expulsées en toussant, vont se répandre dans l’air s’il crache partout autour de lui et qu'il s’infectera de nouveau en les réabsorbant, alors il comprendra et il s’habi- Luera à se servir d’un crachoir de poche dont il
saura ensuite détruire les germes malsains par une
antisepsie bien comprise ».
La Visiteuse d'hygiène apprendra donc également au malade à vider son crachoir après stérilisation chimique de son contenu, à le nettoyer et à le dé-
sinfecter soit par les antiseptiques, soit par Fébulli-
ion pendant un quart d'heure dans de l’eau carbonatée. D'autre part elle s’efforcera de faire comprendre au tuberculeux que-les manipulations de crachoir doivent être exécutées par lui-même, elle l’habiluerà à se laver les mains au savon après ces manipulations et dans loutes les circonstances où ses doigts auront pu être souillés par des parcelles de crachat.