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POUR U LANGUE FRANÇAISE

LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA <i>

C'est le privilège et le devoir très agréable attachés à mes fonctions, de souhaiter à tous la bienvenue dans cette salle de nos réunions annuelles.

Cette bienvenue, elle s'adresse d'abord, toute simple et familiale, à vous, mesdames et messieurs, qui êtes des nôtres, qui faites partie de notre Société du Parler français, qui lui donnez votre concours pratique, et qui contribuez donc à sa subsistance et à son développement. Puis elle s'en va, très vive encore et très accueillante, à tous ceux-là, dans cet auditoire, dont les noms ne sont pas aujourd'hui inscrits sur nos listes, mais le seront peut-être — et sans doute — demain ; à eux aussi notre bienvenue très cordiale, puisque leurs esprits, nous en sommes sûrs, fraternisent avec les nôtres.

Tous, membres titulaires, membres adhérents, et membres de désir de notre société, vous nous apportez le témoignage personnel de votre sj^mpathique bienveillance, et nous vous remercions de

(1) Allocution prononcée le 12 décembre 1906, à Touverture de la séance publique annuelle de la Société du Parler français, à FUniversité Laval. L'auteur était alors président de la Société.

démontrer si efficacement en quelle estime vous tenez l'œuvre qui est à la fois la vôtre et la nôtre.

-le *

Cette œuvre, vous me permettrez de le rappeler ici, consiste surtout à étudier la langue que nous parlons, et celle que nous écrivons; elle se préoccupe d'en rechercher les origines, les transformations et la valeur; elle prétend encore à révéler avec le langage des foules et celui des écrivains toute 1 ame canadienne qui s'y enferme et qui y transparaît; elle souhaite de découvrir, dans le parler populaire et dans la langue écrite, le tour d'esprit et quelque chose de la vie elle-même de nos gens ; elle veut voir s'y peindre on s'y refléter les mœurs caractéristiques, pittoresques, et les habitudes intellectuelles de la race. Etudier une langue et toutes les manifestations dont elle est le signe, le symbole ou l'instrument, c'est, en eff'et, nous semble-t-il, non seulement butiner sur les lèvres, mais entrer et descendre jusque dans la conscience même du peuple qui la parle, et c'est en rapporter des documents qui serviront à la fois aux philologues et aux psychologues ; c'est étudier, préciser, et définir, avec le verbe qui exprime les idées, l'esprit, la mentalité qui les conçoit.

Notre œuvre s'étend donc, en définitive, bien au delà des frontières apparentes et assez étroites de la linguistique ; elle va jusqu'à surprendre dans les mots, et enregistrer, les goûts, les inclinations, les tendances, les façons de sentir, de comprendre

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