‹ Propos de Félix FaureChapitre 14 sur 23 · LE SPECTRE DE FASHODA · texte numérisé non relu

LE SPECTRE DE FASHODA

« Le spectre de Fashoda hante la mémoire des politiciens inquiets sur qui pèse la lourde responsabilité d'une crise d'abdication nationale.

« Il est naturel qu'ils aient des remords, puisqu'ils sont coupables, et qu'ils se montrent peu rassurés, puisque leur crime est encore impuni.

« Bénéficiant d'une confusion dont l'éclaircissement menace leur sécurité, ils voudraient fausser jusqu'à l'histoire pour être définitivement couverts. A chaque occasion ils se remettent en scène, dans l'espoir chimérique de consolider les erreurs qu'ils ont fait accepter du Parlement, complice des mêmes défaillances. L'excès d'habileté devient une imprudence, car les plus audacieuses mystifications ont des bornes.

« Ainsi l'occupation récente du Bahr-el- Ghazal par les troupes anglaises nous vaut de prétendues révélations, trop favorables à de maladroits intéressés pour ne pas provoquer des rectifications vengeresses. Elles mettent en cause un mort, le président Félix Faure, et un absent, le colonel Marchand, pour déconsidérer l'intelligence du premier et le caractère du second ; bien que la tombe soit muette, bien que Marchand, silencieux par devoir militaire et abnégation patriotique, soit à quarante-huit jours de Marseille, les calomniateurs perdent leur peine : ils se repentiront d'avoir quêté un triomphe dans le récit mensonger des événements qui les condamnent.

« La famille de l'ancien chef de l'Etat a déjà protesté. Quant au chef de l'expédition Congo-Nil, inutile qu'il intervienne. La vérité, que sa discrétion ménageait si généreusement aux détracteurs, éclatera sans lui.

la.

«[Les gens qu'affole le spectre de Fashoda, parce que leur incapacité anéantit l'œuvre de Marchand, ont besoin de la dénaturer pour leur réhabilitation et leur salut : leurs insinuations tournent autour de deux inventions essentielles :

« 1° La mission sans valeur politique, sans instructions précises, ni direction spéciale, n'avait pas même l'indépendance pour remplir une tâche définie.

« 2° Par son initiative non autorisée, par sa monomanie d'occuper la vallée du Haut- Nil, par son obstination à s'y maintenir, elle a failli mettre aux prises l'Angleterre et la France, déchaîner une guerre pour laquelle la Chambre et le gouvernement avouaient leur insuffisance, ou leur manque de préparation. »

« Voilà bien les grandes objections liées, le système de reproches et de diffamations à deux fins, dont la contradiction profonde n'embarrasse pas les auteurs ; ils abaissent d'abord Marchand pour prouver qu'il a

grossi son importance gratuitement, ils V exaltent ensuite pour lui imputer perlidement l'odieux d'une rupture avec FAngleterre.

« Il fondrait cependant choisir entre ces deux vues qui sont exclusives.

« Si Marchand n'était qu'un explorateur banal, à la recherche des papillons du Nil, pourquoi l'explosion.

« Si Marchand, muni de papiers authentiques, a exécuté des ordres formels, comment serait -il le perturbateur fantaisiste dont on essaye de faire le bouc émissaire du désastre?

« Pourquoi, dans le premier cas, seMonner tant de mal pour le désavouer gauchement? Dans le second, pourquoi ses ennemis officiels Font-ils tant ménagé, accordant à ses collaborateurs, à lui-même, pas mal de récompenses et d'honneurs, pourvu qu'il se t.iise au nom de la discipline, celle que nos anarchistes violent à leur profit et dont ils imposent le respect absolu, féroce, aux seuls officiers français?

«En réalité, après la série de ripostes qui confond les étranges avocats du cabinet Brisson, il n'y a plus de doute pour personne. Les documents et les dates font foi.

« Marchand, qui a eu la conception originale de son projet, est parti d'ici avec des instructions nettes, renouvelées en cours de route, dont tous les partis ont connu l'esprit et la gravité, unis dans le vote des crédits accordés sans aucune opposition. Successivement, tous les ministres des affaires étrangères et des colonies de tous les cabinets qui se sont échelonnés pendant quatre ans ont été au courant de l'affaire complète, l'ont approuvée dans son organisation et ses conséquences. Pour eux tous, Marchand personnifiait la politique française traditionnelle en Egypte et dans l'Afrique entière.

« Or cette politique ne conduisait nullement à la guerre, mais à des arrangements honorables et nécessaires pour la France. Après les déclarations des hommes d'Etat anglais reconnaissant que la question

d'Egypte restait ouverte et serait réglée définitivement, il était clair que la possession de quelques postes sur le terrain neutre servirait, en face de négociateurs pratiques, notre cause et nos droits. Marchand, installé à Fashoda, devait être l'appui solide de nos négociateurs dans la conférence future, tranchant le vieux différend. Son expédition était capitale autant que pacifique. De là son ardeur admirable pour atteindre à l'époque utile le point indiqué. Le succès paraissait impossible à beaucoup de connaisseurs. En brisant tous les obstacles de la nature et des hommes, réputés insurmontables, il s'est acquis une gloire immortelle.

« Il a donc réussi pleinement. Pourquoi la France a-t-elle échoué? C'est que les hommes au pouvoir, au moment où il suffisait de récolter le résultat de victorieux efforts, se sont abandonnés sans motif et sans excuse.

« Rien en effet n'autorisait leur piteuse attitude.

« Si le cabinet Brisson était formé depuis peu de semaines, l'expérience antérieure de ses membres lui signalait l'exceptionnelle portée du dénouement prochain. Il était était averti d'ailleurs par l'attention particulière des Anglais. De plus, il avait certainement reçu à temps, de Marchand luimême par Liotard et Brazza, l'avis suprême de sa présence à Fashoda. Tous les avantages étaient donc de son côté.

« Dans l'héritage du prédécesseur, il recueillait le règlement complet du litige de la vallée du Niger sur le monde duquel il était aisé de calquer la discussion du litige par la vallée du Nil. Après Madagascar, après la Tunisie, la série continuait régulièrement, ni plus ni moins pénible ; c'était l'heure d'aboutir et de supprimer le dernier malentendu avec l'impérialisme anglo-saxon. Pendant les négociations du Niger, la tension avait été forte, les chicanes inquiétantes. M. Chamberlain ne craignit point d'aigrir le conflit et, profitant de la campagne Dreyfus,

de l'instabilité parlementaire du cabinet Méline, il avait, pour effrayer nos plénipotentiaires, fait le geste de tirer l'épée. Traité avec un peu de sang-froid et de cœur, l'incident tourna contre les agresseurs : la guerre fut évitée comme elle l'avait été jadis au Siam, malgré les rodomontades, le bluff de lord Rosebery.

« Tout marchait donc à souhait et une proposition décisive de l'Allemagne, que M. Delcassé avait la chance de découvrir dans le portefeuille de M. iïanotaux, offrait le moyen non seulement du déjouer les prétentions britanniques, mais de les ramener à une modestie exemplaire. Avec tant d'atouts, encore une fois, comment expliquer la défaite ?

« M. Delcassé ne songea-t-il qu'à suivre le plan du cabinet Brisson, à ravaler toute action extérieure pour ramener notre action intérieure au service de Dreyfus ? Courbé suus cette pensée obsédante, s'est-il borné à supposer que malgré tout Marchand n'ar-

riverait pas à Fashoda gaspillant deux bons mois d'avance? Alors de quel terme qualifier un tel ministre des affaires étrangères ? Si M. Munson, l'ambassadeur de lord Salisbury, l'a surpris, c'est qu'il lui a plu de ne prendre aucune précaution, de se laisser deviner et dompter.

« Pourquoi saisi de peur, en proie au vertige des ultimatums, s'est-il empressé de jeter le lest indispensable à son prestige, et de révéler, par le lâchage immédiat de Marchand, que l'Angleterre n'avait plus à se gêner ? Fixée sur l'irrémédiable pusillanimité de M. Brisson, certaine que le sort de Dreyfus dominait celui de notre avenir en Egypte, elle a joué sans tergiverser la merveilleuse carte qui s'offrait à sa plus chère ambition, elle se hâta de renier en bloc toutes ses idées de conférence et de méthode diplomatique. Elle a menacé, tempêté, tout brusqué pour arracher la solution parfaite qu'elle rêvait, sans plus s'occuper de ses promesses passées. Du coup la question ouverte était

fermée à tout j'a?nazs, et. Kitchener allait couronner, grâce au concours aveugle de M. Delcassé, la renonciation de Fashoda, par le renvoi de Marchand.

« L'Angleterre, vis-à-vis des faibles, ne s'arrête jamais à moitié chemin : elle exige tout. Fashoda livré ne lui suffisait déjà plus : elle réclama le Bahr-el-Ghazal entier, c'està-dire la limite de partage des eaux entre les bassins du Nil et du Congo. Or, nous étions à demeure dans la province depuis des années, sans qu'elle s'en émût : nos postes s'appelaient Tamboura, Fort-Desaix, Djourghattas, Bia et la Méchra. L'Angleterre intima l'ordre de déloger.

« Devant ce redoublement d'impudence et d'appétits insatiables, la guerre apparut comme possible, comme probable aux moins émus. L'Angleterre nous ayant saisi en flagrant délit d'agitation anarchique, voulutelle détruire nos escadres ? Elle semblait craindre d'autant moins le duel que nous le redoutions visiblement et l'intimidation de

nos ministres l'excitai*! jusqu'à l'outrecuidance.

« Dans les luttes délicates de politique extérieure qui dépendent d'un tour de main, d'un défaut de présence d'esprit, les principes et les déclarations sonores comptent peu ; la partie est compromise souvent en un clin d'œil à la première minute du premier engagement; le reste ne sert qu'à confirmer et grossir l'étendue de la défaite. En somme, la guerre, au début, n'a existé que dans l'imagination de M. Delcassé, forgée par lui de toutes pièces, pour passer bientôt dans le domaine des trucs et des épouvantails que l'Angleterre exploita, avide d'obtenir plus et plus de jour en jour, jusqu'à la consommation de son programme. Déconcerté, désemparé, ahuri, notre ministre songea trop tard à résister ; alors, alors seulement, la guerre fut dans l'air pour de bon. Alors, M. Faure eut raison de prendre en

mains la cause delà défense nationale ; alors la commission du budget fut bien inspirée en accordant un blanc-seing pour les mesures urgentes aux ministres de la guerre et de la marine !

« Depuis cette tragique époque, M. Delcassé n'a pas à se plaindre de son malheur dont la France porte la peine et paie le prix onéreux : car il a su intervertir assez malignement Tordre des faits pour persuader aux Chambres que la guerre avait été rendue presque inévitable par la faute des autres et que lui l'avait évitée : sa fortune ministérielle repose sur cette équivoque. Mais sa conscience ne partage pas toutes les convictions commodes au soin de son intérêt, n'a pas toute la désinvolture de ses assertions hasardeuses. Autour de son équipée, il a organisé le silence, mais il tremble qu'il ne soit rompu tôt ou tard et ses artifices perà jour.

« Le spectre de Fashoda se dresse devant lui et l'ironique correction de Marchand

l'empêche de dormir. Tant que le chef de la mission Congo-Nil ne ratifiera pas le roman ridicule par lequel on a tenté de travestir son rôle et de défigurer ses actes, point de tranquillité pour ses persécuteurs ! Quand il débarquait à Toulon; deux députés officieux l'abordèrent avant tout autre compatriote pour le prier de fermer les yeux et de dégager ceux dont il était la victime. Par pitié et par résignation héroïque, il consentit à n'accuser personne ; bien qu'il se soit tu en France et que son départ en Chine ait encore accru son mutisme, les responsables de Fashoda continuent à trembler.

« Voilà les préoccupations qui leur dictent tout à coup de nouvelles confidences, conformes à leur thèse favorite ; ils supposent que l'opinion prendra mieux le change après trois années de lassitude et d'oubli, que l'indignation de 1898 est assez calmée pour permettre de subtiles transpositions, de malicieuses ratures et d'ingénieuses métamorphoses.

(( Marchand est si loin, il est si dégoûté, et les Anglais sont si tolérants que l'aplomb est revenu aux marchands de fausses légendes. Par bonheur, il existe encore des vivants qui se souviennent, et des archives qui ne seraient pas consultées impunément. Rien ne prévaudra contre les faits acquis, dans le peuple qui a compris et qu'on n'abusera pas, dans l'histoire inflexible dont rien n'altère la loyauté sacrée, ni ne dérange les infaillibles certitudes !

M. le colonel Monteil, qui avait été désigné à l'origine pour diriger la mission du Nil, a été interviewé par la Libre Parole et par la Pairie au sujet de l'affaire Fashoda. Nous lui laissons la parole :

Interview de la Patrie .

«Trois hommes, en 1893, ont arrêté le plan d'occupation de la vallée moyenne du Nil à I.ishoda ; le président Carnot, initiateur du projet, me l'exposa dans son cabinet à TEly-

2i>'l PROPOS DE FELIX FAURE

sée et me chargea de l'exécution en présence de M. Delcassé, sous-secrétaire d'État aux colonies. En 1894, après des tribulations diverses, je partis et, pour des raisons que je ne veux pas dire, le projet fut abandonné. M. Delcassé était ministre des colonies, M. Hanotaux, ministre des affaires étrangères, et M. Garnot était mort.

«Jusqu'en 1895, le projet était opportun, l'Angleterre ne pouvait, en droit, s'y ojposer.

« En 1896, le même projet fut repris (mis sion Marchand). Mais il était inopportun; parce que, si l'Angleterre ne pouvait s'y opposer en droit, en fait, elle avait témoigné par voie diplomatique qu'elle en considérerait la réalisation comme un acte antiamical.

«A l'échéance, en 1898, c'est-à-dire après l'arrivée de la mission Marchand à Fashoda, M. Delcassé étant ministre des affaires étrangères, le gouvernement ne sut que désavouer l'acte accompli.

« Au départ de la mission Marchand, le conflit était virtuellement ouvert avec l'Angleterre : notre gouvernement n'ignorait pas la portée de son acte ; c'est là un point qui ne souffre pas d'être discuté. Les livres jaunes et bleus fourmillent de documents précis à cet égard. Donc, on devait se préoccuper de l'éventualité du succès de la mission Marchand, soit pour négocier au mieux de nos intérêts, soit pour relever une provocation.

« Mon opinion est qu'on na pas été prêt moment de Fashoda parce qu'on ne

''lo.it pas l'être.

«Le gouvernement a rejeté la responsabilité de l'occupation de Fashoda ; je ne sais quelles étaient les instructions précises don- Marchand, mais un fait est là, brutal : c'est que le 10 juillet 1808, le capitaine Marchand et ses compagnons occupaient le point de Fashoda, ayant accompli dans son evttii ' le programme initial dont j'avais 1893-I89k.

«Si ce plan on Ta repris., c'est qu'il répon-

(lait bien à une nécessité ; cette nécessité existait en 1894 aussi bien qu'en 1896, mais en 1896 le gouvernement devait savoir que l'exécution du plan serait considérée par l'Angleterre comme un acte d'hostilité. Une fois encore, notre gouvernement avait laissé échapper l'opportunité d'agir à l'heure.

« Et maintenant, voici de nouveaux documents qui prouvent que le commandant Marchand n'a pas été poussé à Fashoda par une fantaisie d'explorateur :

« A l'annexe du Livre Bleu anglais, nous lisons dans la lettre du sirdar Kitchener du 21 septembre 1898, adressée à lord Cromer, le récit suivant de son entrevue avec Marchand :

. « M. Marchand me dit qu'étant soldat, il n'avait qu'à obéir ; les instructions de son gouvernement d'occuper le Bahr-el- Gazai et le moudirieh de Fashoda, étaient précises, et les ayant exécutées, il devait attendre des ordres pour une action et des mouvements ultérieurs. »

(( Plus loin, le commandant Marchand ayant contesté la supériorité des troupes du sirdar, celui-ci continue : « Il (Marchand) me demandait de vouloir bien considérer sa situation et permettre que la question de son départ de Fashoda fût soumise à son gouvernement, car il ne pouvait, sans ordres, ni retirer, ni amener son drapeau. »

« Enfin, le commandant Marchand répondant à la lettre du sirdar qui lui annonce son arrivée (annexe 3 du deuxième Livre bleu), Fashoda, 19 septembre 1898 :

« Ce devoir bien agréable rempli (il a félicité le sirdar de sa victoire d'Omdurman), je crois devoir vous informer que par ordre de mon gouvernement, j'ai occupé le Bahr-el- Gazal jusqu'à Meshra-el-Reck et au confluent de Bahr-el-Djebel, puis le pays Chillouk, etc. »

« Et voilà. Aujourd'hui, notre situation est la suivante : Non seulement la convention du 21 mars ne nous donne rien que nous ne possédions antérieurement, mais encore,

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nous sommes désormais la seule puissance européenne qui ne puisse plus exiger de V Angleterre l'exécution de ses engagements à propos de l'évacuation de l'Egypte.

« Telle est la partie de la vérité que je puis dire pour le moment.

Interview de la Libre Parole :

a Lorsque le 16 juillet 1898, le capitaine Marchand et ses compagnons occupaient Fashoda, ils accomplissaient entièrement le programme initial dont j'avais été chargé en 1893 par M. Carnot, dont la véritable préoccupation était de rouvrir ainsi la question d'Egypte.

« Si, comme le dit une conversation relatée par le livre bleu, il n'y a pas eu de mission Marchand, c'est M. Liotard, commissaire du gouvernement dans l'Oubanghi, qui était responsable. Et alors, ou M. Liotard a donné l'ordre au commandant Marchand

d'aller occuper Fashoda et il était responsable d'un grave échec pour notre prestige national. Ou Marchand a agi de sa propre initiative, il a quitté son poste sans autorisation, il a pris des hommes, des bateaux et des munitions et il s'est targué auprés d'étrangers d'ordres qu'il n'avait jamais reçus. Il aurait dû être en conséquence traduit devant un conseil de guerre.

M.Liotard a eu de l'avancement et a été nommé officier de la Légion d'honneur.

Marchand a été fait commandeur et lieutenant-colonel.

« Lorsque M an gin fut nommé officier de la Légion d'honneur, sa nomination ne fut-elle pas ainsi libellée?

« C'est lui qui vient d'occuper Fort-Desaix, ouvrant ainsi à la mission la porte du Bahrrl ( rbazal. »

« Voici, telles qu'elles sont données par M. Lebondansla Reçue des Deux- M ondée, une partie des instructions initiales qui furent transmises à Marchand :

« Au mois de septembre dernier, vous avez « soumis à mon prédécesseur le plan d'une « mission que vous vous offriez à remplir « dans le Haut-Oubanghi, en vue d'étendre « l'influence française jusqu'au Nil. . . Elle de- « vait, dans votre pensée, remonter le Bali, « et, parvenue au Bahr-el-Haur, gagner de là « le Bahr-el-Ghazal, puis atteindre le Nil «blanc à Fashoda...

a D'une part, nous ne pouvons ni ne

« devons cesser nos bonnes relations avec les «sultans; de l'autre, si nous voulons avoir « chance de devancer le colonel Colville sur le « Nil, il faut aller de l'avant et pour ce faire, « ménager les mahdistes. »

« Rien ne subsiste donc de ces sous-entendus créés par un des intéressés, le colonel Marchand n'a pas outrepassé la mission qui lui avait été confiée ; il a strictement obéi à la consigne qui lui avait été donnée; il a accompli sa tâche sans faiblesse. »

Le chapitre suivant a paru dans le journal le Gaulois en août 1895. Il n'a été l'objet d'aucune rectification. Même M. Casimir-Perier a reconnu, dans une conversation publique, qu'il contenait une très grande part de vérité.

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