‹ Propos de Félix FaureChapitre 3 sur 23 · DOCUMENTS DIVERS SUR L'AFFAIRE · texte numérisé non relu

DOCUMENTS DIVERS SUR L'AFFAIRE

de Fashoda.

Le Temps a publié, le 8 juillet, la note suivante dont les éléments ont été recueillis à des sources officielles :

« Nous avons indiqué hier, d'après les déclarations de M. Ed. Lockroy, la manière dont le ministère de la Marine s'organisait pour faire face aux éventualités qu'aurait pu faire naître l'incident de Fashoda.

« De son côlé, le ministère de la Guerre prenait toutes mesures avec activité et méthode, mais sans bruit.

« Le ministre, M. de Freycinet, d'accord avec le Conseil, donnait une série d'ordres : renforcement des corps d'Algérie, déplacement de troupes, contrôle et réfection de l'habillement, du matériel de guerre, visite des forts, mise en service des nouveaux modèles.

« Ces dispositions, prises de novembre 1898 à mars 1899, étaient exécutées minutieusement par les soins de l'état-major général, dont le chef, aujourd'hui mort, le général Brault, fît preuve d'une grande activité. Un seul détail en témoigne : sur les instructions du ministre, il partait, chaque samedi de cet hiver-là, en voyage d'études, inspectant les places fortifiées, en compagnie des directeurs de l'artillerie et du génie, les généraux Deloye et Laurent. Ils rentraient le lundi matin pour reprendre le travail de cabinet.

« Grâce à ces efforts, le ministre de la guerre put, en ce qui le concernait, donner au conseil des ministres des indications ras-

surantes. C'était en janvier 1899, M. Félix Faure présidait la réunion, ayant à ses côtés M. Charles Dupuy. »

Le Radical a interrogé MM. Mesureur et Camille Pelletan sur ce qui s'était passé au moment de l'affaire de Fashoda entre les membres du gouvernement et les membres de la commission du budget.

Nous citons le Radical:

« Le récit du Figaro, nous dit M. Mesureur, est exact, à cela près qu'il y a eu deux réunions : une chez le président delà République d'abord, l'autre chez le président du conseil ensuite.

« Le président de la République nous dit : «J'engage ma responsabilité. Je vous demande votre approbation. » Cette approbation, nous l'avons donnée d'un même élan.

« Chez le président du conseil, à la seconde

réunion, Pelletan fit un très vibrant et très beau discours patriotique. Nous avons jusqu'alors gardé le silence sur ces faits, mais notre rôle ne saurait, je crois, qu'être approuvé, et puisque mon témoignage est demandé, je n'ai qu'à le donner en toute sincérité.

«A son tour, M. Pelletan nous confirme l'exactitude des faits produits.

« Lorsque, chez Dupuy, dit-il, on nous demanda notre avis, je me bornai à faire observer qu'il serait absurde de demander ouvertement ce que les ministres de la guerre font tous les jours dans de moins graves circonstances, c'est-à-dire l'autorisation d'engager certains crédits exigés par la défense nationale, alors que, justement, il fallait, en l'occurrence, dissimuler à nos adversaires les préparatifs que nous devions faire.

« Nul Français n'eût pu hésiter en pareil cas et je n'hésitai pas une seconde, pour mon compte, enm'engageant à justifier notre conduite devant nos collègues du Parlement. »

Le journal VI: clair a publié le 6 juillet l'article suivant que nous reproduisons depuis le titre et le sous-titre jusqu'à la dernière ligne :

FASHODA

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