LA PREPARATION A LA GUERRE
«Quoiqu'il en soit, je pense et j'ai toujours pensé que le meilleur moyen d'éviter la guerre est d'être prêt à la faire. Aussi, dès mon arrivée au ministère de la marine, je n'eus pas d'autre préoccupation que la préparation à la guerre.
«Cette préparation entraînait des dépenses considérables, mais il était impossible de demander ces crédits au Parlement. On eût ainsi annoncé qu'on se préparait à la guerre et, par -cela même, on pouvait rendre la
guerre inévitable. Dans l'état d'esprit où se trouvait l'Angleterre, des préparatifs de guerre en France pouvaient entraîner l'ouverture immédiate des hostilités.
« On sait d'ailleurs que l'Angleterre — une statistique très sérieuse a été faite à ce sujet — a neuf fois sur dix commencé la guerre avant de la déclarer.
« Pourtant, de l'autre côté de la Manche, on se livrait à des préparatifs beaucoup plus considérables que les nôtres. Le chiffre des dépenses effectuées alors n'est pas moindre de 150 à 200 millions.
«Donc, je le répète, il n'était pas possible d'ouvrir un débat devant le Parlement. Il fallait prendre la responsabilité d'engager des crédits sans autorisation, quitte ensuite à venir demander aux Chambres un quitus
[initif. C'est ce qui fut fait plus tard dans Tordre que je vous indiquerai.