‹ Propos de Félix FaureChapitre 6 sur 23 · LES VOYAGES DE M. LOCKROY · texte numérisé non relu

LES VOYAGES DE M. LOCKROY

« Etant le plus directement intéressé, je commençai immédiatement les dépenses qui, tant pour la marine, les colonies et la guerre, se montaient à soixante ou soixante-dix millions. Les motifs de ces dépenses étaient les suivants. J'avais fait, à cette époque, des voyages successifs sur tout le littoral de la France, depuis Dunkerque jusqu'à Nice ; j'avais aussi visité la Corse, l'Algérie et la Tunisie afin de me rendre compte de l'état de nos défenses maritimes.

«Les côtes de France étaient très bien armées en matériel, c'est-à-dire que les canons étaient en place et, bien qu'il en manquât en certains endroits, bien que certains ne fussent pas absolument prêts, l'ensemble était satisfaisant.

« Mais on manquait d'hommes dans des proportions considérables. A Cherbourg, à

Brest et partout, la moitié de nos canons eussent été inutilisés, faute d'artilleurs pour les servir. Je dus emprunter près de trois mille hommes à l'armée de terre. Il fallait aussi compléter les approvisionnements de la flotte et c'est alors que je m'occupai de la reconstitution des escadres en changeant la répartition de nos forces sur le littoral.

Page 1