‹ Propos de peintreChapitre 12 sur 30 · XX VII · texte numérisé non relu

XX VII

déesse, ou un héros dont il avait tu le nom et cette apparition devait éveiller en nous le sentiment du Divin, ou l’émotion qu’aurait un planton dans sa guérite, si M. le maréchal Foch venait lui demander de ses nouvelles. D’où, une fois, ce pastel de Mme de C., qui, dès que je l’eus peint sans avoir échangé une parole avec cette matérialisation médiumnimique, fut enfermé solennellement dans un sac de cuir, comme le cadavre d’un passager de transatlantique, pour être jeté à la mer. Il me demeura, depuis, invisible; peut-être me ménageait-on le plaisir de me croire l’auteur d’un chef-d’œuvre inconnu? D’ailleurs, je rencontrai bientôt, en tous lfeux cette dame que chacun désignait par son petit nom, et dont le mystère était le sortilège d’un habile magicien. Combien en avons-nous subi, de ces illusions charmantes, dans le Paris d’alors, grâce à cet homme si pratique, d’autre part, si implacable flagelleur d’une société où le sens de la qualité commençait à se perdre... S’il avait persévéré dans sa retraite d’artiste, évitant les applaudissements et les succès- du monde — péril qu’il nous dénonçait en sage — au lieu de se gaspiller lui-même un peu plus tard, et de se répandre partout, lui qui m’ordonnait une réclusion laborieuse — Robert de Montesquiou tiendrait aujour-

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