‹ Propos de peintreChapitre 8 sur 30 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

hôtes qu’à dix-huit ans vous traitiez en Lucullus, et mettiez en rapport avec vos professionnal beauties un Elstir, un Gottard, un Bergotte et tant d’autres admirables héros qui participent désormais à notre existence. Vous receviez les duchesses douairières, les futurs ducs, à qui vous donnâtes ensuite plus grande audience dans votre pastiche de Saint-Simon. Tel ce qu’on m’en rapportait, car, soucieux de mon travail plus que du vôtre, vous avez toujours tenu à m’épargner ces divertissements. Je ne sais rien de plus juste que ce que vous avez dit dans votre préface sur le palladium qui me protégea de bonne heure contre les périls de la conversation de société. Cette influence tutélaire, ne l’appellerions-nous pas, tout prosaïquement, mon fragile estomac, — ou mon imprudente franchise dans l’aveu de mes admirations et de mes dégoûts? Du même ordre, la protectrice de votre œuvre ne fut-elle pas, mon cher Marcel, la fièvre des foins?

' Je répète « imprudente franchise? », mais j’ajoute un point d’interrogation ; car en se remémorant les propos d’alors, on pourrait se demander si jamais, dans aucune société polie, un débutant entendit, prononcés et colportés par la presse, des propos plus perfides, des calomnies plus abjectes que celles qui secouaient de rire les

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