‹ Propos de table de Victor HugoChapitre 12 sur 23 · L'ACADEMIE · texte numérisé non relu

L'ACADEMIE

Victor Hugo n'esl pas toujours aimable pour l'Académie française, mais il l'admet en principe,

surtout comme fille aînée de l'Institut. La création des cinq classes de l'Institut lui paraît une des plus grandes pensées de la Convention.

Comme détail, comme organisation, il abandonne volontiers ce corps respectable aux railleries des poètes qui n'en sont pas. L'autre soir, on a mis dix hommes de lettres, réunis au salon, au déri de se rappeler les noms des membres actuels de l'Académie; on est arrivé difficilement à vingt noms. C'est déplorable.

On a expliqué comme quoi l'Académie, à l'instar des corps politiques, se divisait en trois ou quatre groupes, ayant leurs chefs défile et se pas-

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sant réciproquement la casse et le séné pour arriver à faire nommer des candidats extraordinaires.

Victor Hugo raconte volontiers les difficultés et les obstacles que sa nomination rencontra. Ce qu'on ne sait pas assez, c'est qu'il ne se fit candidat à l'Académie que pour arriver à la Cour des pairs, dont les portes ne pouvaient lui être ouvertes sans qu'il fît partie d'un corps spécial, rachetant son manque de fortune. Cela a l'air embrouillé et ridicule, mais c'est comme cela.

Du reste, le poète échoua contre Dupaty,en 1836, et s'en consola en disant :

« Je croyais qu'on allait à l'Académie par le pont des Arts; il paraît que c'est par le Pont- Neuf. »

Victor Hugo a conservé un souvenir grotesque des visites qu'il faisait à ces bustes qui le recevaient en robe de chambre et le regardaient comme un pestiféré. Quelques-uns ne craignaient pas de montrer ouvertement leur « répugnance » ; entre autres Baour-Lormian, à qui Théophile Gautier ne le pardonna pas.

En 1839, Victor Hugo fut battu par M. Mole; en 1840, par M. Flourens; en 1841, il passa tout juste, et le soir de son élection, la poste lui apporta ce quatrain, non affranchi, qui rappelait le retour des cendres de Napoléon :

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