XI. — La fontaine de Duhort-Bachen
LES DACOUOÏSES
Ce n'est pas d'aujourd'hui que date mon platonique attachement pour les Dacquoi^es. Mais je liens, en ce moirient, à fixer, dans une forme plus complète, l'admiration que j'ai pour ces femmes, qui incarnent en elles la heauté de la Gascogne.
Oui, voici déjà des années que je romps des lances courtoises, dans les tournois liltéraires, en l'honneur des helles dames de Dax. En octobre 1896, — tout au début de ma première campagne de Propos Gascojis, — après avoir payé d'abord un tribut de reconnaissance à ma ville aimée, Fontarabie ; — dans une seconde chronique : les deux Midi, où j'opposais à la Provence trop vantée et trop vantarde notre Gascogne liier encore si méconnue, au premier plan, en face des Arlésiennes, je campais victorieusement les Dacquoises.
Voici ce que je disais dans ce Propos que j'aurais
Aoulu pouvoir buriner avec la plume que tenait Alphonse Daudet, quand il publiait les Lettres de son Moulin provençal ; « Si nos coups d'épée nous ont poussés en avant de vous, est-ce que les beautés de votre ciel et de votre art font pâlir les nôtres? Non, vous ne pouvez même pas opposer Athènes à Sparte. C'est vrai, la llcur grasse du sang latin s'épanouit sur les visages pâles de vos Arlésiennes ; leurs cheveux lourds et la courbe de leur menton se découpent en profil de médaille impériale. Mais, sur les bords de l'Adour, le !(»no- do la source bouillomiante de la Nèhe, les sveltes lilles de Dax, le sang aux joues, semblent, le matin, en ployant leva- taille, adorer la nymphe celtibérienne, avant de disposer sur leur Iront, avec le geste héréditaire, la cruche maintenue par les anses d'amphore de leurs bras blancs )).
Maintenant je vais prouver la vérité du parallèle que j'alTirmais alors.
Alphonse Daudet, dont je parlais tout à 1 heure, sentit sur le tard le besoin de commenter ses livres ; je veux, à son exemple, commenter im de mes Propos Gascons.
Les Arlésiennes, je les ai dépeintes en connaissance de cause et de modèle. J'étais allé les voir elles étudier chez elles. Par deux fois, j'ai visité leur ville, et j'ai
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séjourné dans leur grand iiotcl de la place du Forum. Accroupie autour des foyers ronds et clairs de ses splendides monuments antiques, Arles n'est qu'une petite ville, noire, sale et triste ; ses rues tortueuses se replient l'une sur l'autre, en labyrinthe sans écheveau de Dédale, pour se garer sans doute contre les courants d'air du mistral. Ah ! ce vent froid à décorner les bœufs de la Camargue, je laisse à Tartarin et à ses frères le privilège d'en goûter la prétendue poésie. J'aime mieux encore notre chaud vent d'autan de Toulouse, mais je lui préfère surtout le vent du large chanté par Isidore Salles, ce vent landais soufflant dans les grands pins et traînant après lui les senteurs marines et les parfums des gemmes résineuses.
Et les Arlésiennes, en dépit du mistral? Que voulez vous, dans leur ville, à Saint-ïrophyme comme aux Aliscamps, j'ai contemplé de belles statues romanes et de beaux tombeaux romains, mais je n'ai pas admiré d' Arlésiennes. Sans doute que pour un touriste d'aussi petite marque elles avaient laissé leurs affiquets reposer dans l'armoire, réservant la coiffe blanche, sertie de noirs rubans et de noirs cheveux, pour les courses des arènes romaines et pour les ferrades de la plaine de la Graii. Et cependant, il en est de très belles. Ce type au teint mat et au menton empâté de médaille latine, je l'ai croqué très réellement au passage. A Arles? Non pas. Savez-vous oii? Réjouis-toi dans ta tombe, ombre de Tartarin ! J'ai pris mon instantané d'Arlésienne à
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Tarascon. Cevi.x de aous, qui sont descendus, entre deux trains, en cette immense gare cosmopolite, triangle ilont on lait le tour sans (in, ont remarqué, connue moi, ces belles filles de lîeaucaire. de Tarascon, d'Arles aussi peut-être, qui, massives, pâles et superbes, circulent le long des trottoirs ou à travers les salles d'attente.
Oui, là-bas, il en est de très belles et de bonnes à admirer. Mais ici, à Dax, il est des femmes très jolies et bonnes à vous charmer ; et celles-ci valent mieux que les autres. Si c'est à Tarascon que je fus réduit à poursuivre mon type d'Arlésienne, où voulezvous que j'aie noté le geste héréditaire de macanéphorc dacquoise ? En ce haijn boiiren dont Isidore Salles chanta les mirifiques vertus; en ce coin de place unique en Gascogne, où, dans un cadre de colonnades de grand style, au milieu des vapeurs sulfureuses, de belles filles, dans une des poses de la \énus antique, remplissent à la source gauloise leur cruche d'eau bouillante.
Je me vois encore, un matin d'audience d'été, avant l'ouverture des portes du Palais, m'occupant, dans ma flânerie le long des rues, à ressasser les arguments de ma cause. Je ne sais si ma plaidoirie d'après s'en ressentit, mais, arrêté aux abords du bagn boiiren, je fermai mon esprit aux sérénités du droit, et je baignai mes yeux d'archéologue et d'esthéticien dans ce tableau matutinal de la Fontaine Chaude.
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Et maintenant, voulez-vous que je complète les confidences du prosateur, passé poète? C'est le cas de dire que la prose du jour vint casser les ailes delà poésie du matin. L'après-midi, je faisais une visite ; en montant l'escalier, je me heurtai à ma nymphe de la fontaine, vulgairement occupée, en costume de cuisine, à frotter, à cropeton, avec une serpillière, les marches et le palier houeux.
Ce n'estpas le long des arcades seules de la Fontaine Chaude que la Beauté court les rues de Dax, soiis les formes un peu frustes encore déjeunes servantes. Mais, vraiment, est-ce que j'aurais la prétention de révéler auxDacquois quel est, dans leur honne ville, le poste de prédilection de ceux qui aiment, pour le plaisir des yeux, à regarder les jolies lilles qui passent;*
Etendu, la tète à l'omhre et les pieds au soleil, devant ses anciens palais regorgeant de richesses, don César de Bazan se consolait de ses bonnes fortunes éventées comme sa bourse, en voyant entrer et sortir des duchesses madrilènes.
Tous les jours, — l'hiver, embossés dans leur cape taillée à l'espagnole, l'été, coiffés du feutre plat des toreros, — les jeunes gens de Dax ne font-ils pas les cent pas sur le pont de pierre, à l'heure de la sortie des ateliers, pour regarder, sous un nez rieur, les ou-
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vrières venant de Saint-Paul ou rentrant au Sablar ?
Ici, je veux céder la parole à un dacquois pur-sang, au charmant écrivain Serge Barranx, qui, dans ses Crt/>/7Vr.s' de jeunesse, chanta les allées et les venues du vieux pont de pierre. Pour lui : <( la Dacquoise est la sœur delà Carmencita ; coilTée du traditionnel foiilard, elle garde son air de petite princesse. C'est pourquoi, conclut-il, mieux que l'Andalouse de Musset, ou que la Parisienne de Louise Abbéma, me plait infiniment la Dacquoise à l'œil noir, ileur rare qui ne croît que sur les rives éternellement vertes du fleuve Adour. »
Laissez-moi faire passer sous vos }eux le délicieux croquis de Toutes caàtotes, qu'a dessiné Serge Barranx, sur le pont de Dax, alors que sept heures du soir sonnaient au vieux château s'effritant sous la pioche des démolisseurs :
(( Adossée au parapet du pont, la vieille marchande de marrons a installé le fourneau tout pétillant, vers lequel elle tend ses longues mains osseuses. Et dans l'épais brouillard qui monte du fleuve, sous la bise cinglante qui mord les visages et les mains, elle pousse son cri tremblottant : toutes caàtotes. toutes chaudes. Bien mignonnes sous leur capeline blanche ou dans leurs cols de fourrure, trottant menu le long des trottoirs, les petites couturières défilent devant elle. Toutes sont belles de cette beauté du diable, qui met dans leurs grands yeux noirs une flamme malicieuse, et, au coin de leurs lèvres, quand, dans un éclat de rire, elles font
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voir leurs quenottes de souris grignoteuscs, je ne sais ([uel air drôle de gamin gouailleur.
»... Quand le défilé a cessé, tandis que dans le brouillard du fond les sveltes silhouettes s'estompent avant de disparaître, la vieille marchande, les regardant encore, toutes vagues dans le lointain, les salue d'un narquois : toutes caiitotes.
)) Et elle, qui en a vu bien d'autres, tout en pliant à la hâte sa cahute, pense aux temps lointains où, par ces froides soirées de novembre, elle s'en allait, tout aussi pimpante et non moins coquette que les mauviettes de tout à l'heure, tandis que la vieille Mardidon, une de celles qui l'ont précédée à cette place, lui criait, ainsi qu'à ses compagnes : Toutes caiitotes.
■'. Hélas ! plus caàtote, à cette heure ! La bise glaciale de la soixantaine a depuis longtemps soufflé dans ses veines, avec le froid qui saisit et qui tue, l'amer regret des choses défuntes. »
Après ce tableautin du bon confrère Serge Barranx, — morceau joyeux et triste à la fois comme une page de Loti, en sa chaîne sans lin de jeunesse s'envieillissant, — laissez-moi glisser, dans mon cadre à projections, un cliché, qu'aucun voile de mélancolie ne vient ombrer.
Vers la fin d'une après-midi de Dimanche gras, un de mes amis avait escaladé le rebord de l'abside extérieure de l'église Saint-Paul-lès-Dax, pour étudier à la loupe ces curieuses sculptures encore plus romaines
que romanes. Ln claii' éclat de rire vint le troubler dans ses sévères explorations archéologiques. 11 retourna la tête du haut de sou perchoir, et il vit, groupées à ses pieds, de belles filles qui riaient de cet amoureux des pierres s'absorbant dans les choses du passé, alors qu'aux premiers rayons du soleil de mars, la jeunesse courait en chantant le long des chemins déjà fleuris de violettes. Et l'étranger pensa à la cantilène garonnaise de Jasmin, qu'il déformait ainsi :
Las carreras dehrcu jiouri.
Tan belo drolo ba sourti.
Dekren Jiouri, dehren grana,
Tan bclo drolo ba passa.
Faisant infidélité à ses h'oides figures antiques, il suivit le sillage de ces figures animées et prit l'arrière-garde dans le cortège des donzolles et des donzelons du nohi Carnahal. Peut-êlre ne saurait-il retrouver sans guide — mais tout Dax pourrait lui en servir — la maison bruyante où le conduisit, bras-dessus, brasdessous, la joyeuse farandole. C'était une auberge de banlieue oi!i l'oa donnait à boire et à danser. Il gravit un escalier branlant en échelle de moulin, et se trouva, à la luevu- douteuse de quelques lampes à pétrole, sur une large galerie qui faisait le lour d'une salle enfumée.
Le plancher de ce premier étage était encombré de
tables nues et de chaises vides. Pendant qu'un garçon
empressé servait à mon ami la boisson populaire gasconne. — \e panache de limonade et de bière, — audessous de lui, dans un vague méli-mélo. rappelant un capricho de Goya, une foule obscure se trémoussait aux sons d'un orchestre cahoteux. Les nuages de poussière envolés sous les pieds des danseurs remontaient et le prenaient à la gorge ; il se disposait déjà à abandonner son fauteuil de balcon, rebord d'une margelle de puits sonore dont il ne distinguait plus le fond brumeux. L'orchestre s'arrêta tout à coup, sur un point d'orgue ponctué de cymbales. Un trottinement de talons martela l'escalier que l'artiste allait redescendre et il se trouva en face de son cortège de Saint-Paul-lès- Dax.
Roses du menton aux oreilles, essoufflées, en nage, les belles filles s'éventaient avec le mouchoir qui préservait tout à l'heure leur taille claire enserrée par les mains nues de leurs danseurs.
Toutes prirent d'assaut les tables vides. La poussière était retombée, les quinquets remontés brillaient un peu plus, le puits du bas était maintenant noir et vide. Ce fut une succession de jolis gestes, de rires aux dents blanches et de lestes propos.
A côté de mon ami, s'était assise une blonde fille en cheveux ; sa taille longue, élargie aux épaules, se ployait sur des hanches arrondies comme les vases antiques sculptés contre l'abside de Saint-Paul. Le jeune homme l'observa du coin de l'œil, elle le res:arda
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franchement ; il sourit, elle rit à belles dents. Et déjà, il me l'a avoué, il était en train de héler le garçon pour qu'on leur servît de plus nobles boissons que la gazeuze. Boum ! boum ! un appel de trombone remonta du bas. Aussitôt, au bras d'un cavalier qui venait réclamer son tour de valse, la Dacquoise s'envola dans un frou-frou de jupes, en lançant à l'inconnu la flèche de Parthe d'une dernière œillade. Il redescendit pour de bon l'escalier et s'en fut, tout seul, par les carreras dont on ne voyait plus les violettes. Oui, Mesdames, voilà la confession sincère qui m'a été faite d'un petit roman dacquois. Elle est moins poétique que la Bonne Fortune de Musset, sans doate. Comme vous le voyez, ainsi d'ailleurs que les meilleures aventures, cette histoire fut toute en préface.
Je vous ai parlé jusqu'ici de servantes aux poses bibliques et de grisettes aux talons frétillants ; vous le comprenez sans peine, j'ai gardé pour la bonne bouche les femmes du monde.
Je voudrais rendre, en une phrase, la distinction de ces mondaines. Quand les bourgeoises de Dax trouvent au fond d'une corbeille de mariage une couronne héraldique, elles la portent avec tant de noblesse innée et tant de grâce souveraine, qu'avec plus
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d'orthographe et autant de beauté que M'"^ Sans-Gêne, elles peuvent, après la maréchale Lefebvre, répéter : (( C'est nous qui sommes les princesses ! » Youlez-vous qu'avec une indiscrecion (jrande, comme disent nos voisins et nos amis les Espagnols, nous pénétrions, grâce à la baguette retrouvée du Diable Boiteux, dans la chambre d'une jeune fille dacquoise ? Faisons donc ensemble, — oh de jour ! — un voyage autour de cette chambre à coucher.
Au chevet de ce lit tout blanc de fiancée est adossée à la muraille, sous un vert dôme de laurier bénit, la statuette de la Vierge Marie. Et c'est notre Vierge de Gascogne, celle qui porte l'écharpe bleue sur la robe blanche, celle qu'avant le miracle de Lourdes, le beau Phébus invoquait déjà, quitte à inscrire sur les écussons de ses châteaux : « J'ay belle dame ! » , quand il criait dans le fracas des batailles : « Notre-Dame ! Bigorre ! »
L'image pieuse, la jeune fille l'invoque le matin et le soir. Mais, qu'est-ce qui brille, accroché à la tapisserie des murs, pour le plaisir de ses yeux dans la journée!' Des souvenirs de cotillon, sans doute? Erreur, ce sont des reciierdos de corrida. Les vastes aba- 7iicos, rapportés un soir de grande semaine de Saint- Sébatien, se déploient largement et déroulent leurs scènes de courses sur leur fond jaune et orangé.
Dans les cadres des glaces, sont glissés des trophées de photographies. Et ce ne sont pas les fracs moirés
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des cousins danseurs de l'hiver. L'Elu seul s est casé dans une petite place. Ne vous étonnez pas : les beaux seigneurs qui se carrent dans ces cadres dorés sont des loreros d'au delà des Monts.
A tout .se/lor tout honor : En tête de ce paseo figure le grand Rafaël Guerrita ; renfrogné, il semble pleurer les cheveux qui, un à un, désertent sa coleta. Au-dessous, les deux frères Siamois du toreo andalou, Reverte et Algabefio : Reverte, ce ressuscité qui ne relève plus d'aucune école et qui se complaît à faire agenouiller son taureau expirant sous l'éventail de la belle dame, penchée, le regain dans l'autre main, contre la corde de la barrera ; Algabefio, cet élève préféré du Kalife de Cordoue. qui aime, à l'exemple de son maître, à caresser le muflle du bicho et à lui parler à l'oreille, s'en amusant comme un petit chat ferait d'une monstrueuse souris, avant de lui porter la foudroyante estocade aux doigts mouillés. C'est, enfin, pêle-mêle, la théorie des célébrités d'hier et d'aujourd'hui : le toujours beau et toujours grand don Luis Mazzantini ; Bombita, l'aimé des belles Madrilènes, et tous ces jeunes qui s'empressent à prendre le pas sur leurs anciens. Voilà la chambre de notre jeune fille : La Merge et les toreros. Mais, n'est-ce pas là l'Espagnole? Non, c'est mieux qu'elle encore, c'est la Dacquoise !
Je disais que les feiunies de Dax sont préférables même aux femmes d'Espagne. Quand on les contemple groupées aux arènes, au hasard delà lorgnette, on peut constater que la corbeille fleurie de leurs loges est plus riante que toute une cour de grandesses castillanes.
Un dimanche des liameaux, j'ai suivi et remonté, de bout à fond, cette artère du Tout -Madrid, la callc de Alcala. La chaussée était sillonnée par des carrosses tout échevelés de palmes ; les chevaux andalous étaient,' eux aussi, yZo^yutw aux oreilles de touffes de palmiers. Sur les larges trottoirs, les scf/oras se suivaient en rangs serrés, le leint mat. l'œil brillant, le visage ovale, la taille loiu'de. De toutes ces mondaines, étrangères l'une à l'autre, ont eût dil des cousines, des sœurs, lant elles se ressemblaient. Leur figure était frappée au coin du même type de famille. Les Espagnoles sont belles d'une uniforme beauté. Et ce que je viens de dire d'elles, je pourrais l'appliquer à leurs sosies, les Arlésiennes, qui, elles encore, se ressemblent si étonnamment. Les Dacquoises, je le répète, sont jolies ; dans leurs cheveux si ondoyants, dans leurs bouches si fraîches, dans leur teint si rosé, dans leurs traits si délicats, on retrouve, mêlées, la gracilité des Landes, la noblesse basquaise, la fleur du sang béar nais, fécond levain, pétri avec la chair de femmes qui diffèrent en charme, et qui no se ressemblent pas.