‹ Propos gascons; deuxième sérieChapitre 36 sur 48 · IV. — Si le temps le permet · texte numérisé non relu

IV. — Si le temps le permet

\ . — Mon loro de Fontarabie.

l/ELECTRA DE PÉREZ GALDOS

J'ai longtemps hésité avant de me résoudre à parler, dans mes Propos gascons, d'Electra, la pièce récente de Pérez Galdôs, le grand écrivain espagnol. Ce drame passionné raconte les hésitations d'une jeune fdle, que des gens d'église attirent au couvent et que des gens du monde veulent en arracher. Pendant que le théâtre exposait cette thèse, le Palais de Justice de Madrid entendait un illustre orateur, ancien président de la République espagnole, demander aux juges de briser les grilles d'un cloître. Cette coïncidence, voulue sans doute, entre la première représentation de Pérez Galdos et la harangue de Nicolas Salméron, a déchaîné l'émeute dans les rues de toutes les grandes villes de l'Espagne. Et là-bas, les révolutions, nées de l'émèutc anticléricale, se comptent par douzaines !

D'autre part, en France, un parlement abolition-

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nisle a voté la mise hors du droit commua des congrégations religieuses.

Lors de l'article 7 et des décrets, Emile Augior, qui était un libre-penseur libéral — lespècc en est devenue rare — se refusa à autoriser la reprise du Fils de Giboyer. u Je n'aime pas, dit-il, à me mettre contre les vaincus. » Dans la préface de cette pièce, Augier voulant portraiturer Louis \euillot, parlait « de celui qui joue du bâton devant l'Arche ». Je ne suis pour ma part ni des joueurs de flûte ni des joueurs de bâton, mais si les sectaires, passant des cris aux actes, cherchaient à culbuter l'Arche dans le fossé, moi qui fus toujours du parti des vaincus, pour la redresser dans le chemin, j'irais gaillardement de mon coup d'épaule.

De là viennent mes hésitations à commenter et à louer une pièce de théàtro, non pas antireligieuse sans doute, mais anticléricale certainement.

Eh bien, avant de m'exécuter, je tiens à m'expliquer franchement sur ces questions d'actualité brûlante.

Je n'aime pas lés Moines qui font de la politique mais j'aime les Pères qui font des œuvres, et ils sont les plus nombreux. Je n'aime pas les nonnes butineuses, qui, sans les payer ou sans les doter, dressent de pauvres orphelines à broder des nappes d'autel ou des chemises de filles, mais je vénère comme des saintes les religieuses qui prient, qui enseignent et qui soignent, mais j'aime comme des amies ces Petites Sœurs des Pauvres dont les doigts se joignirent aux miens sur

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