‹ Propos général des plaies et solutions de continuitéChapitre 11 sur 17 · Albumen ovi vel vitellus · texte numérisé non relu

Albumen ovi vel vitellus

De la Convulsion

Par convulsion, Averroès entend recourbement des membres, ou telle raideur qu’on ne les peut fléchir ni étendre {dilatari) : car en icelle l’opération n’est pas abolie, comme en la paralysie, ains est changée, d’autant que la convulsion (au cinquième des Maladies et Symptômes) est im mouvement vicieux, et advenant à la vertu motrice volontaire, d’une disposition de maladie. Et pour ce c’est une maladie de nerfs (au troisième Canon) en laquelle les muscles se meuvent vers leurs principes et sont désobéissants à la dilatation.

Causes. Le chef ou source de ce mal (selon Galien au même lieu) est double, ainsi que l’a indiqué Hippocrate, réplétion et évacuation : savoir ès dispositions phlegmoneuses, est réplétion : ès fièvres très ardentes, et très sèches, est évacuation. Or qu’il advienne, que tout corps nerveux qui est rempli, ou qui est vide, soit plus tendu, les cordes tendues aux instruments de musique le démontrent. Car elles se rompent, si on les repose tendues, en maison humide ou sèche. Et pour ce, les joueurs les lâchent, avant que les poser. Et suivant cela, le même est démontré par les courroies présentées au feu, ou exposées à l’air humide, au troisième du Colliget. Avicenne y ajoute un troisième chef, lequel combien qu’il ne soit proportionné à la matière, toutefois c’est une nuisance qui contriste le cerveau, à raison de laquelle les nerfs refuient {refugiunt), et se ramassent pour rejeter la cause qui les empêche.

Donc il y a trois matières de spasmes, d’inanition, de réplétion, de compassion du cerveau. La première est causée principalement à raison des grands flux, au cinquième des Aphorismes, et des chaleurs démesurées, et des pourritures qui liquéfient, au second des dits Aphorismes, le vingt-sixième : il vaut mieux que la fièvre survienne à la convulsion, etc. La seconde est faite des apostèmes et tumeurs qui s’évanouissent {dispergentes) (en fin, au cinquième des Aphorismes : A tous ceux qui ont des oedèmes, etc.), et aussi, des froids excessifs qui remplissent et épaississent les nerfs (au même cinquième : Le froid cause convulsions). La troisième est faite à cause de la douleur, au troisième du Techni, par pointure de nerfs et de tendons, et à cause de la mordication faite du mauvais humeur et qualité venimeuse, au Commentaire sur le cinquième : La convulsion causée de l’ellébore, etc.

Or des susdites convulsions, les unes sont universelles, qui sont faites quand la nuisance parvient jusqu’au cerveau : lequel s’essayant de repousser l’injure, retire [contrahit) les nerfs, et parties nerveuses, et les rend convulses (spasmat ea). Les autres sont particulières, quand la nuisance ne parvient au cerveau, ains s’arrête au membre, le rendant

1. « De Spasmo. » Le spasme ou convulsion décrit ici comprend le tétanos.

Page 1