‹ Propos général des plaies et solutions de continuitéChapitre 2 sur 17 · Ligaturam », le bandage · texte numérisé non relu

Ligaturam », le bandage

à la vie, et avec ce les médicaments n’y peuvent être convenablement appliqués.

Les plaies de la raie aussi, vu qu’elle a office nécessaire à tout le corps, comme étant un autre foie (ainsi que plusieurs ont dit), sont dangereuses, mais non pas si dangereuses que celles des autres membres.

Aussi les plaies qui pénètrent au dedans des membres sont jugées mortelles pour le plus souvent, pour autant que l’air qui entre par icelles sans être altéré, offense les parties internes i ; et aussi d’autant que par icelles, s’exhale l’esprit, dont la vertu (virtus) est offensée et débilitée, et avec ce, elles ne peuvent être bien modifiées : par quoi finalement engendrent fistules, et empyèmes : de quoi ils meurent.

Quant aux signes que ces parties sont blessées, et plusieurs autres choses qui sont ici omises à cause de brièveté, ils seront dits ci-après en leurs lieux. Davantage, les plaies, et les piqûres faites ès chefs des muscles, où les nerfs sont assez dénués *, et les tendons et ligaments, quand c’est à trois doigts près de la jointure, et ès tempes, sont mortelles le plus souvent, au troisième de VArt médicinal.

Touchant la piqûre du nerf et du tendon, elle est prête à faire venir la convulsion (spasmos), à cause du grand sentiment (sensum) qu’ils apportent au cerveau, et par conséquent la mort. Et la nuisance qui vient du cerveau aux membres de la respiration, en est cause, ainsi que dessus a été dit. Et pour ce, disait Hippocrate au cinquième des Aphorismes : En la plaie survenant convulsion, icelle-ci est mortelle : non pas nécessairement, ains le plus souvent, dit Galien au commentaire.

Les membres particuliers sont jugés mortels, quand les principales veines, et artères, et les os, par lesquels ils étaient vivifiés, nourris et soutenus, sont totalement coupés et détruits, et qu’ils commencent à noircir, s’amollir, et devenir cadavéreux en manière d’esthiomène, comme en l’incision ® des bras et des jambes. Aussi les membres sont jugés maléficiés, et impotents à jamais, quand les nerfs, tendons (chordæ), et ligaments qui les régissaient sont retranchés et tout à fait détruits, et qu’ils perdent incontinent leur opération, commençant à se transir (arefieri), et dessécher.

Mais plaies du tout (omnino) guérissables, sont celles qui sont en corps de bon suc {euchymis), et en lieux charnus, où il y a peu de nerfs, et de veines, et ne sont guère amples, ni profondes. Et la raison est qu’à icelles ne s’en doit ensuivre fièvre, ni mauvais accidents, pourvu seulement

1. « Quia aër qui ingreditur ad ea sine alteratione, offendit intrinseca membra. • « Sans avoir esté préparé. » (Mingel.) Ce paragraphe montre ia crainte que Guy avait de l’influence de l’air dans les plaies profondes, lequel amenait des suppurations mortelles, et cela, dit-il, parce que l’air n’avait pas été altéré ou préparé; tandis qne si.l’air pénètre impunément dans la poitrine, c’est parce qu’il a été préparé par la luette.

2. « Denudati. • — Ms. Montp. : « sont faites au chief des muscules ou les nerfz et les cordes et les liguemans sont asses dénués. »

3. L’édit, de 1359 dit : « ut in incisione... » ; comme il arrive quand on est contraint de faire l’amputation... (Mingelousaulx).

que soient bien gouvernées. Et pour ce il est bon, qu’en la déposition [en justice] de telles plaies, tu dises cela : et aussi, pourvu seulement que l’autre cas ne survienne, qui n’appert (non apparet) de présent, et n’a régulièrement accoutumé de venir.

Les plaies pour la plupart guérissables (lesquelles avec certaine différence sont dites mortelles, pour la plupart * : et pour ce sont indifférentes et moyennes, et, en la troisième signification, neutres), sont les plaies ès chefs des muscles, et du crâne, de la poitrine, et du ventre. La raison est, parce que si elles sont bien artificiellement traitées, et qu’on y mette bonne diligence, et que le malade soit obéissant, et ait les choses qui sont nécessaires extérieurement, elles peuvent guérir : sinon, elles peuvent faire mourir.

Et pour ce, en la déposition de telles plaies, il faut sagement (eau te) faire mention de cela. Mais en ta déposition sois attentif que tu aies commandement de la Cour, de voir le blessé, et les plaies, et que tu nommes les plaies, et les lieux des plaies; et,que tu rendes raison de ta déposition. Et je te prie, qu’à juger et déposer, tu ne sois hâtif et soudain, ains bien délibéré et prévoyant. Car il est écrit de notre père Hippocrate, le jugement est difficile. Et combien que (ainsi que sera dit ci-après de la plaie de la tête) le dernier terme des plaies est de quarante jours : le premier dans sept, et le moyen à quatorze, selon la forme des maladies aiguës : néanmoins ès plaies suspectes, il faut attendre le septième jour avant d’en déposer et en juger, d’autant que communément dans tel temps ont accoutumé d’apparaître les accidents, et bons, et mauvais, avec fièvre, défaillement de cœur (syncope), rêverie (alienatio), convulsion et semblables. Et cependant il faut considérer les actions des vertus (operationes virtutum), par le pouls, par l’urine, par le vomissement, et autres rejections (expulsa). Il faut aussi considérer l’appétit, et le support (tolerantia) et l’aspect du blessé, et semblables. Et selon que tu trouveras,, suivant la doctrine d’Hippocrate et de Galien aux Prognostics, compare la force de la vertu, et de la maladie : et de ce forme-toi un chef (capitulum), et une clef de toute la prognostication, et jugement de la mort et de la santé, avec quoi tu jugeras, et déposeras sagement. Et ne vaut rien, si on disait qu’il ne fût pas mort avec tout le mauvais régime du monde, s’il n’eût été blessé ; car aussi ne fût-il pas mort, s’il eût voulu, et eût fait ce qu’était de raison. Car il faut non seulement s’exhiber soi-même^, ains aussi le patient. Et de fait, jaçait que des choses qui adviennent fortuitement, il n’y ait arts préservatifs, toutefois il y a art curatif au troisième de l’Art rnédicinal. Nature humaine doit être conservée en diverses manières, ainsi qu’elle est de soi sujette à divers périls, comme il est dit en autre faculté Il faut aussi entendre selon Avicenne, au quatrième de VATi'achement des flèches, que nonobstant que les plaies soient mortelles, pour-

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