Natura eam estrahat aut manifestet
3. Theodorie dicte ainsi cet enchantement : Que l’on die trois fois (estant à genous) l’oraison Dominicale : et icelle dite qu’on prenne à deux mains jointes ensemble une flesche, et qu’on die : Nicodeme a tiré les clous des mains et des pieds de nostre Seigneur, et que puis on tire la flesche, et elle sortira soudain. (J.)
Des médicaments qui retirent les choses affichées, j’en ai ouvré (operatus sum), en épines, arêtes, pierres, verres, pièces d’os : et j’ai trouvé un médicament propre, qui est pris d’Avicenne : PR. du levain, du miel, ou de l ord.ure des ruches, de chacun demie livre : guy de chêne, un quarteron : ammoniac, demi quarteron : huile, un quarteron : soit fait emplâtre, et applique-le dessus. Roger affirme être éprouvé, que la racine de la canne pilée, appliquée avec^du miel, sur l’affiché, le retire sans douleur. Plusieurs autres remèdes sont mis en l’antidotaire, et ainsi est accomplie la première intention.
Seconde intention qui est de ramener les parties distantes. La seconde est accomplie, en tirant des mains (cum manibvs) et joignant les parties séparées, et remettant le membre en sa forme, avec la moindre douleur que faire se peut, comme ci-après sera dit en particulier.
Troisième intention qui est de conserver en un les parties replasmées. La troisième est accomplie, par bonne et décente ligature, et due situation, et couture si besoin est.
Du moyen et qualité de bander. Quant au bandage, il faut savoir, que suivant l’intention d’Avicenne au quatrième, il y a triple ligature : incarnative, expulsive, et rétentive.
I. La ligature incarnative convient aux ulcères récents, et aux fractures : et est faite avec bande pliée des deux chefs jusques au milieu, commençant de la partie opposite au lieu blessé, et conduisant l’un des chefs vers la partie supérieure du membre, et l’autre vers la partie inférieure, prenant des parties voisines, autant qu’il semblera être expédient, en étreignant plus sur le lieu blessé, qu’ès parties adjacentes. Toutefois il se faut garder de trop grande étroitesse (strictura), et de trop grande lâcheté, le terme soit, la bonne tolérance du malade. Les chefs de la bande soient cousus. Et s’il est besoin de plusieurs bandes, qu’elles y soient mises et par même moyen entortillées (volvantur). Par cette manière de ligature, un bord (labium) est conjoint à l’autre, et l’apostémation en est empêchée, comme il est prouvé au sixième de la Thérapeutique. Quelques-uns accommodent un drap (pannum) en double, et en restreignant, le cousent sur le lieu de la solution.
IL La ligature expulsive convient aux ulcères, et cavernes, pour repousser la matière du fond, et à défendre qu’autre matière ne vienne au lieu. Et est faite avec une bande pliée devers un chef, commençant à la partie inférieure du membre, en étreignant là plus fort, puis en tournoyant on va jusqu’à la partie supérieure. Je dis la partie supérieure, comme Galien au cinquième de la Thérapeutique, celle qui est devers le cœur, ou le foie, desquels naissent tous les membres. Quant à moi, aux membres inégaux, comme sont les jambes (tibiæ), j’adapte une telle bande en la découpant d’un côté de palme en palme, et la cousant, en la profilant raidement de la partie courbée et découpée, et lâchement devers le dos et la partie non découpée. Et en liant je tiens le côté large du dos,
devers le gros du membre : et la part courbée découpée, vers la partie plus grêle : Dieu sait combien de profit m’a fait cette ligature aux ulcères, et varices, enflures (in phlegmonibus) de jambes.
III. La ligature retenant les médicaments, convient aux membres èsquels on ne peut étreindre, ni faire autre ligature : comme au col, et au ventre, et en tous apostèmes et dispositions douloureuses. Et est faite avec bande d’un chef ou de plusieurs chefs ou bras, en commençant au lieu blessé, et liant à son opposite.
Le moyen du débander soit suave et sans douleur ; Et si les bandes* tiennent trop, soient mouillées de vin, tant qu’elles se séparent.
Outre ce, Galien veut que les bandes soient faites de linge net larges et longues selon la nature des parties ; comme celles qui bandent l’épaule, doivent avoir de largeur six doigts en travers; et pour la cuisse, cinq; pour la jambe, quatre; pour le bras, trois ; pour le doigt, un. La longueur soit, selon qu’il faut d’entortillement (revolutionum) : car en cela fait beaucoup l’engin du Médecin ^ (qui aide à l’art, et à nature ouvrante, comme dit Damascène), et la science de la conformation des membres. Et c’est ce que disait Galien au quatrième de la Thérapeutique : qu’il n’advient à personne de bien bander une partie ulcérée, sans ce, qu’il prenne indication de la conformation des parties.
Du moyen et qualité de coudre. Touchant la manière et qualité de coudre, il faut savoir qu’il y a triple couture : l’incarnative, la rétentive du sang, et la conservative des bords ou lèvres à temps * :
I. La couture incarnative convient à toutes plaies qui ont les bords éloignés, si on les peut approcher, et èsquels ne suffit le seul bandage : qui n’ont aucunes choses étrangères entre les lèvres, et sont récentes, ou vieilles renouvelées par scarification et ablation de la peau comme dit Halyabbas. Elle est faite en cinq sortes.
La première avec du fil fort, égal, et plain (piano), comme de soie, ès plaies communes : mettant le premier point au milieu de la plaie, et un autre au milieu de l’espace qui reste de chaque côté : et ainsi procédant aux espaces entre deux points, y faisant un point, jusque à ce que soit convenablement cousu : comme il sera, quand entre deux points restera l’espace d’un travers de doigt.
Les aiguilles soient longues, plaines et lizes ®, de pointe triangulaire, et cavées à la queue, pour loger le fil, qui n’empêche le passage. Qu’on aie une canule fenêtrée par laquelle soit soutenu l’autre côté de la lèvre, afin qu’il ne divague quand l’aiguille passe : et que par la fenêtre on