CHAPITRE V[I
préteudre en belle lète » , se reconnaît ^ quelque chose de cliagriu et de fierdaus la mine -■> , et insiste sur la mélancolie de son caractère.
C'est un triste, de son propre aveu. Il n'a donc pu voir l'humanité que tristement, c'est-à-dire sous son jour le moins favorable, surtout à l'âge du déclin, des désillusions et des mécomptes.
« J'ai de l'esprit, écrit-il, et je ne fais point difficulté de le dire, car à quoi bon fliçouner làdessus? 55
\ous avons bien des raisons de supposer que La Rochefoucauld, si mécontent du genre humain, était content de lui-même.
Le cardinal de Retz l'a jugé moins avantageusement. Il La jugé, il est vrai, en adversaire; mais, si sévère que soit la copie, elle a peut-être plus d'un trait de ressemblance avec le modèle :
« Il y a toujours eu du^^^ ne sais quoi en M. de La Rochefoucauld. Il a voulu se mêler d'intrigues dès son enfance, et en un temps oîi il ne sentait pas les petits intérêts, qui n'ont jamais été son faible, et où il ne connaissait pas les grands qui, d'un autre sens, n'ont pas été son fort. Il n'a jamais été capable d'aucunes affaires, et je ne sais pourquoi ; car il avait des qualités qui eussent suppléé en tout autre celles qu'il n'avait pas. Sa vue n'était pas assez étendue, et il ne voyait pas même tout ensemble ce qui
était à sa portée; mais son bon sens, très bon dans la spéculation, joint à sa douceur, à son insinuation et à sa focililé de mœurs, qui est admirable, devait compenser, plus qu'il n'a fait, le défaut de sa pénétration. 11 a toujours eu une irrésolution babituelle. . . 11 n'a jamais été guerrier, quoiqu'il fut très soldat. 11 n'a jamais été bon courtisan, quoiqu'il ait toujours eu bonne intention de l'être. 11 n'a jamais été bon bomme de parti, quoique foule sa vie il y ait été engagé. Cet air de boule et de timidité que vous lui voyez dans la vie civile, s'était tourné dans les affaires en air d'apologie. Il croyait toujours en avoir besoin, ce qui joint à ses Maximes, qui ne marquent pas assez de foi en la vertu et à sa pratique, qui a toujours été de sortir des affaires avec autant d'impatience qu'il y était entré, me fait conclure qu'il eût beaucoup mieux fait de se counaîlre et de se réduire à passer, comme il eût pu, pour le courtisan le plus poli et le plus bounète homme à l'égard de la vie commune, qui eût paru dans son siècle, w
Les Maximes parurent en 1(]G5. Elles avaient été de la part de l'auteur l'objet d'une revision attentive et donnèrent lieu depuis à de fréquentes retoucbes. Discutées, analysées, revues, corrigées dans le cénacle oii brillaient Mme de La Fayette, Mme (le Sablé, elles représentent la collaboration