CHAPITRE VII. Uô
que les croyances viennent en aide à la faiblesse humaine, et adoucissent les douleurs qui sont le partage du grand nombre.
«c La foi, a-t-il écrit, est la consolation des misérables et la terreur des gens heureux (1 ). »
Une impression de gravité et de sereine confiance s'exhale de ses écrits, et si on les compare à ceux des moralistes qui l'ont précédé, on s'expliquera les différences des doctrines par celles des vies et des milieux.
Vauveuargues a la dignité du caractère et le sentiment du devoir. Ce gentilhomme-soldat respira, dans l'atmosphère provinciale oii s'écoula son enfance, les salutaires croyances et la santé de l'esprit. Le métier des armes, les rudes contacts avec des âmes guerrières développèrent en lui les fortes vertus dont ni La Rochefoucauld ni La Bruyère n'eurent le spectacle, au milieu des corruptions du monde de la Cour. Parla, il échappa au scepticisme et à son action desséchante. Il connut l'épreuve sans éprouver le découragement. Aussi son œuvre gardet-elle une beauté morale qu'on rencontre rarement dans ce genre d'écrits.
Son existence s'est terminée trop tôt pour que le temps, avec son cortège de regrets et de déceptions, soit venu assombrir ses jugements.
(1) Réjlexions el maximes.
Les pages sorties de sa plume ont ainsi le privilège de reproduire et de conserver la fraîcheur d'impression des années déjeunasse.
Ce moraliste a été indulgent à la nature humaine, et s'il a observé avec l'esprit, lia surtout pensé avec le cœur.