‹ Propos littérairesChapitre 56 sur 95 · CHAPITRE IX. HT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. HT

corriger les ouvrages en vers el en prose composés en l'honneur du Roi, de mettre les louanges « au point 1' , et d'y concourir elle-même en célébrant les belles actions du souverain, dont la gloire était ainsi confiée à des panégyristes de profession et soumise à une véritable réclame. On conçoit que de pareilles fonctions n'exposaient pas à la disgrâce. Elles ne durent pas nuire à l'avancement littéraire de Perrault, et l'on ne s'étonne pas de le voir entrer à l'Académie française, en 1071, à l'âge de quarante-trois ans. Il avait su, du reste, se faire apprécier des hommes de lettres, et n'avait usé de la faveur du minisire que pour défendre leurs intérêts. Sa réception eut lieu le 23 novembre. Son discours ne se distingua pas de ceux des académiciens de l'époque, discours qui, pour la |)lupart, n'ont d'autre mérite que leur brièveté. 11 fit Téloge obligé de Richelieu et de Louis XIV, du grand Cardinal et du grand Roi, et, selon l'usage d'alors, ne dit mot de son prédécesseur, AI. de Alontigny, évêque de Léon.

Le bonhomme Chapelain lui répondit lourdement, unissant l'éloge du récipiendaire à celui de l'Académie :

« Il vous sera honorable, lui dit-il, de contribuer à son travail, sous les auspices de Monseigneur le chancelier, notre très illustre protecteur, avec

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les comtes, les marquis, les gouverneurs de province, les conseillers d'Etat et les maîtres des requêtes dont elle est remplie, sans compter les cardinaux, les archevêques, les évêques, les ducs et pairs, les ministres d'Etat et les secrétaires des commandements, qui ajoutent un si grand lustre à cette compagnie, formée d'ailleurs des sujets les plus capables qu'ait la France, de purger son langage de ce que les siècles précédents lui avaient fait contracter d'impur et de barbare. La compagnie. Monsieur, est persuadée qu'autant que vos indispensables devoirs le permettront, vous lui prêterez volontiers votre assistance dont elle se promet un véritable soulagement, lorsque, par la facilité de nos mœurs et par une sincère correspondance de véritable fraternité, vous lui communiquerez vos avis judicieux sur les matières qui sont Tobjet de ses ordinaires exercices pour lesquels, à certains jours de la semaine, elle s'assemble régulièrement en ce lieu. Vous n'aurez pas une médiocre part à la gloire qui lui en reviendra; et comme vous allez être désormais une des colonnes les plus fermes pour soutenir sa réputation dans le monde, il n'y aura aussi pas un de messieurs vos confrères qui ne s'en trouve votre redevable et qui, s'unissaut étroitement à vous, ne réponde avec fidélité et cordialité à l'attention que

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