‹ Propos littérairesChapitre 58 sur 95 · CHAPITRE IX ng · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX ng

« lion publique de ne pouvoir plus venir ici se i'. promener. — Ce ne sont que des fainéants qui i' viennent ici, me dit-il. — 11 y vient, répondis-je, « des personnes qui relèvent de maladie pour « prendre l'air; ou y vient parler d'affaires, de li mariages, et de toutes choses qui se traitent plus « convenablement dans un jardin que dans une « église, où il faudra à l'avenir se donner reudez- « vous. Je suis persuadé, coutiuuai-je, que les « jardins des rois ne sent si grands et si spacieux " qu'afîn que tous leurs enfants puissent s'y pro- « mener. 5> — Il sourit à ce discours, et dans ce même temps, la plupart des jardiniers s'étant présentés devant lui, il leur demanda si le peuple ne faisait pas bien du dégât dans leur jardin. — «Point « du tout, monseigneur, répondirent-ils presque « tous en même temps ; ils se contentent de s'y « promener et de regarder. — Ces messieurs, « repris-je, y trouvent même leur compte, car « l'herbe ne croit pas si aisément dans les allées. 5>

« M. Colbert fit le tour du jardin, donna ses ordres et ne parla point d'en fermer l'entrée à qui que ce soit. J'eus bien de la joie d'avoir en quelque sorte empêché qu'on (Màt celle promenade au public. Si une fois M. Colbert eût fait fermer les Tuileries, je ne sais pas quand on les aurait rouvertes. "

La bonté d'aine de Perrault se montre dans cette

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anecdole racontée avec une grâce charmante. Commenl Je ministre de Louis X\V aurait-il résisté à des arguments présentés avec autant de cœur que d'esprit et d'à-propos ? Les révolutions qui incendient les palais eussent, sans doute, rouvert les portes du jardin qu'une mesure peu généreuse aurait interdit au peuple de Paris; mais on aime à voir l'auteur des Contes de fées défendre ainsi le plaisir des promeneurs inoffensifs auxquels son ombre apparut quelquefois peut-être sous les marronniers des Tuileries.

Nous venons de rappeler un trait qui fait honneur au caractère de l'homme et peint la bienveillance de sa nature, portée à obliger, à servir ses semblables. Il faut suivre maintenant l'écrivain dans les discussions qui lui ont donné la moins bonne part de sa célébrité.

Sa fameuse querelle avec Boileau sur les anciens et les modernes débuta par un commencement d'hostilités. Il avait attaqué VArt poétique dans la préface de son poème de Saint Paulin. Les choses s'envenimèrent à l'Académie, où il lut son poème sur

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