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CHAPITRE IX

le Siècle de Louis le Grand, qui contenait le germe des doctrines développées depuis et destinées à soulever un si violent orage littéraire. Arrive enfin le Parallèle des anciens et des modernes, publié en quntre volumes, de 1688 à 1696, et qui fît scandale dans le monde lettré. C'était l'exécution de toute l'antiquité classique, une hécatombe où Homère, Pindare, Horace n'étaient pas plus épargnés que Cicéron, Sénèque et Platon. Sur les ruines de ces gloires l'auteur élevait des temples aux modernes, et les modernes c'étaient Voiture, Balzac, Chapelain, Quinault, Cotin, Mlle de Scudéry, 11 affirmait tranquillement « qu'il y a dix fois plus d'invention dans Cijrus que dans V Iliade » .

Mlle de Scudéry préférée à Homère! 11 y avait de quoi attirer la foudre sur la tète du blasphémateur. Elle ne se fit pas attendre.

Le tonnerre de Boileau éclata sous la forme des Réflexions sur Loufjin, oii il se montre inférieur à la critique de ses Satires. Perrault y était fort malmené. Despréaux, manquant de sang-froid, se laissait aller aux injures et aux personnalités.

Ces querelles nous font sourire aujourd'Imi, et nous avons peine à comprendre que des questions littéraires aient pu exciter tant de passions. L'heureux temps que celui où l'on se brouillait à propos d'Homère!

182 PROPOS LITTERAIUES.

Les parallèles manquent presque tous de justesse et de vérité. Jugeons les œuvres, ne les comparons pas. Des deux côtés rivaux, on tombait dans l'erreur, et il y a autant d'injustice à rabaisser les anciens aux dépens des modernes, qu'à les exalter en refusant aux modernes la place qu'ils ont su conquérir. Il faut convenir que le siècle de Louis XIV, si éblouissant par ses gloires littéraires, fournissait un argument en faveur de la thèse soutenue par Perrault ; mais, en louant ce grand siècle, il avait le tort d'y mal choisir ses exemples, et de prendre ses modèles parmi les écrivains qui avaient mérité les ceosures de son adversaire.

Au plus fort de ses démêlés avec Boileau avait paru la Satire sur les femmes. Célibataire, le grand critique y faisait le procès de la plus belle moitié du genre humain, ayant eu soin de réunir une foule de traits capables de déterminer non son acquittement, mais sa condamnation .

Perrault, qui croyait avoir à se plaindre de la manière dont Boileau Pavait interprété, dans leur discussion sur les anciens et les modernes, ne fut peut-être pas fâché de saisir Poccasion de le trouver en défaut sur un autre sujet, et à la Satire sur les femmes il répondit par V Apologie des femmes, pièce de vers où il défendait leur cause attaquée, mais où il la défendait malheureusement avec moins

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