‹ Propos scientifiques [microforme]Chapitre 10 sur 24 · MES ILE IL · texte numérisé non relu

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la décharge électrique qui la traverse change totalement d’aspect : les lueurs disparaissent presqu’en entier, et l’on voit partir de l’électrode négative, de la cathode comme on l’appelle, des rayons qui, en frappant la paroi opposée du tube, produisent sur le verre une belle fluorescence verdâtre. Ces rayons ont été appelés rayons cathodiques et ils ont la curieuse propriété, sur laquelle il faut insister, d’être sensibles à l’action d’un aimant. Celui-ci les attire ou les repousse, suivant le pôle approché, et l’on voit alors l’illumination du verre se déplacer à la volonté de l’opérateur.

Ces expériences ne nous fournissent-elles pas une explication du phénomène des aurores boréales? Ne pourrait-on pas assimiler la haute atmosphère, où l’airest très raréfié, à une vaste ampoule de Crookes dans laquelle une décharge électrique produirait des lueurs colorées dépendant de la nature des gaz traversés? L'influence d’un aimant sur les décharges électriques rendrait alors compte de l’orientation de l’arc auroral par rapport au méridien magnétique terrestre, du parallélisme des rayons colorés avec la direction de l’aiguille

d’inclinaison, ainsi que des coïncidences remarque-

de AFS

bles que nous avons constatées plus haut entre les variations, tant périodiques qu'accidentelles, du magnétisme terrestre et la fréquence en même temps que de l'intensité des aurores boréales.

M. Villard, qui explique les aurores polaires par l’enroulement des rayons cathodiques dans le champ magnétique terrestre, en a reproduit les principaux aspects au moyen d’une grande ampoule de Crookes soumise à l’action d’un puissant électro-aimant. On voit alors se former une aurore boréale artificielle que l'on peut faire tourner en variant d’une certaine manière le champ magnétique ; on imite également, par un moyen analogue, la danse des rayons.

Il semble donc que les aurores polaires, du moins dans les grandes lignes du météore et pour ses principales particularités, doivent être classées parmi les phénomènes électro-magnétiques. Il reste maintenant à chercher l’origine de ces décharges électriques dans la haute atmosphère.

Un fait bien constaté par les physiciens, c’est que l’air, même par un temps serein, est constamment électrisé. Dans un ciel calme et pur, le potentiel va en augmentant avec l'altitude. Dans

miss: à

un ciel nuageux, la variation du potentiel ne suit aucune loi précise et sa distribution dépend du degré d’humidité de l’air, ainsi que de la position et des charges électriques des nuages. L’air se comporte comme un champ électrique dans lequel des conducteurs, les nuages en particulier, peuvent s’électriser par influence, et, sauf certains cas exceptionnels, le potentiel de l’air est toujours positif et celui du sol négatif.

L'électrisation des nuages peut avoir plusieurs causes. En premier lieu, la chute des gouttelettes d’eau des nuages produit un frottement sur l’air qui a pour effet d’électriser les gouttes positivement et il.en sera de même pour le nuage qui résulte de leur réunion.

Les nuages peuvent aussi se charger par influence du sol ou des autres nuages déjà électrisés, et ce dernier cas peut se présenter pour les cirrus, ces nuages très élevés, floconneux, qui ressemblent à de la laine cardée et qui sont constitués par de fines aiguilles de glace. S'ils passent au-dessus de nuages électrisés, l’influence développe alors les deux charges de noms contraires aux deux extrémités, comme cela arrive pour tout conduc-

teur neutre que l’on approche d’une machine électrique. Il suffit, dans ces conditions, qu’une cause extérieure leur fasse perdre l’une de ces deux charges pour que l’autre, restée seule et libre, puisse produire des décharges dans l’air raréfié des hautes tégions où ils flottent.

Cette cause extérieure existe : on a reconnu, par des expériences précises, que les rayons ultraviolets du spectre solaire ont la propriété de décharger les conducteurs de leur électricité négative, mais n’ont pas d’action sur l'électricité positive.

C’est en se basant sur cette influence actinique des rayons solaires que plusieurs physiciens ont émis l'opinion, très vraisemblable et tout à fait soutenable, que les aurores boréales seraient des effuves électriques dues à des décharges entre les cirrus électrisés positivement per l’action des rayons ultra-violets et les masses négatives de

l'air ambiant. Ces conclusions trouvent en quel-

que sorte une confirmation dans ce fait que les aurores polaires sont plus fréquentes pendant Ja saison froide, c’est-à. lorsque le Soleil se trouve dans l’hémisphère op; ssé au pôle près duquel se montre le météore.

L'analyse spectrale, bien que très difficile à faire à cause de la très faible intensité de la lumière des aurores, a tout de même fait voir que les lignes brillantes de leurs spectres présentent des coïncidences satisfaisantes avec les bandes de l’azote, et que, de plus, une raie verte caractéristique de la lumière aurorale se rattache à celle du krypton ou de l’argon. On serait donc réellement en présence d’une décharge électrique dans les gaz raréfiés de l’atmosphère.

La théorie que nous venons d’esquisser n’est par la seule en honneur chez tous les physiciens. Quelques-uns font intervenir la pression de radiation émanée du Soleil ; d’autre, comme M. Nordmann, invoquent l’action d'ondes hertziennes dont le Soleil serait la source.

Quoi qu'il en soit, dans cette question comme dans bien d’autres, il est difficile d'expliquer dans tous les détails un phénomène aussi complexe que celui des aurores polaires. Chaque fois que l’on arecours, pour l'explication d’un fait ou l'établissement d’une théorie, à l’énergie électrique et au magnétisme terre..re, il faut s'attendre à bien des obscurités et quelquefois à des mécomptes.

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Il y a encore beaucoup de progrès à faire dans le développement des connaissances électriques, toutes merveilleuses qu'elles sont de nos jours. Le voile qui cache à nos yeux les secrets de cet agent mystérieux qu'on appelle l'électricité est loin d’être complètement soulevé, et la tâche des physiciens de l’avenir reste considérable.

Mais les progrès déjà accomplis nous permettent d’en espérer de plus grands et de plus merveilleux encore, et le jour n’est peut-être pas éloigné où, dans les limites assignées par l’Auteur de toutes choses, il nous sera permis de percer les ombres qui enveloppent un grand nombre de phénomènes incomplètement connus, en particulier, celui des aurores boréales.

LES COURANTS MARINS t

L'ensemble des conditions météorologiques des différentes régions de la Terre, c'est-à-dire le climat de ces révions, résulte de causes nor1breuses et complexes dont la principale, d'ordre purement astronomique, est l'influence de la latitude.

L'on sait que la Terre, relativement à la température, est divisée en cinq zones, la zone torride, limitée de chaque côté de l'équateur par les deux tropiques et où la température moyenne annuelle est très élevée, les deux zones tempérées, comprises, dans chaque hémisphère, entre les tropiques et les cercles polaires, où la moyenne annuelle s’abaisse de plus en plus et où les températures observées subissent de grandes variations à des époques différentes de l’année, et enfin les deux zones glaciales, situées au delà des cercles polai:?s, et qui présentent une moyenne annuelle très basse, au point d'être caractérisées par des glaces perpétuelles.

(4) Ælmanach de l'Action Sociale Catholique, 1319.

Deux causes, qui s'accentuent de plus en plus avec l'augmentation de la latitude de l'équateur aux pôles, suffisent pour produire ces conditions météorologiques si profondément variées et qui ont tant d'influence sur les productions de la terre, les relations économiques et commerciales et, en général, sur les us et coutumes des hommes : ce sont l’obliquité des rayons so ‘ires et la différence entre les longueurs relatives des jours et

des nuits, suivant la position géographique.

Gi l’on ne tient compte que de ces deux causes, la température moyenne de l'année devrait croître régulièrement de l'équateur vers les pôles, et les isothermes devraient se confondre avec les parallèles géographiques, ce qui veut dire que le climat devrait être le même pour toutes les localités

situées sur un même cercle de latitude.

Or. il est loin d’en être ainsi ; il suffit de comparer, par exemple, le cliinat de l'Amérique du Nord, du Canada oriental en particulier, avec celui des côtes occidentales de l’Europe et de l'Afrique pour constater des différences profondes à égalité de latitude.

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