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Parmi les principales causes qui font varier les climats, telles que l'altitude, la direction des vents. la proximité des mers, etc., l’une des plus curieuses

à étudier est l'influence des courants marins.

On appelle ainsi de véritables fleuves d'eau chaude ou d'enu froide qui se meuvent dans l'océan, qui ont comme rivages et comme fond les eaux mêmes de la mer. Nous choisirons comme type de courant océanique, — et c'est d'ailleurs celui qui nous intéresse davantage, -— le courant du golfe où Gulf-Stream, découvert par le lieutenant américain Maury, lequel, dans son fameux ouvrage, Physical Geography of the Sea. a jeté les

bases d'une science nouvelle, l'océanographie.

Le Gulf-Stream fait partie d’une immense boucle mouvante, qui a pour dimensions toute la largeur de l'Atlantique Nord, et dont le centre

est situé près du groupe des Acores.

On assigne plusieurs causes aux courants marins, telles que l'évaporation intense de l’eau des mers torrides, la différence de température, de

densité, de salure des eaux à certaines latitudes.

Mais la cause principale réside dans l’action constante et répétée des vents réguliers, en particulier des vents alizés.

L'on sait que les vents alizés sont des courants aériens qui soufflent pendant toute l’année sur l’océan Atlantique, du nord-est au sud-ouest, au nord de l’équateur, et du sud-est au nord-ouest, au sud. Ces deux courants, qui s’unissent pour former un vent dirigé presque complètement vers l’ouest, produisent, par leur friction répétée, un entraînement dex eaux de la mer dans leur propre direction. Il en résulte un courant qui va de l'Afrique vers l'Amérique du Sud, qu’on appelle courant équatorial, et qui va frapper cette dernière à la hauteur du cap Saint-Roch, au Brésil. Là, le courant se divise en deux branches, dont nous suivront d’abord la première.

Celle-ci longe les côtes des Guyanes et pénètre dans le golfe du Mexique, une des mers les plus chaudes du globe, où l’eau se réchauffe considérablement ; on constate que sa température devient de 10° à 12° centigrades plus élevée que celle qu'elle avait avant d’y entrer. Le golfe du Mexi-

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équatorial, constamment poussé par les vents alizés, n’a d’autre issue pour sortir quele canal dela Floride, large de 45 milles et qui sépare la Floride de Cuba. C’est de là que le courant devient un véritable fleuve d’eau chaude, qui s’élance dans l'océan avec ia vitesse considérable de six milles à l'heure, et qu’il prend le nom de courant du golfe ou Gulf-Stream ; sa profondeur est d’environ 1,300 pieds.

L'on enseigne en mécanique que tout mobile en mouvement à la surface du globe, à cause de la rotation de celui-ci autour de son axe, est dévié vers sa droite dans l’hémisphère boréal, et vers sa gauche dans l’hémisphère austral. Le Gulf- Stream doit obéir lui aussi à cette loi générale, et sa direction change immédiatement dès sa sortie du canal de la Floride. Il s’infléchit d’abord vers le nord-est, puis vers l’est, et, à la hauteur du quarante-deuxième degré de latitude nord, il se déplace franchement de l’ouest à l’est.

Après avoir traversé une grande partie de l'Atlantique, il se divise en deux branches : l’une va passer entre l’Écosse et l'Islande, puis longe les côtes de la Norvège et va faire sentir ses effets

calorifiques dans l'océan glacial, au nord de la Russie et jusqu’au Spitzberg : l’autre branche revient vers le sud, côtoie le Portugal, l'Afrique occidentale et vient rejoindre le courant équatorial en formant une vaste boucle tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. L'intérieur de cette boucle, où règnent les calmes dus aux centres de hautes pressions barométriques, a été appelé mer des Sargasses, parce que c'est là que vont s’accumuler les plantes de ce nom, arrachées des côtes de l'Amérique par les vagues de l'océan.

Il est à noter aussi qu’une branche du Gulf- Stream pénètre dans la mer de Baffin et réchauffe quelque peu les côtes occidentales du Groenland

A partir de la Floride, le Gulf-Stream suit le côte américaine jusqu’au Cap Hatteras, vers 35° de latitude nord. La rotation de la Terree le peu de profondeur des eaux l’éloigne de c point, et c’est de là qu'il se dirige vers les bancs d Terre-Neuve.

Ajoutons aussi que la vitesse, la profondeur et | température du courant du golfe diminuent mesure qu’il progresse dans l'océan, en mêrn

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de son cours, la température de ses eaux dépasse 30° centigrade… ‘86° Farhenheit) ; près des bancs de Terre-Neuv. la température, quoique diminuée, est encore de 12° (:., à tel point que, grâce à l’évaporatir1 intense qui en résulte, on voit souvent la mer fumer.

Le débit du Gulf-Stream est évalué à deux mille :

fois celui du Mississipi, et la quantité de chaleur qu'il transporte vers l’est tempère beaucoup le climat de la partie occidentale du continent européen : c'est le chauffage de l'Europe à l’eau chaude, aux dépens de l'Amérique ! Ces résultats sont indiqués clairement par les cartes sur lesquelles on a tracé les isothermes soit annuelles, soit des mois chauds et froids de l’année. La ligne qui passe par tous les points où la moyenne annuelle de la température est 0°C., ce qu’on appelle l’isotherme annuelle 0°, remcnte en Europe bien au nord de la Norvège, tandis qu’en Amérique elle descend presque jusqu’à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent ; New- York est sur le même degré de latitude que

Lisbonne, Québec est près de trois degrés plus

au sud que Paris, et, pourtant, l’on sait que

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les climats de ces localités sont loin d’être les mêmes. Le port d’Arkhangel, au fond de la mer Blanche, est fermé par les giaces une grande partie de l’année, tandis que plus au nord, sur les côtes de l’océan Glacirl, où le Gulf-Stream vient fondre les glaces, la navigation est beaucoup plus facile.

Nous venons de parler de la branche du courant équatorial qui, à partir du cap Saint-Roch, longe les côtes américaines et entre dans le golfe du Mexique, d'où elle donne naissance au Gulf- Stream. L'autre branche descend le long des côtes du Brésil et, grâce au mouvement de rotation de la Terre, qui dévie tous les mobiles vers la gauche, dans l'hémisphère austral, forme une boucle symétrique de celle de l'Atlantique rord, dont les eaux tournent en sens inverse des aiguilles d’une montre.

La circulation océanique ne serait pas complète et les lois de l'équilibre ne seraient pas satisfaites, si les eaux chaudes transportées vers le nord par le Gulf-Stream n'étaient pas compensées par des courants de retour. Ces prévisions sont réalisées

par la découverte des courants froids venant des

mers polaires. Le plus important pour nous est le courant du Labrador, courant froid qui suit les côtes occidentales du Groenland et ionge le littoral du Labrador : il passe ensuite à l’est de Terre- Neuve, puis progresse près de la côte américaine, jusqu’au cap Hatteras, et se perd dans l’Atlantique, en passant, croit-on, au-dessous du Gulf-

Stream.

Ce courant, à cause de sa basse température et surtout à cause des banquises de glaces qu’il entraîne dans le golfe et jusque dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, a pour effet de refroidir le climat du Canada oriental. Ces banquises voyagent tout l'été sur l’océan et viennent fondre en particulier au sud de Terre-Neuve, où le courant du Lebrador rencontre le Gulf-Stream. Elles laissent alors tomber sur le fond de la mer les matières solides qu’elles avaient arrachées aux continents polaires, et c’est l’accumulation de ces

débris qui a formé les bancs de Terre-Neuve.

On attribue aussi la condensation des brumes épaisses de ces régions, si dangereuses pour la

navigation, à la différence de température de ces

deux courants, chaud et froid, qui passent à quel-

ques milles de distance l'un de l’autre.

Il n’est pas improbable qu’un colossal barrage, qui fermerait le détroit de Belle-Isle et empêcherait les banquises de venir fondre dans le golfe Saint-Laurent, modifierait beaucoup le climat de notre pays. Le côté épineux de la question, ce sont les difficultés de construction et le coût d’une telle chaussée. Seuls les ingénieurs compétents peuvent se prononcer sur cette grave question ; tout de même, à première vue, il semble que l’entreprise ne serait pas plus difficile que le percement de l’isthme de Panama ou d’un tunnel sous la Manche.

Le Gulf-Stream n'est pas le seul courant marin ; il en existe un semblable dans l’océan Pacifique, pour des raisons analogues, et comprenant deux boucles symétriques tournant, de chaque côté de l'équateur, dans le même sens que leurs homologues de l’Atlantique. Le courant d’eau chaude de l’hémisphère nord est le Kuro-Siwo, le fleuve noir des Japonais.— On en connaît un autre aussi, au sud de l’équateur, dans l’océan Indien.

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On a reconnu que les courants marins ne sont pas toujours constants ; formés, en effet, par les courants atmosphériques, ils doivent nécessairement varier en vitesse et en débit avec l'intensité des vents qui leur donnent naissance.

Mais les courants marins peuvent-ils changer de direction ?

On a rapporté dans les journaux, il y a déjà quelque temps, que le Gulf-Stream, suivant le rapport de certains marins, avait subi des déplacements dont on appréhendait des conséquences importantes pour le climat de certains pays. Il semble que ce déplacement, surtout s’il est considérable, est bien peu probable, puisque les courants marins sont l'effet de causes bien définies, en particulier de la circulation générale de l’atmosphère et du mouvement de rotation de la Terre. La nouvelle, qui d’ailleurs n’a pas été répétée, demande certainement confirmation...

Nous avons dit plus haut que le Gulf-Stream déverse annuellement sur l’Europe une quantité énorme de chaleur, qui contribue pour une bonne

part à tempérer le climat de ces contrées. On

peut se demander s’il n’y aurait pas possibilité de

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détourner le cours du Gulf-Stream, afin de garder pour soi la chaleur que l'Amérique prodigue si généreusement à l'Europe. Il en résulterait des changements profonds dans les climats : l’Europe disparaîtrait peut-être sous un linceul de glace, et le Labrador deviendrait le pays où fleurit l'oranger.

Il y a un moyen infaillible, mais d'exécution plutôt... hasardeuse.

Ce serait d’arrêter le mouvement de rotation de la Terre de l’ouest à l’est, et de la fairetourner en sens inverse !

Les phénomènes astronomiques, dès la plus haute antiquité, ont toujours servi à la mesure du temps. C’est, en effet, le mouvement de rotation de la Terre qui produit le retour successif de la lumière et des ténèbres, et l’homme, réglant sur ce retour la durée de son travail et de son repos, devait tout naturellement évaluer le temps par jours et par nuits En outre, les périodes chaudes et froides qui se succèdent, les conditions météorologiques variables qui se reproduisent à des intervalles à peu près réguliers, les saisons, en un mot, devaient fixer approximativement la longueur de l’année, et l’on sait que ces phénomènes ont pour cause le mouvement annuel de translation de la Terre autour du Soleil.

Le jour et l’année. voilà donc les deux unités

naturelles de la mesure du temps.

(:) La Nouvelle-France, mai 1915, décembre 1915 et mai

Mais il y a plusieurs espèces de jours, comme il y a aussi plusieurs espèces d'années, Quelles sont ces "ités de temps, employées par les astronomes ou pour les besoins de la vie civile, quelles sont, en outre, les divisions du jour, en usage chez les différents peuples et dans la suite des âges ? Voilà ce que nous nous proposons de faire con. naître dans ce modeste travail.

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