‹ Propos scientifiques [microforme]Chapitre 9 sur 24 · BR A · texte numérisé non relu

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radieux et qui ont été vues pour la première fois, presque simultanément, par Jean Fabricius et Galilée, en 1611. Ces taches ne sont pas toujours également nombreuses sur la surface du Soleil : tantôt on n’en voit aucune, tantôt on en voit jusqu’à 80 à la fois. Mais cette irrégularité n'est jusqu'à un certain point qu'aprarente ; on a découvert, dans le nombre des taches, une périodicité remarquable en vertu de laquelle il s'écoule onze ans entre deux maxima : c’est ce qu’on a appelé la période undécennale qui s'étend à tout le système solaire, à l'atmosphère du Soleil et aux éléments du magnétisme terrestre. Il y a un parallélisme très curieux entre les variations des taches solaires, les fluctuations quotidiennes de l'aiguille aimantée et les orages magnétiques terrestres. (C'est ainsi que les plus grandes valeurs dans la variation diurne de la déclinaison sont observées tous les onze ans, en coïncidence parfaite avec la période des maxima des taches solaires.

Bien plus, non seulement il y a coïncidence entre les orages magnétiques et les taches du Soleil, mais encore il en est de même pour les aurores

polaires : celles-ci semblent soumises à la période

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undécennale, et les années des maxima pour ces trois classes de phénomènes sont les mêmes.

Il y a donc une relation évidente entre les fluctuations de l’activité solaire et les variations des aurores boréales ainsi que des éléments du magnétisme terrestre, et c’est certainement dans l'étude approfondie de ces relations qu'il faut chercher l'origine du brillant météore qui fait le sujet de

cette causerie.

D'où viennent les aurores polaires et quelles en sont les causes physiques ?

Il faut d’abord rejeter sans hésitation de nombreuses hypothèses qui ont été proposées depuis longtemps. Les aurores boréales ne sont pas dues à des exhalaisons émises par les régions polaires et dont la fermentation produirait de la lumière, ni à des particules d'air que les rayons du Soleil lanceraient à une grande hauteur, ri à la réflexion et à la réfraction des rayons solaires sur les glaces poläires et les particules des glaces suspendues

dans l’air ; d’après ce que nous avons dit plus

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haut, on peut affirmer avec une certaine certitude que les aurores polaires sont le résultat de décharges électriques dans les gaz raréfiés de la haute atmosphère.

Pour justifier cette manière de voir, rappelons brièvement les phénomènes lumineux que présentent les tubes de Geissler et les ampoules de Crookes.

Si l’on fait jaillir une décharge électrique de haute tension, comme celles que produisent les machines statiques et les bobines d’induction, dans des tubes de verre à gaz raréfiés, on observe des lueurs dont les colorations varient avec la nature des gaz contenus dans le tube et avec la pression et la densité du courant de décharge. Ces lueurs provoquent de belles fluorescences, si le tube de Geissler est recouvert de sels d’urane ou si on l’entoure de certains liquides. La nature du gaz se reconnaît facilement par les raies bril-

lantes caractéristiques que le spectroscope permet de constater.

Un tube de Geissler, dans lequel on pousse le vide jusqu’à quelques millionièmes d’atmosphère, devient un tube ou une ampoule de Crookes et

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